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     Rubrique : Société


Au nom de Dieu,

le Clément, le Miséricordieux



L’unité entre les shiites

et les sunnites


 

Cheikh Ahmad Deedat

 
 

Traduction : Ahmed Mustafa – octobre 2005

Le Printemps des Cœurs – www.kitab.fr

Contact : momine@gmail.com





Cheikh Ahmad Deedat sur l’unité

entre les shiites et les sunnites

Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux

Conférence effectuée suite à son voyage en Iran, le 3 mars 1982, par le Cheikh Ahmad Deedat sur le sujet des Shiites et des Sunnites.

Cheikh Ahmad Deedat :

Je cherche refuge de Satan le maudit. Au Nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux.

Le Saint Coran dit :

{Et si vous vous détournez, Il vous remplacera par un peuple autre que vous, et ils ne seront pas comme vous.} (Le Coran : Sourate 47, Verset 38).

Mr. le Président et mes frères : Alors que nous observons avec scepticisme le miracle d’une nation renaissante, le décret inexorable d’Allah trouve sa réalisation dans l’élévation et la tombée des nations qui est mentionnée dans le Verset que je viens juste de vous lire de la Sourate « Mohammed ». Dans la dernière partie du dernier Verset, Allah(SwT) nous rappelle, et nous avertit que si vous vous détournez de vos devoirs et responsabilités, si vous n’accomplissez pas vos obligations, alors Il vous remplacera pas une autre nation. Nos frères parlant l’Urdu utilisent ces propos de façon si belle lorsqu’ils décrivent quelque mésaventure qui se produit dans la communauté en parlant au sujet d’une autre nation qui peut les remplacer. C’est une réalité Coranique. Et ceci s’est vraiment produit à travers l’histoire, encore et encore. Allah(SwT) a d’abord choisi les Juifs, les Bani Israël, comme Il le dit dans le Saint Coran :

{Ô enfants d’Israël, rappelez-vous Mon bienfait dont Je vous ai comblés, [rappelez-vous] que Je vous ai préférés à tous les peuples [de l’époque].} (Le Coran : Sourate 2, Verset 47).

Cette faveur était qu’ils devaient devenir les porte-flambeaux du savoir de Dieu pour le monde. Ceci était l’honneur, c’était le privilège qui avait été donné en premier lieu aux Juifs. Mais du fait qu’ils n’ont pas rempli la fin de leur obligation, un Juif parmi les Juifs, Hazrat ‘Issa(AS), comme rapporté dans l’Evangile Chrétien, leur a dit : « Voilà pourquoi je vous déclare que le Royaume de Dieu vous sera enlevé et sera donné à un peuple qui en produira les fruits. » (La Bible : Matthieu, 21 : 43). Et cette nation, nous admettrons joyeusement que c’est la Ummah Islamique. Elle a été prise des Juifs et donnée aux Musulmans.

Le privilège a ensuite été donné par Allah(SwT) aux Musulmans, parmi lesquels les premiers étaient les Arabes, qui sont devenus les porte-flambeaux de la lumière et du savoir pour le monde, mais lorsqu’ils se sont relâchés et ont échoué à porter en avant les fruits, Allah(SwT) les a remplacés par une autre nation. Dans l’histoire, nous nous souvenons des Turcs et des Mongoles éliminés par l’empire Musulman, et lorsqu’ils ont accepté l’Islam, ils sont devenus les porte-flambeaux de la lumière et du savoir pour le monde. Comme Iqbal décrit merveilleusement cette situation : « Ô vous Musulmans, vous ne périrez pas si l’Iran ou les Arabes périssent, car le spiritueux du vin n’est pas dépendant de la nature de son récipient ». Le récipient est nos nations, nos frontières et l’esprit de l’Islam n’est pas dépendant de nos frontières géographiques ou des limitations nationales. C’est donc ce qu’Allah(SwT) fait encore et encore ; Il a choisi les Juifs, puis Il a choisi les Arabes, puis lorsqu’ils sont devenus négligents, Il a choisi les Turcs et lorsqu’ils sont devenus négligents, un autre peuple et ainsi de suite, et c’est un processus continu. Si vous ne faites pas le travail, Allah(SwT) choisira un autre peuple qui le voudra.

Aujourd’hui, il y a mille millions de Musulmans dans le monde, ce qui donne un milliard dont nous nous vantons ! Et 90 pour cent de ce milliard sont de la branche Sunnite. Nous avions arrêté de remettre les biens, alors Allah(SwT) a choisi une nation que nous méprisions tous. Les Iraniens ! Les Shiites ! L’histoire a été très dure pour nos frères en Iran dont le gouverneur était le Shah, et son nom était Mohammed. Imaginez, le nom de cet homme était Mohammed et vraiment, ce n’était pas un croyant. Cela est difficile pour nous d’imaginer aujourd’hui, une fois que vous vous rendez à ce pays et que vous entrez dans les détails et découvrez ce qui se passait, que cet Iranien qu’est le Shah semble être un étranger… Si Hitler conquérait cette terre et l’oppressait, nous comprendrions alors. Si les Russes conquéraient le peuple, nous pouvons le comprendre. Mais voici que c’est un homme qui est supposé être un Iranien, parlant le Persan, dont le nom était Mohammed ; et regardez ce vers quoi il s’abaissait. Durant soixante ans, il avait interdit les prières du vendredi (jumu’a). Soixante ans. Nous avions comparé l’Iran au Shah et le Shah à l’Iran. Pour nous, ils étaient des termes synonymes. Mais lorsque vous rentrez dans les détails, vous apprenez que le Shah et le peuple iranien étaient tous deux séparés. Ils étaient en vérité étrangers l’un de l’autre.

Maintenant, concernant ma visite en Iran et mon impression. Commençons par le lieu où j’ai eu le premier agrément de cette fraternité iranienne, et c’était à Rome. Premièrement, je l’ai senti, puis certains de mes compagnons l’ont senti à l’aéroport de Rome. Nous attendions de prendre l’avion, et nous avions quelques problèmes avec les visas, et la responsabilité de surmonter ces problèmes avait été donnée à l’un de nos hommes. Il est donc allé à l’office aérien d’Iran et il a parlé de notre problème à une jeune femme portant le vêtement Islamique complet, avec son corps bien couvert. C’était magnifique, juste magnifique à voir. Et je veux dire que lorsque vous regardez ces gens dans cette tenue, vous voyez que ce sont de magnifiques personnes. Il y avait donc une dame à Rome ; et vous, frères, auriez du voir la façon avec laquelle elle a traité ces problèmes. Puis une personne est venu vers moi et m’a dit : « Si tu veux voir une vrai fille iranienne Musulmane, tu devrais venir », et j’y suis allé et d’autres sont allés et nous avons vu. C’était le premier parfum que nous avions eu de la communauté iranienne à Rome.

Lorsque nous avons atterri en Iran, nous avons été emmenés à un hôtel cinq étoiles qui était là avant la révolution, connu comme étant l’hôtel Hilton, mais il portait maintenant le nom d’Hôtel Istiqlal. Puis nous avons été emmenés dans les environs. Des lieux intéressants. Je vais vous raconter certaines des choses que nous avons vues et j’essaierai de décrire les sentiments que l’on y a. Si je m’en souviens bien, la première chose que nous avons visité était le cimetière Behesht Zahra. « Behesht » signifie « paradis » en Persan et Zahra est le titre de Fatima Az-Zahra(AS), qui était la fille du Prophète Mohammed(S). Et « Zahra » signifie la « radieuse ». Il était donc nommé « le radieux paradis ». Et avant d’arriver en Iran, j’avais vu au sujet du cimetière Behesht Zahra. Et je me souviens que lorsque l’imam Khomeyni était arrivé à Téhéran, il avait effectué une excursion au cimetière. Je songe : pourquoi quelqu’un se rend au cimetière ? Pour faire un du’a (invocation) ? Oui. Pour les âmes des défunts ? Oui. Et lorsque vous pensez aux cimetières d’ici, en Afrique du Sud, vous pensez à Brookstreet et Riverside. Vous ne pouvez imaginer que ce cimetière est de plusieurs kilomètres carrés. Vous ne pouvez pas imaginer. C’est un grand terrain ouvert où environ un million ou deux millions de personnes peuvent être reçus. Et les gens se rassemblent ici, car c’est le lieu le plus simple où les gens peuvent relâcher leur bagage émotionnel et spirituel, car se trouvent ici les martyrs. Il y a eu 70000 personnes, ou environ, qui sont tombés en martyre dans cette révolution, et 100000 estropiés. Des gens non armés avec seulement le slogan « Allahu Akbar » (Allah est le Plus Grand) pour armes ont fait tomber la plus puissante force militaire du Moyen-Orient.

Nous nous sommes donc rendus à ce cimetière. Il y avait environ un million de personnes. Il y avait des hommes, des femmes et des enfants, et nous étions grandement inspirés par l’enthousiasme et le sentiment de nos frères et sœurs d’ici. C’était la mi-hiver, et les hommes, les femmes et les enfants s’asseyaient sur le sol froid durant des heures sans interruption. A la mi-hiver, sur le sol, sans tapis ou chaises ! Une nation qui peut endurer cette discipline durant des heures, vous pouvez imaginer quel destin Allah(SwT) a prévu pour eux. Un jour ou deux jours plus tard, sur mon programme, j’ai lu « cimetière Behesht Zahra », de nouveau. La première fois, nous étions allé pour une conférence, mais nous avions vu les tombes, des gens lisant des poèmes de tristesse et lisant des du’as, et j’ai pensé que cette seconde visite serait redondante. Pourquoi quelqu’un devait-il y aller une deuxième fois ? J’avais vu ce qu’est un cimetière. Mais tous mes compagnons étaient en train d’y aller, et j’ai pensé que si tous les autres y allaient, ce ne serait pas bien pour moi de rester à l’hôtel, me reposant, alors que tous mes compagnons allaient dans ces bus pour un cimetière. Mais je m’y suis rendu et je suis devenu très joyeux. Et la seconde fois où je m’y suis rendu, c’était un jeudi après-midi, et les jeudis, en Iran, sont comme les samedis pour nous. Des dizaines de milliers de gens étaient dans le cimetière. C’était une coutume. C’était comme l’aïd. Des dizaines de milliers de personnes étaient là, pour quoi d’autre si ce n’est de charger leurs batteries spirituelles ? C’était un rappel constant pour ne pas oublier. « Mon fils a donné sa vie pour l’Islam » ou « mon père a donné sa vie pour l’Islam », et ils donnaient leur vie pour l’Islam. Avec une telle sorte de système, tout jeudi est une injection spirituelle et un rappel sur le fait qu’ils sont bien disposés à donner leur vie pour l’Islam.

Il y avait un hôtel de ville qui recevait 16000 personnes, comparé au plus grand hôtel de ville en Afrique du Sud qui est le Good Hope Center à Cape Town, pour 8000 personnes. Il avait été construit par le Shah pour se vanter de son « mythe aryen ». Il ne se vantait pas seulement car il était le shahanshah ou le roi des rois, mais aussi parce qu’il était l’aryamehr, la lumière des Aryens. Quelle est cette maladie aryenne ? Rappelez-vous d’Hitler se vantant d’être aryen car les Allemands sont aryens. Et les Hindous se vantant d’être aryens. Si mon peuple, le peuple gujrati, n’était pas Musulman, nous nous serions aussi vantés d’être aryens. L’ancien Shah affirmait être la lumière des Aryens et il a construit ce monument comme un hommage. Il a construit un autre monument, dépensant des millions, pour commémorer son ancêtre Cyrus le grand, un païen, un mushrik (polythéiste), et gaspillant la richesse de cette nation pour ce projet. En 1984, il était supposé que les Jeux Olympiques mondiaux aient lieu à Téhéran pour encore élever son ego. Dans cette ville, nous avons vu de l’athlétisme, de la gymnastique et de l’acrobatie.

Malheureusement, nous, les Musulmans, sommes ici en Afrique du Sud comme la méduse, c’est-à-dire que nous nous sommes rendus nous-mêmes en méduses. Nos jeunes hommes ne participent pas dans ce genre d’activité. Qui fait ici de l’athlétisme, de la gymnastique, de l’acrobatie ? Nous ne faisons pas cela ici. Ce n’est pas pour nous. Qui court ? Vous savez, les jeunes gens, ici, lorsque je les rencontre, je leur serre la main et ils sont comme des méduses. Presque tout jeune homme que vous rencontrez en Iran apparaît être un athlète. Ils font des sports selon une norme mondiale et cela fait se ressentir joyeux. Ils ne sont pas en train d’exposer l’Iran. Ils ne parlent pas au sujet de l’Iran : « Nous sommes iraniens, nous sommes aryens » ; au lieu de cela, ils parlent de l’Islam, de l’Islam, de l’Islam. Il n’y avait pas une seule fille mi-nue, pas une seule fille qui était mi-nue ici. Si le Shah avait cette méthode, s’il était en vie et l’organisait, il y aurait eu des filles à moitié nues pour que toute personne la regarde et donne un banquet à ses yeux. En Iran, toute chose est Islamique pour renforcer la morale des gens, élever les hommes et les femmes par milliers.

Nous étions émus, nous étions émus de voir nos enfants, nous ressentions comme s’ils étaient nos enfants, nos propres frères et sœurs, nous étions vraiment très émus. Nous voyons ces choses comme si c’étaient des actions que nos enfants peuvent faire. Puis nous sommes passés par une parade militaire avec différents groupes d’hommes iraniens, et il n’y avait pas de manque de main-d’œuvre. Vous savez, certaines personnes veulent aller aider nos frères iraniens. Al-Hamdoulellah, il n’y a pas de manque de main-d’œuvre, ils ne veulent que les outils, et les armes. Si les Iraniens avaient les armes militaires que les Israéliens avaient, tout le Moyen-Orient aurait été vite affranchi de toute intervention étrangère. C’est une nation qui peut le faire. L’esprit est là ; l’esprit du djihad et chaque homme et chaque femme de cette nation. Il semble que toute la nation est impliquée dans la promotion de l’Islam. Nous sommes en train de parler de 20 millions de personnes qui peuvent entrer dans le champ de bataille. S’ils avaient les armes et les matériaux, tout homme, toute femme et tout enfant pourrait se rendre faire le djihad.

Puis nous avons visité les prisonniers de guerre iraqiens. Comme vous le savez, lorsque cette guerre a commencé, l’Iraq a attaqué l’Iran. Tout le pays était agité. L’Iraq a senti ce que les Juifs ont fait aux Arabes en six jours, alors ils voulaient le faire aux Iraniens en 3 jours, et le monde entier pensait qu’en une semaine, l’Iran allait être en miettes. Et savez-vous combien de temps cela dura ? Cela dura un an et demi, et même plus. Au début, il y avait vingt chances contre une contre eux en hommes et matériaux, et les Iraniens ont modifié les tableaux et ont fait passer les chances à trois contre une, toujours à leur encontre. Et ils étaient capables de les repousser. Ils ont repris tout leur territoire et une colline nommée Allahu Akbar. Avant que je ne vienne en Iran, le Dr. Khaled Siddiqui, de Grande-Bretagne, a remarqué en plaisantant : « Vous, les hommes, avez la moitié d’une chance de devenir martyrs (shahid) ». C’était une plaisanterie et cela est devenu presque vrai. Alors que nous sommes sortis d’une ville sur le front de guerre, il y avait un champ de tanks. Et nos jeunes hommes sont sortis des bus et ont commencé à grimper dans les tanks, prenant des photos pour montrer aux gens une fois de retour.

Puis un des tanks dans la cour est sorti pour une démonstration d’entraînement sur la manière dont il fonctionne, et soudain, nous avons entendu un coup de feu et à distance, nous avons vu de la fumée venant de quelques endroits, et quelques jeunes hommes ont été effrayés et ont commencé à se cacher derrière les buissons, et il est advenu que nous étions sous l’attaque des Iraqiens. Et des bombes explosaient tout autour de nous, et Allah(SwT) nous a protégés. Rappelez-vous que Khaled avait dit que nous avions la moitié d’une chance de devenir des martyrs ; cela est même devenu une chance entière. Nous avons rendu visite aux blessés de la guerre et aucun ne se plaignait de ce qui leur était arrivé. Un homme avait la jambe amputée, et il n’y avait pas de larmes ; je ne vis jamais une larme de quelqu’un, et ils demandaient s’il était possible de retourner au front. Leurs regrets n’étaient pas concernant leurs blessures, mais sur la raison pour laquelle ils ne pouvaient retourner combattre au front et devenir shahid (martyr), ce qui est ici l’ambition de tout Musulman.

Nous avons rendu visite aux prisonniers de guerre ; les Iraniens avaient capturé 7000 prisonniers de guerre et ils semblaient être en bonne santé, bien habillés et bien nourris. Un de mes amis était intéressé à connaître premièrement ce que les prisonniers iraqiens ressentaient concernant leur condition. Et toute personne qu’il a interrogée a dit qu’elle était très bien soignée. Alors j’ai eu une idée. Certains étaient là depuis plus d’un an et d’autres depuis quelques mois, et je me suis demandé combien de personnes s’étaient suicidées. J’ai interrogé chaque groupe de prisonniers de guerre et ai demandé à chaque groupe combien de personnes avaient commis un suicide. Ils dirent « pas un ». Puis j’ai demandé au prochain groupe et ainsi de suite. Pas une seule personne ne s’était suicidée parmi les 7800 prisonniers de guerre. Et si nous regardons notre soi-disant pays occidental civilisé d’Afrique du Sud, 46 personnes se sont suicidées dans nos prisons cette année seulement, et elles sont bien nourries, bien habillées, ont leurs propres cellules et 46 se sont suicidées jusque là. Et si les gens ne sont pas bien traités, certains voudront trouver une issue facile, mais il n’y a pas eu une seule personne qui ait commis un suicide parmi les 7800 prisonniers de guerre.

Nous avons rendu visite à l’imam, l’Ayatollah Ruhollah Mussawi Khomeyni. Environ quarante d’entre nous attendaient l’imam et l’imam est arrivé et était à environ quarante mètres de là où j’étais, et j’ai vu l’imam. Il a effectué la conférence pour nous durant environ une heure, et ce n’était rien d’autre que le Coran ; l’homme est comme un Coran informatisé. Et l’effet électrique qu’il avait sur toute personne, son charisme, était surprenant. Vous regardez juste l’homme et les larmes descendent sur votre joue. Vous le regardez juste et vous obtenez des larmes. Je n’ai jamais vu un si bel homme âgé de ma vie ; la photo, la vidéo et la télévision ne pouvaient rendre justice à cet homme, et le plus bel homme âgé que j’ai vu dans ma vie était cet homme. Il y a aussi quelque chose d’unique dans son nom. Premièrement, il était appelé « imam Khomeyni ». Le mot « imam » est pour nous un terme très bon marché. Où que nous allons, nous demandons qui est ici l’imam de la mosquée. Pour les Shiites, il n’y a qu’un Imam dans le monde et c’est le douzième Imam ; ils croient au concept de l’Imamat et au fait que l’Imam est le guide spirituel de la Ummah (communauté). Et le premier Imam, selon l’école Imamite, est Hazrat ‘Ali(RA). Puis vient l’Imam Hassan qui est le second Imam, l’Imam Hussayn, le troisième Imam, jusqu’au douzième Imam, l’Imam Mohammed, qui a disparu à l’âge de 5 ans, et ils attendent son retour. Ils utilisent le terme « occultation » pour quelque chose comme une hibernation spirituelle tels que les As-hab Al-Kahf. Et il est prévu qu’il revienne et il est le seul dans le monde qui peut être appelé Imam. La plupart de leurs savants sont des mollahs, et Ayatollah signifie Allamah, et l’Ayatollah Khomeyni est appelé imam par respect, mais ils attendent la venue du vrai Imam.

Ruhollah est le nom que son père lui donna, et savez-vous ce qu’il signifie ? Ruhollah veut dire « la parole de Dieu »1 et c’est le titre de Hazrat ‘Issa(AS) dans le Coran. Puis il est Ayatollah, qui est un autre titre de Hazrat ‘Issa(AS) dans le Coran. Al-Mussawi est de la famille de Moussa et de la ville de Khomeyn, qui est l’endroit d’où vient son dernier nom Khomeyni… (Coupure dans le fichier audio.) Mais ils attendent le Mahdi, et non pas Khomeyni. Ils veulent nettoyer les étables et préparer l’arrivée du Mahdi. Dans le monde Sunnite, nous attendons aussi la venue du Mahdi, mais nous voulons qu’il nettoie les étables pour nous, nous rende maîtres du monde et nous fasse asseoir sur les trônes.

Il y avait beaucoup de gens du monde entier avec nous. Et j’ai trouvé des types et des types et des types de gens malades, une maladie qui est mentale. Je suis tombé sur un ‘alim (savant) du Pakistan, Mauna Sahib, et il pensait qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas avec nos frères Shiites. Vous voyez, en Iran, lorsque quelqu’un fait une conférence et que le nom « Khomeyni » est mentionné, les gens s’arrêtent et tout le monde dit duroud sur le Prophète(S) trois fois. Mais lorsque le nom « Mohammed » est mentionné, ils envoient duroud une fois. Et ce ‘alim du Pakistan a dit : « Regarde ces gens, juste regarde-les. Quel genre de Musulmans sont ces gens ? Lorsque le nom "Mohammed" est mentionné, ils envoient duroud sur le Prophète(S) une fois, mais lorsque le nom "Khomeyni" est mentionné, ils envoient duroud sur Khomeyni trois fois ». J’ai dit : « Que disent-ils, que disent-ils dans ce soi-disant "duroud sur Khomeyni" ? ». Il a dit : « Que la Paix soit sur Mohammed et la famille de Mohammed ». J’ai dit : « Qui est Mohammed ? Khomeyni ? Qui a nommé Khomeyni comme Mohammed ? Leur duroud est sur le Prophète Mohammed(S) et tu dis que c’est sur Khomeyni. ». Vous savez, c’est une maladie. Il y a beaucoup de personnes savantes, mais leurs esprits sont très corrompus. Ils ne font que regarder les fautes.2

Un autre exemple est que les frères Shiites, lorsqu’ils font la prière (salat), ont un morceau d’argile (turba) sur laquelle ils font la prosternation (sajda). Et il a dit : « Regarde ce qu’ils font là. Ceci est du shirk (associationnisme). Ils sont en train d’adorer un morceau d’argile. ». J’ai dit : « Pourquoi ne demandes-leur tu pas pourquoi ils placent leurs fronts sur un morceau d’argile et n’apprends-tu pas la logique derrière ceci ? ». Vous voyez, la première fois que j’ai eu l’expérience de ceci était à Washington D.C. ; les étudiants iraniens m’y avaient invité pour y effectuer une conférence, à l’université où ils étudiaient aux Etats-Unis. A ce moment, ce fut l’heure du ‘isha et nous avons accompli la prière. Et il a été donné un morceau d’argile à toute personne. A l’époque, j’ai pensé que cela était étrange ; je l’ai alors mis de côté et ai fait ma prière avec les étudiants iraniens. Et après la prière, j’ai voulu savoir au sujet de ceci et je leur ai demandé : « Pourquoi portez-vous cette tablette d’argile où que vous allez dans votre poche ? ». Ils ont dit : « Nous sommes supposés faire le sujoud (la prosternation) sur la terre d’Allah avec nos fronts touchant la terre. Nous disons "sub-hanna rabi Allah" trois fois avec nos fronts touchant la terre ». Les Shiites veulent en réalité toucher la terre avec leurs fronts et non pas un tapis fabriqué par l’homme. Ils veulent être fidèles à l’expression de la prière avec le front touchant réellement la terre d’Allah. Vous voyez, ils n’adorent pas la tablette d’argile comme beaucoup pensent à tord. Et ceci est toujours une chose dont nous, Sunnites, nous moquons et nous nous moquons des Shiites, mais sur mon chemin de retour de Téhéran, dans l’avion, dans l’allée, se trouvaient deux Shiites et lorsque l’heure de la prière est venu, l’un d’entre eux a pris sa tablette d’argile de sa poche et, Allahu Akbar, a accompli la prière ici, dans l’avion, à sa place, et lorsqu’il a fini, il a donné ceci à son voisin et il a accompli la prière. Et ceci peut paraître être une plaisanterie pour nous. N’est-ce pas ? Et il y avait des douzaines de Sunnites dans l’avion et parmi ces douzaines de Sunnites, seulement un jeune homme a accompli la prière, et je vous dis que ce jeune homme n’était pas moi. Mais nous rions de l’autre personne. Il est assis là et fait quelque chose de mieux que nous et nous nous moquons d’eux et posons un jugement. Il n’est pas aussi "civilisé" et raffiné que nous sommes en Afrique du Sud.

Vous savez, nous, les Musulmans en Afrique du Sud, sommes très "polis" et raffinés dans notre prière. Les Arabes ne sont pas comme nous, les Iraniens ne sont pas comme nous, les Américains, les Noirs ne sont pas comme nous. Avec les Arabes, vous vous inclinez au ruku’ et la personne près de vous vous pousse pour faire de l’espace. Qui sait, frères, peut-être est-ce valide, nous ne savons pas. Vous savez, entre les quatre madh-habs Sunnites, les Hanafites, les Hanbalites, les Malikites et les Shafi’ites, il y a plus de deux cents différences dans la prière seulement. Saviez-vous cela ? Deux cents. Mais nous les prenons pour un don. Les Shafi’ites disent « amine » à voix haute et nous le disons en silence ; ils disent « bismillah » à voix haute, nous le disons en silence ; et il n’y a pas de problème là-dedans. En étant enfant, mon père répétait la célèbre formule qu’il avait à son tour apprise de son père : « Tous les madh-habs sont pareillement valides et la vérité pour eux est dans le hadith et le Coran ». Alors nous l’acceptons. Quand c’est au sujet des Shafi’ites, des Hanbalites, des Hanafites et des Malikites, nous sommes tolérants, mais lorsque cela arrive aux Shiites, vous voyez, ils ne sont pas dans la formule que l’on nous a enseignée étant enfant, alors nous ne pouvons tolérer toute petite particularité existant entre nous et eux, et nous les rejetons ; cela est du fait que nous sommes programmés à croire en les quatre [écoles] seulement. Mais nous acceptons les particularités entre les quatre [écoles]. Je dis : « Pourquoi ne pouvez-vous pas accepter les frères Shiites en tant que cinquième madh-hab ? ». Et la chose étonnante est qu’ils vous disent qu’ils veulent être l’un d’entre vous. Ils ne parlent pas au sujet d’être Shiite. Ils crient : « Il n’y a ni de Sunnite ni de Shiite, il y a une chose, l’Islam ». Mais nous leur disons : « Non, vous êtes différents, vous êtes Shiites ». Cette attitude est une maladie du diable. Il veut nous diviser. Pouvez-vous imaginer que nous, les Sunnites, sommes 90% du monde Musulman, et que les 10% qui sont des Shiites veulent être des partenaires et des frères en foi avec vous, et les 90% sont terrifiés ? Je ne peux comprendre pourquoi vous, les 90%, devriez être terrifiés. Ils devraient être ceux qui sont terrifiés. Et si seulement vous connaissiez les sentiments qu’ils ont pour vous !

Durant les prières du vendredi (jumu’a) en Iran, il y a un million de personnes. Et vous devriez voir la façon avec laquelle ils vous regardent lorsque vous passez ; ils reconnaissent que vous êtes un étranger et non pas l’un d’entre eux, et des larmes commencent à rouler sur leurs joues. C’est le sentiment qu’ils ont pour vous, mais vous dites « non », vous voulez les garder à l’extérieur, de crainte qu’ils vous passeront dessus. Vous ne pouvez vous faire passer dessus que s’il y a une chose meilleure que ce que vous avez. Je ne sais pas, peut-être certains d’entre vous pensent que je suis un Shiite, mais je suis encore ici avec vous tous. Que sont toutes ces tensions entre les Shiites et les Sunnites ? C’est tout de la politique. Ces antagonismes que nous avons sont tous de la politique, maintenant. Si un frère Sunnite fait quelque chose de mauvais à un endroit, vous dites : « Oh, la personne n’est pas très Islamique, c’est un kafir (mécréant) ». Mais si un Shiite fait quelque chose de mauvais, vous voulez condamner toute la communauté Shiite, toute la nation de millions de personnes, et dire qu’ils sont tous des déchets, juste parce que les actions d’un Shiite ne sont pas très Islamiques. Au même moment, nous regardons de l’autre façon si un de vos parents fait quelque chose de sérieux, parce qu’il est votre père ou votre oncle. Un groupe de Sunnites dit à un autre : « Vous n’êtes pas un Musulman », un autre groupe de Sunnites dit : « Vous n’êtes pas un Musulman, vous êtes un kafir ». Observez cela parmi nous ; et nous nous battons entre nous. Et certains d’entre nous font des choses étranges.

J’ai rencontré un frère qui m’a dit : « Lorsque tu vas à Newcastle, rends visite à Mr. Untel et alors in sha Allah, il sera entièrement pris soin de toi ». Je me suis donc rendu à l’homme et exactement comme l’on m’avait dit, il m’a emmené chez lui pour le repas et lorsque j’ai été assis à table, j’ai vu burat sur le mur ; savez-vous ce que burat est ? Un âne tel qu’un animal avec le visage d’une femme ; cela est supposé fournir une force électrique. Je lui ai dit que ce n’était pas correct. Allah(SwT) a créé la force électrique. Vous ne pouvez pas la créer avec la statue d’un âne avec le visage d’une femme. Il était très contrarié. Mais c’est un Sunnite ; c’était un frère et est toujours mon frère. Ces tensions entre Sunnites et Shiites sont le travail du diable pour nous diviser.

Permettez-moi de dire quelque chose au sujet de l’Iran. Ce que j’ai trouvé était que tout était orienté selon l’Islam. Toute la nation est gérée en direction de l’Islam. Et ils ne parlent de rien d’autre que du Coran. Je n’ai jamais eu une seule expérience avec un Iranien où l’homme me contredisait lorsque je lui parlais au sujet du Coran. Tandis que nos frères arabes, encore et encore, vous leur citez le Coran et ils essayent de vous contredire avec le Coran. Ils sont arabes, ils sont supposés connaître le Coran mieux que nous, mais les Iraniens semblent être sur la longueur d’onde du Coran. Toute chose qu’ils font, toute chose au sujet de laquelle ils pensent est le Coran.

Vous vous souvenez de Tabas, lorsque le peuple américain voulait que les otages soient libérés. La plus puissante nation la plus technologiquement avancée sur la Terre, une nation qui peut débarquer un homme sur la Lune et le ramener, une nation qui vous dit la partie de la Lune sur laquelle ils vont débarquer et d’où ils vont être ramenés, ils envoient des sondes sur Mars et Jupiter. Une nation qui a prévenu le Pakistan de la tragédie d’une énorme vague, et ils n’ont pas fait attention à l’avertissement. Ils ont prévenu les Israéliens en 1973 que les Arabes étaient en mouvement, ils n’ont pas fait attention au mouvement. Cette nation n’a pu débarquer en Iran. Imaginez : ils sont venus ici avec leurs hélicoptères et se sont écrasés et sont morts. Imaginez. Une nation qui débarque sur la Lune et revient ne peut débarquer en Iran. Et le peuple iranien n’était pas en position de leur faire quelque chose. Les Américains auraient pu y aller et sortir les gens, même s’ils perdaient quelques hommes. Ils auraient pu parvenir à leurs objectifs. C’était très bien planifié. Mais vous savez ce qui s’est passé ? Fiasco, retraite échouée ; il a été dit ce qui s’était passé à l’imam Khomeyni. Il n’a pas dit « Sub-hanAllah », il n’a pas dit « Al-hamdulellah » ; savez-vous ce qu’il a dit ? Il a cité le Coran : {N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l’Eléphant ?} (Le Coran : Sourate 105, Verset 1). Voici les mots qui sont sortis de lui. Je vous dis, il est un ordinateur coranique.

Savez-vous comment ils appellent ces grands hélicoptères ? Des hélicoptères Jumbo, et ces grands avions sont appelés des avions Jumbo. Vous savez ce que « jumbo » signifie en Swahili : Eléphant. C’est un terme swahili. C’est de là qu’ils ont pris le nom. Ces hélicoptères de la taille d’un éléphant sont alors partis et l’imam a dit : {N’as-tu pas vu comment ton Seigneur a agi envers les gens de l’Eléphant ? N’a-t-il pas rendu leur ruse complètement vaine ?} (Le Coran : Sourate 105, Versets 1-2).

Mais nous sommes si sceptiques, le monde Musulman est devenu si sceptique que nous ne croyons plus au Coran. Vous ne croyez pas vraiment au Coran ; pour la plupart des gens, tout est pour le divertissement, pour les bons sentiments spirituels que vous obtenez en récitant le Saint Coran. Mais les directives qu’Allah(SwT) donne, personne ne semble s’en soucier. Qu’Allah(SwT) fasse que ces frères des nôtres soient aujourd’hui les porte-flambeaux et la lumière d’apprentissage pour le monde Musulman. Et voici une nation disposée à accomplir le travail. Lorsque vous les regardez, le sérieux qui est en eux, une nation qui n’a pas peur, lorsque vous les regardez avec l’enthousiasme qu’ils ont… Ils n’ont pas peur de dire « marg bar Amrika » (Mort aux Etats-Unis). Puis ils disent « marg bar Shuravi » (Mort à l’URSS). Imaginez cela ! Et « Mort à Israël ». Pouvez-vous imaginer une nation faire cela et ne pas du tout avoir peur ? Ceci n’est pas l’esprit Islamique qui est en nous ici, mais les Iraniens le sont tous cœur et esprit. Ils ne disent pas « Ceci est une révolution iranienne » ou « Nous sommes iraniens ». Ils parlent de l’Islam, d’une Révolution Islamique. Ce n’est pas une révolution iranienne, mais c’est une révolution Islamique. C’est une révolution pour l’Islam ; et on peut se demander pourquoi les nations du monde ne peuvent la dévorer, car c’est l’Islam qu’ils ne peuvent dévorer. Ainsi, mes chers frères et sœurs, j’ai tant pris de votre précieux temps. Et avec ces mots, je prends congé de vous pour m’asseoir et pour prendre vos questions.



1 Note du traducteur : « Ruhollah » pourrait être traduit par « Esprit de Dieu ».

2 {Ô les croyants ! Quiconque vous apostasie de sa religion… Allah va faire venir un peuple qu’Il aime et qui L’aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier d’Allah, ne craignant le blâme d’aucun blâmeur. Telle est la grâce d’Allah. Il la donne à qui Il veut. Allah est Immense et Omniscient.} (Le Coran : Sourate 5, Verset 54)


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