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Publication de la Cité du Savoir
Revue Lumières Spirituelles
     Rubrique : Histoire

Les vérités de la succession du Prophète

TOME I
Première partie

PAR CHERIF MOHAMMED ALI AIDARA




Edité revu et corrigé par :

La Cité du Savoir

Abbas Ahmad al-Bostani

Publication de la Cité du Savoir





Table des Matières

Biographie de l’auteur 5

Introduction 7

Chapitre I :L’environnement 14

A - L’ISLAM : 14

B – LE CORAN : 16

C – LA SUNNA DU PROPHÈTE (P) : 20

D – LES FONDEMENTS DE L’ISLAM : 21

E – LES LIMITES GEOGRAPHIQUES ET LE PEUPLE DE L’ARABIE : 22

Limites géographiques : 22

Le Peuple et sa religion : 22

Origines et antécédents des ancêtres du Prophète (P) : 23

Le pèlerinage : 26

Chapitre II : L’Imamat 28

I - LES FONDEMENTS DU POUVOIR ET DE SA PASSATION DANS L’ISLAM: 28

I – 1 KHILAFAT DE L’HOMME SUR TERRE ET TEMOIGNAGE DIVIN: 28

I-1-1 KHILAFAT: 28

I-1-2 TEMOIGNAGE: 31

I-1-2-1 GENERALITES 31

I-1-2-2 LES PROPHETES 32

I-1-2-4 LES MARJA (sources de référence) 37

I-1-2-5 LES DIFFERENCES ENTRE LES TEMOINS 37

I-2 LES DETENTEURS DU POUVOIR EN ISLAM : 39

I-2-1 ULIL-AMR (DETENTEURS DU POUVOIR) 39

«Quiconque s’approprie une bonne tradition en détient du même coup tous les bienfaits au même titre que l’initiateur de cette tradition; inversement les méfaits seront proportionnels dans le cas d’une mauvaise tradition. » 41

II - LA DESCENDANCE PURIFIEE DU PROPHETE DE L’ISLAM (P) : 43

II-1 PRINCIPES GENERAUX 43

II-2 LES PREUVES (AL’ADILLA) 45

II-2-1 Concernant Ahlul Bayt 45

II-2-2 Concernant l’Imam Ali 56

II-3 FATIMA ET LES DOUZE IMAMS AHLUL BAYT (P): 63

II-3-1 QUI ETAIT FATIMA (P) ? 64

II-3-2 QUI ETAIT L’IMAM ‘ALI (P) 65

II-3-3 QUI ETAIT AL HASSAN (P) ? 72

II-3-4 QUI ETAIT AL HUSSEIN (P) ? 76

II-3-5 QUI ÉTAIT ZEIN EL ABEDINE (P) : 82

II-3-6 QUI ETAIT MUHAMMAD AL BÂQIR (P) : 83

II-3-7 QUI ETAIT JA’FAR ÇADIQ (P) : 86

II-3-8 QUI ETAIT MOUSSA AL-KÂZIM (P) : 90

II-3-9 QUI ETAIT ALI RIDHA (P) : 91

II-3-10 QUI ETAIT MUHAMMAD TAQI JAWAD (P) : 93

II-3-11 QUI ETAIT ALI NAQI AL-HÂDI (P) : 95

II-3-12 QUI ETAIT AL-HASSAN AL-‘ASKARI (P) : 96

II-3-13 QUI EST AL MAHDI (P) : 98






Biographie de l’auteur

Chérif Mohammed Aly Aidara, né au Sud du Sénégal est comme son nom l’indique est un descendant du Prophète de l’islam (P). Il a été élevé dans la pure tradition soufie par son père, Cherif Al Hassan Aidara, un grand cheikh de l’ordre soufi de la Tijaniyya. C’est à l’âge de dix sept ans qu’il quitte son village natal à la quête de la connaissance de soi et du monde, dans de multiples voyages de plusieurs années qui le mèneront dans les cinq continents. Grand spécialiste de l’Islam et de la spiritualité il nous apporte ici dans un style limpide et objectif un aperçu global de ce qu’il appelle « l’islam originel ».



Introduction

Au nom de Dieu le Clément, le Miséricordieux

L’Islam est l’unique religion que Dieu a bien voulu agréer pour nous. Nous glorifions le Tout-Puissant pour une telle largesse à l’endroit de ses humbles créatures que nous sommes :

« Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J'agrée l'Islam comme religion pour vous. » (Al-Mâida, 5 : 3)

« Et quiconque désire une religion autre que l'Islam, ne sera point agréé, et il sera, dans l'au-delà parmi les perdants. »--(âle 'Imrân, 3 : 85)

Cela n’exclut pas cependant la tolérance vis à vis des adeptes d’autres religions, notamment nos frères des religions révélées, les gens du Livre, dont les textes ont été abrogés par le Coran. Cette tolérance et le devoir de protection qui en résulte sur les plans physique, social et cultuel, reviennent comme un leitmotiv plusieurs fois dans le Livre de Dieu :

« Et ne discutez que de la meilleure façon avec les gens du Livre, sauf ceux d'entre eux qui sont injustes. Et dites : "Nous croyons en ce qu'on a fait descendre vers nous et descendre vers vous, tandis que notre Dieu et votre Dieu est le même, et c'est à Lui que nous nous soumettons". » (Al-Ankabout, 29 : 46)

Cette religion est une, indivisible et immuable. Elle a l’avantage sur bien d’autres religions d’avoir une référence à la fois matérielle, donc relative, et absolue. Nous voulons parler du Saint Coran.

Son aspect matériel réside évidemment dans sa présentation sous forme de livre, d’écritures. Ces écrits sont restés inchangés depuis qu’ils ont été révélés par Dieu au Sceau des Prophètes (P)[1].

Le caractère absolu du Saint Coran réside quant à lui dans ce qu’Il est la Parole de Dieu, un miracle des plus extraordinaires. Ceci n’est plus à démontrer car ceux-là mêmes qui sont les plus friands de preuves, les scientifiques, ne cessent de découvrir par des moyens de plus en plus récents et sophistiqués des vérités déjà affirmées dans le Livre de Dieu il y a de cela plusieurs siècles à une époque où on revenait tout juste des ténèbres de la Jahilia[2].

Aucune erreur scientifique n’a été décelée dans le Saint Coran, encore moins une contradiction quelconque. L’illettré[3] qu’était le Prophète Muhammad (P) ne pouvait en être l’auteur. D’ailleurs, la splendeur littéraire et la perfection numérique de ses vers et de sa structure enlevaient aux tenants de cette thèse tout mérite d’être ne serait-ce qu’écoutés. Il en est de même de ceux qui ont voulu attribuer la paternité du Livre à quelques prêtre, pasteur, rabbin ou autre savant chez qui le Prophète (P) aurait séjourné.

Jusqu’au jour d’aujourd’hui pas un seul homme n’a su être en mesure de produire une œuvre à la hauteur du Saint Coran ne serait-ce que sur le plan littéraire. Ce ne sont donc pas des inspirateurs qui auraient pu influencer ou dicter  un illettré (!) afin qu’il arrive à produire une telle œuvre. L’Auteur authentique du Livre leur a même lancé un défi qui ne sera à jamais relevé :

« Dis: "Même si les hommes et les djinns s'unissaient pour produire quelque chose de semblable à ce Coran, ils ne sauraient produire rien de semblable, même s' ils se soutenaient les uns les autres" ».(Al-Isrâ ou Le voyage nocturne ; 17 : 88)

D’ailleurs Dieu a voulu donner suffisamment de preuves pour que Sa Parole ne soit pas mise en doute. On a parlé des découvertes scientifiques qu’on y trouvait, de la splendeur littéraire (et linguistique) et de la perfection numérique. Mais également le Coran fait allusion à d’innombrables prophéties dont quelques unes sont déjà réalisées conformément à ce qui avait été prédit.

Il est aussi important de noter que le Tout-Puissant n’a tenu à ce que Son Livre ne soit pas altéré ou changé. Il l’a codé et l’a protégé de toutes modifications jusqu’à la fin des temps. Une protection matérielle (les codages numérique et littéraire) et immatérielle (l’Histoire le montre à travers l’immuabilité du Coran malgré la perversion des hommes). Il l’affirme en ces termes :

« En vérité c'est Nous qui t’avons révélé le Rappel édifiant et Nous veillons à son intégrité. » (Al-Hijr, 15 : 9)

Le Coran, Œuvre de Dieu et livre, est donc absolu et relatif. Cette dualité de la nature de notre référence ultime devait, doit et devra constituer pour la Umma islamique un facteur d’union et d’unité.

L’hypothèse fondamentale sur laquelle nous fondons notre appel pressant à travers ce livre à l’unité et à l’union de la Umma, est que tous les musulmans du monde, par delà leurs sensibles divergences et autres querelles d’écoles, possèdent tous le même Coran avec les mêmes sourates et les mêmes versets. L’Œuvre de Dieu est la même, unique, inimitable et immuable pour tous.

Dès lors, qu’est-ce qui peut expliquer, (mais non justifier), la mésentente, les différences dans les pratiques et même dans les concepts constatées chez les musulmans depuis la disparition de l’Envoyé de Dieu Muhammad (P) jusqu’à nos jours ?

A notre humble avis, rien d’autre que la faiblesse de l’homme. Cette faiblesse dont Dieu parle dans Son Livre :

« Dieu veut [ainsi] vous faciliter [les choses], car Il sait que l’homme est faible par nature. » (Les femmes, 4 : 28)

Le Livre étant unique et identique chez tous, les divergences ne peuvent provenir que de son interprétation. Les motivations de cette interprétation sont de divers ordres.

L’attrait irrésistible du pouvoir et de ses avantages, la tentation des biens et des plaisirs terrestres et/ou l’erreur sincère mais coupable, constituent les tares de tous ceux qui ont mené – et de ceux qui continuent de mener – la Umma à la division et à l’écartement du chemin tracé par Dieu puis indiqué par Son illustre Envoyé, Al Mustapha (P) l’Elu et le Bien-Aimé.

Il faut dire, à la décharge des exégèses qui ont commis des erreurs d’interprétation sincères mais coupables, que les versets du Coran comportent souvent un sens direct et un sens indirect, similaire en cela à la différence entre la lettre et l’esprit.

Par ailleurs, Dieu nous dit qu’il en est même des versets dont Lui seul connaît le sens :

« C’est Lui qui a fait descendre sur toi le Livre : il s'y trouve des versets sans équivoque, qui sont la base du Livre, et d'autres versets qui peuvent prêter à d'interprétations diverses. Les gens, donc, qui ont au cœur une inclination vers l'égarement, mettent l'accent sur les versets à équivoque cherchant la dissension en essayant de leur trouver une interprétation, alors que nul n'en connaît l'interprétation, à part Allah et ceux qui sont bien enracinés dans la science qui disent : "Nous y croyons : tout est de la part de notre Seigneur !" Mais, seuls les doués d'intelligence s'en rappellent. » (Ale 'Imrân, 3 : 7)

Toutefois, comme dans le droit positif où l’on admet que « nul n’est censé ignorer la loi », il est du devoir absolu du musulman de connaître le Coran. Le père doit l’apprendre à son enfant et l’adulte doit, s’il ne le connaît pas, s’évertuer à s’en imprégner. A chaque niveau de conscience qu’il atteint dans le cours de son évolution, le musulman doit faire une relecture du Coran. Une meilleure compréhension de la Parole de Dieu en résultera nécessairement. Cette relecture est donc indispensable même si le musulman a un maître qui peut l’aider dans sa quête de perfection.

Aussi, si le musulman n’a pas la claire signification d’un verset ou la description satisfaisante d’une pratique ou d’un culte, il est de son devoir de chercher par lui-même la solution à son problème en se référant au Coran, aux hadiths du Prophète (P), à des maîtres, à des livres, ou au moyen de la réflexion logique mais surtout sincère et honnête, en un mot l’ijtihâd.

Cette indispensable quête de la vérité et d’une meilleure compréhension du Coran le mènera assurément un jour à la source intarissable de l’enseignement originel du Prophète de l’Islam (P), détenue par la sainte famille du Prophète (P). Cette descendance à propos de laquelle le Prophète (p) nous avait appelé à nous accrocher en plus du Livre si nous ne voulons pas nous égarer.

Tout musulman sincère doit poser sa petite pierre à la dimension de ses moyens physiques, psychiques et intellectuels, dans l’édifice de la reconstruction de l’unité de la Umma. C’est l’objectif que nous nous sommes assigné en prenant l’initiative d’apporter cette modeste contribution à nos frères intellectuels qui ont la chance de savoir lire et comprendre et qui pourront ensuite l’expliquer aux autres. Ce Livre s’adresse également à ceux qui nous ont manifesté leur inextinguible soif d’approfondir leur connaissance de la religion et qui nous ont d’ailleurs incité, des fois avec insistance, à franchir le pas des hésitations devant cette tâche ardue et ingrate de l’écriture. Nous profitons de l’occasion pour demander au lecteur toute son indulgence.

En réalité, nous ne dirons ici rien qui n’ait été déjà dit ou pensé. Seulement certains de ces faits ou pensées sont restés longtemps méconnus par une bonne frange de la Umma pour des raisons partisanes. Nous sollicitons d’ailleurs une circonstance atténuante auprès de ceux qui se seraient fait des préjugés basés sur l’environnement ou les origines de l’auteur sans avoir entièrement lu cet ouvrage. Ce sera la circonstance atténuante de la tolérance et de l’acceptation de la différence des modes de pensée. Mais aussi celle du test de raffermissement de sa foi par la confrontation des idées et des discours pour autant qu’ils restent dans les limites de la décence. En somme, celle de notre innocence jusqu’à la preuve de notre culpabilité. Toutes choses recommandées par Dieu et Son Prophète (P).

Le choix des textes et faits rapportés dans ce livre a été guidé par un triple souci :

Ø                 Donner au lecteur une vue d’ensemble de l’Islam et de ses différents développements

Ø                 Ouvrir au lecteur la voie vers la recherche personnelle et approfondie sur le sujet général ou les différents thèmes qui y sont traités.

Ø                 Mettre en exergue les principaux points que les livres d’histoire traditionnels ont négligés volontairement ou involontairement.

Ces vérités sur la succession du Prophète (P) sont nécessaires pour la compréhension et le dépassement des divergences insensées qui divisent aujourd’hui les musulmans et qui n’ont plus aucune raison d’être dè s lors qu’on peut retourner à l’essentiel c’est-à-dire Dieu en se basant sur Son Saint Coran et les enseignements du Prophète (P) conservés intacts par sa sainte descendance.

C’est là tout le sens de ce verset que nous vous invitons à méditer :

« Les gens formaient (à l'origine) une seule communauté (avant la descente de la législation divine). Puis, (après leurs divergences,) Allah envoya des prophètes comme annonciateurs et avertisseurs; et Il fit descendre avec eux le Livre contenant la vérité, pour régler parmi les gens leurs divergences. Mais, ce sont ceux-là mêmes à qui il avait été apporté, qui se mirent à en disputer, après que les preuves leur furent venues, par esprit de rivalité ! Puis Allah, de par Sa Grâce, guida ceux qui crurent vers cette Vérité sur laquelle les autres disputaient. Et Allah guide qui Il veut vers le chemin droit. » (Al Baqara, 2 : 213)


Chapitre I :

L’environnement

Il importe de fixer le cadre global dans lequel se déroulent les événements dont il est question dans ce livre. C’est là le but de ce premier chapitre où il sera essentiellement question de décrire brièvement l’Islam, le Coran et la Sunna, puis l’espace géographique et les données culturelles et ethniques de l’Empire musulman à l’aube de l’Islam.

A - L’ISLAM :

Plusieurs ouvrages auraient été certainement nécessaires pour parler en profondeur de l’Islam. Mais nous aimerions simplement rappeler à travers deux versets du Coran, un hadith du Prophète (p) et une citation de l’Imam Ali (P), quelques éléments clés qui permettent de cerner globalement ce qu’est l’Islam.

Un grand nombre de versets du Livre nous entretiennent sur qu’est l’Islam. Ces versets sont souvent liés au comportement que doit avoir le musulman. Nous vous en citons deux :

« Et luttez pour Allah avec tout l'effort qu'Il mérite. C'est Lui qui vous a élus; et Il ne vous a imposé aucune gêne dans la religion celle de votre père Abraham, lequel vous a déjà nommés "Musulmans" avant (ce Livre) et dans ce (Livre), afin que le Messager soit témoin contre vous, et que vous soyez vous-mêmes témoins contre les gens. Accomplissez donc la Salât, acquittez la Zakât et attachez- vous fortement à Allah. C'est Lui votre Maître. Quel Excellent Maître ! Et quel Excellent Soutien ! » (Al-Hajj, 22 : 78)

« Les croyants et les croyantes sont alliés les uns des autres. Ils commandent le convenable, interdisent le blâmable accomplissent la Salât, acquittent la Zakât et obéissent à Allah et à Son messager. Voilà ceux auxquels Allah fera miséricorde, car Allah est Puissant et Sage. » (At-Tawba, 9 : 71)

Le hadith le plus célèbre se rapportant à l’apparition des anges lors de la bataille de Badr mais également à la définition globale de l’Islam, est celui qu’a cité ‘Umar, d’après Bukharî :

Nous étions, dit-il, assis à côté du Prophète lorsqu’un homme habillé de blanc, aux cheveux tout noirs, arriva. Rien n’indiquait qu’il venait d’un voyage et personne ne le connaissait. Il se fraya un chemin parmi les assistants et vint s’agenouiller devant l’Envoyé de Dieu comme l’un de nous fait dans sa prière. Les Compagnons se regardèrent et dirent : « Nous ne reconnaissons pas l’homme ! »

S’adressant au Prophète l’inconnu lui dit :

-Envoyé de Dieu, qu’est-ce que la foi ?

-C’est, dit le Prophète, croire en Dieu, en Ses anges, en la comparution devant Lui, en Ses prophètes et en la résurrection.

-Qu’est-ce que l’Islam, dit l’homme ?

-C’est, répondit le Prophète, adorer Dieu sans rien Lui associer, faire ses prières, donner la Zakât (aumône légale) et jeûner le mois de Ramadhân.

-Parle-moi de la perfection, dit l’homme.

-C’est, dit le Prophète, adorer Dieu comme si tu l’as en face de toi, car si tu ne Le vois pas, Lui, Il te voit.

-Quant sonnera l’Heure Ultime, finit par dire l’homme ?

-Celui que tu interroges, n’est pas mieux renseigné, dit le Prophète, mais je peux t’indiquer les signes précurseurs : lorsque la femme esclave engendre son maître, quand les bergers frustrés, gardiens de chameaux rivalisent de constructions. Il y a cinq secrets que Dieu seul détient, à savoir : (le Prophète récita ensuite ce verset)

« La connaissance de l’Heure du Jugement relève de Dieu, c’est Lui qui fait descendre la pluie et sait ce que portent les flancs de toutes femelles. Nul être ne sait ce que sera demain son acquis en bien ou en mal. Nulle âme ne connaît le lieu de son trépas. Dieu seul est Omniscient et bien informé. » (Loqman, 31 : 34)

Sur ce, l’homme sortit.

-Faites-le revenir, dit le Prophète.

-Ils sortirent à sa suite, mais l’homme s’était volatilisé.

-C’est Jibrîl, dit le Prophète. Il est venu vous enseigner votre religion.

Nous finirons ces citations par celles que nous avons tirées de Nahjoul Balâgha, « la voie de l’éloquence », le merveilleux recueil de discours de l’Imam ‘Alî (P) :

« L’Islam est une lampe à partir de laquelle de nombreuses lampes sont allumées. C’est un phare illuminant le chemin d’Allah. C’est un ensemble de principes et de croyances qui satisfont tout chercheur de la Vérité et de la réalité. »

« Croyez-moi ! je ne connais pas de bénédiction aussi grande que le Paradis, cependant ceux qui la recherchent sont si paresseux et si insouciants à son égard ; ni de punition aussi terrible que l’enfer éternel, cependant ceux qui désirent y échapper ne semblent pas tellement le craindre. »

B – LE CORAN :

Le Coran est la Parole de Dieu, révélée au Prophète (P) à partir de l’âge de 40 ans.

La date de la première révélation fut, selon plusieurs historiens[4], le lundi 27 du mois lunaire Rajab de l’an 610 A.J.C. Elle lui parvint dans les conditions suivantes[5] :

Il avait l’habitude de passer le mois de Rajab dans la solitude de la grotte de la montagne de Hirâ, priant, jeûnant et méditant quand soudain une voix l’appela par son nom. Sans que personne n’apparût, la voix retentit à nouveau suivie d’une lumière éblouissante. Ensuite il vit une forme humaine portant un rouleau de soie, s’avancer tranquillement vers lui. L’ange Jibrîl (P), comme il le confirmera avant de partir, lui demanda de lire ce qui était écrit sur le rouleau qu’il venait de tendre devant lui.

« Que devrais-je lire ? », demanda le Prophète (P).

L’ange Jibrîl (P), se rapprocha et lui transmit la lumière céleste qui illumina l’esprit et les yeux du Prophète (p). Puis il lui répondit :

« Lis au Nom de ton Seigneur Qui a créé. Il a créé l’homme d’un caillot de sang. Lis ! Car ton Seigneur est le Très-Généreux, Qui a instruit au moyen du calame. Il a appris à l’homme ce qu’il ne savait pas. » (Al-‘Alaq, 96 :1 à 6)

L’ange Jibrîl (P) termina sa récitation, puis avant de partir il annonça à Muhammad (P) :

« Ô Muhammad ! En vérité tu es le Prophète de Dieu et je suis Son ange Jibrîl ! »

Muhammad (P) venait de recevoir de manière solennelle l’ordre de promulguer l’Unicité de Dieu.

De retour à la maison, le Prophète (p) demanda à sa femme Khadija (RA) de le couvrir. Après s’être exécutée, la sage épouse s’enquit tendrement de ce qui motivait cette demande inhabituelle de son mari.

Quand Muhammad (P) finit de lui raconter tout ce qui lui était arrivé, Khadija (RA) salua avec une grande joie l’heureuse nouvelle qui la confortait dans sa croyance en un Dieu unique.

Elle alla porter la nouvelle à son vieux cousin Waraqah Ibn Nawfal qui croyait déjà que Muhammad (P) était un prophète. Il connaissait l’hébreu et était versé dans la connaissance des Ecritures tant juives que chrétiennes. Les prophéties qui y étaient faites sur le futur prophète lui étaient parfaitement connues. Aussi vit-il en Muhammad (P) l’heureux Elu. Waraqah confirma ce qu’on lui dit en affirmant que, de même qu’aux époques antérieures Dieu avait envoyé Jîbril(P) pour faire des révélations aux grands prophètes, de même Jibrîl (P) était envoyé à présent par Allah à Muhammad(P)[6].

La première année de la Révélation fut appelée l’année de la Mission (Bi’thah). Quelques temps après la première, d’autres révélations vont se succéder tout au long de la vie du Prophète (P). Le Coran a été donc révélé graduellement au Prophète (P). Dieu le confirme dans Son Livre :

« En vérité c’est Nous qui avons fait descendre sur toi le Coran graduellement. » (Al Insân, 76 : 23)

Certains versets abrogent et complètent ou remplacent d’autres versets. C’est le cas en matière de testament, du nombre de femmes du Prophète (P), de l’alcool[7], etc.

Les révélations parvinrent au Prophète (P) dans diverses conditions : pendant le sommeil, à cheval ou sur le dos de sa mule ou de son chameau, parmi les gens. Souvent dans un état second où il transpirait beaucoup, même par temps de froid, et semblait très éprouvé. Il ressortait épuisé de cet état. L’ange Jibrîl (P) quant à lui apparaissait au Prophète (P) soit sous une forme humaine, soit sous sa forme angélique. Dans ce dernier cas il restait invisible pour les autres.

Toutes ces révélations furent mémorisées de façon automatique[8] puis récitées par le Prophète (P) à ses Compagnons dans l’ordre que Dieu lui disait de les donner, et qui n’était pas forcément leur ordre chronologique d’arrivée.

La plupart des Compagnons les récitaient par cœur. De sorte que tous les versets ainsi que l’ordre de leur agencement étaient très bien connus et récités dans toute leur originalité et leur pureté. De plus, le Prophète (P), de son vivant, ordonna aux scribes de mettre par écrit le Coran sur des lambeaux de parchemin, des peaux d’animaux, des os et des pierres. C’est ainsi que Dieu protégeait Son Livre, entre autres façons, contre les changements dont Il parle dans le Coran.

C’est l’ensemble de ces révélations qui fut rassemblé du vivant même du prophète (P). Certains Compagnons possédaient leur propre recueil et on peut penser qu’il n’existait pas de différence entre ces multiples manuscrits car les gens les récitaient de la même façon avec les mêmes particularités linguistiques et phonétiques.

Le Coran est donc un ensemble de 114 chapitres ou sourates dont le premier est la sourate Al-Fâtiha, la deuxième Al-Baqara et la dernière An-Nâs. Chacune de ces sourates est constituée par un certain nombre variable de versets allant de 3 (Sourate 103 : Al ‘Asr et Sourate 110 : An-Nasr) à 286 (Sourate Al Baqara). Ces sourates, toutes descendues à la Mecque ou à Médine, sont généralement réparties dans 30 hizbs, 60 çumuns et 120 quarts ou rubhu.

Cette dernière répartition en hizb, çoumun et rubhu trouve sa justification dans des raisons exclusivement pédagogiques. En effet chaque hizb regroupe un certain nombre de thèmes, et est subdivisé en deux çumuns et chaque çoumoun en deux quarts ou rubhu.

Les hizb se suivent dans l’ordre croissant des sourates sans pour autant que leur début ou leur fin ne coïncident forcément avec ceux des sourates.

Il est évident qu’une telle répartition facilite beaucoup la mémorisation mais aussi la compréhension et l’exégèse du Coran.

C – LA SUNNA DU PROPHÈTE (P) :

La sunna est l’ensemble des traditions du Prophète de l’Islam (P). Ces traditions nous sont parvenues de diverses sources, allant des contemporains du Prophète (P) aux historiens musulmans. Certains de ces historiens ont vécu plusieurs siècles après le Prophète (P). Cela est à la base de bien des réserves que l’on est en droit d’avoir sur les témoignages qu’ils portent sur le Prophète (P). Ce, d’autant plus qu’il y eut bien des motivations qui les portaient à raconter les faits de façon partisane, au point de déformer complètement l’histoire aux fins de justifier et d’embellir les actions de ceux de leur bord et même à la solde de qui ils écrivaient.

Il est vrai qu’il est resté un noyau dur de hadiths considérés comme véridiques parce que présents dans tous les recueils importants de hadiths malgré la différence des interprétations qui en sont données. Mais pour trouver une réponse juste et non partisane à propos de certaines questions, il est souvent nécessaire de faire une étude comparée et raisonnée des différents hadiths. C’est ce que nous nous évertuerons à faire tout au long de ce livre.

Parmi les auteurs de hadiths les plus côtés on peut citer :

Al Bukharî, Al-Tabâri, Muslim, Al Suyûti, Tabrâni, Hakim, Ibn Khaldun, Abul Fidâh, Imam Ahmad Ibn Hanbal, Imam Châfi’i, Abu Hanifa, etc.

Mais surtout les héritiers du livre et de la sunna du prophète (P) chez qui on ne trouve aucun écart d’interprétation :

L’Imam Ali (P), les onze Imams (P), et leurs compagnons, etc

D – LES FONDEMENTS DE L’ISLAM :

Les cinq piliers de l’Islam sont :

1.      L’attestation de foi (Chahada) : il n’y a de Dieu méritant l’adoration qu’Allah et Muhammad est Son Envoyé (P).

2.      La prière (Salât).

3.      L’aumône légale (Zakât).

4.      Le jeûne du mois de Ramadhân.

5.      Le pèlerinage à la Mecque pour tout musulman qui en a la possibilité[9].

Dans l’enseignement des Ahlul Bayt du Prophète de l’Islam (P), les bases de l’Islam sont ses (cinq) principes fondamentaux (uçul al-Din) auxquels il est essentiel de croire. Ce sont :

1-     L’Unicité d’Allah (Tawhîd)

2-La justice[10] d’Allah (Al-‘adl al-Ilâhi)

3-La Mission prophètique (Nubûwah)

4-     La succession du Prophète (Imâmah)

5-     Le Jour du Jugement (Qiyâmah)

Ils distinguent ces Fondements de la Religion des Branches de la Religion qui sont au nombre de dix :

1-La prière (Salât)

2-     Le jeûne (Sawm)

3-     L’ aumône légale (Zakat)

4-     Le Pèlerinage (Hajj)

5-     L’ aumône du cinquième (Khoms)

6-     La lutte missionnaire (Djihâd)

7-     L’ injonction de faire le bien (Amr bil ma’aruf)

8-     L’ interdiction du mal (nahyi ‘anil mounkar)

9-     L’ attachement au noble Prophète et aux membres de sa Famille (tawwala)

10- La séparation d’avec les ennemis du noble Prophète et des membres de sa Famille (tabarra).

Les dispositions relatives aux transactions commerciales, au mariage, le code pénal et judiciaire constituent d’autres branches de l’Islam.[11]

E – LES LIMITES GEOGRAPHIQUES ET LE PEUPLE DE L’ARABIE[12] :

Limites géographiques :

L’Arabie est une péninsule située à l’ouest de l’Asie. Elle est limitée au nord par l’Asie Mineure et la Syrie, à l’est par l’Euphrate et le Golfe Persique, au sud par la Mer Arabique et à l’ouest par la Mer Rouge.

Elle comprenait donc à l’époque de la Révélation trois grandes parties : l’Arabie Felix (zone fertile s’étendant le long du littoral et sur les côtes ouest et sud-ouest), l’Arabie Petraea (la partie rocheuse du nord-ouest) et l’Arabie désertique (tout l’intérieur).

C’est dans cette dernière partie que se trouvent notamment aujourd’hui le Hidjâz, le Yémen, le Hadramaout, Oman, l’Arabie Centrale, l’Irak et le Bahreïn.

Le Peuple et sa religion :

Les arabes modernes descendent de deux souches : celle de Qahtân ou Jactân, qui remonte à Nuh (P) et dont les descendants sont appelés le ‘Arab-al-‘Arîb, et celle de ‘Adnân, qui remonte à Ismâ’îl (P), le fils d’Ibrahîm (P), et dont les descendants sont appelés les ‘Arab Moustariba. Ces derniers s’établirent autour de la Ka’bah. Muhammad (P), le Prophète de l’Islam est issu de cette souche.

Les arabes croyaient originellement en un Dieu mais l’avaient par la suite échangé contre de nombreuses divinités. De sorte qu’à l’époque de la naissance du Prophète (P), chaque tribu avait son propre dieu. Les idoles tantôt domestiques tantôt publiques étaient adorées, craintes et des hommages déférents leur étaient rendus. Image de granit gris (Al-Lat, idole de la tribu de Thaqif à Tâ’if) et de formes humaines (celles d’Ibrahîm (P) et d’Ismâ’îl (P) à la Ka’bah), bloc de granit (Al-‘uzza), formes humaines (Hobal), étaient autant d’idoles vénérées. Mais au-dessus de celles-ci se trouvait de façon assez vague l’idée d’un être suprême appelé Allah au nom de qui les arabes juraient et scellaient leurs accords étant donné que les dieux préférés des uns n’étaient pas forcément ceux des autres et que nul n’acceptait de négliger son dieu devant celui de l’autre.

Cette époque antérieure à l’avènement du Prophète Muhammad (P) où le polythéisme, les guerres tribales, l’infanticide, et toutes les perversions prédominaient dans toute l’Arabie, fut désignée par ce dernier, l’Epoque de l’ignorance ou Asrul Jahilia.

Origines et antécédents des ancêtres du Prophète (P) :

Muhammad (P), le Prophète de l’Islam, est un descendant de Ismâ’îl (P), le fils du grand Prophète Ibrahîm (P). La ligne suivante le relie directement à Adnân qui est lui-même un descendant d’ Ismâ’îl (P) :

Muhammad (P) Ibn (fils de) ‘Abdullâh, Ibn ‘Abdul-Muttalib, Ibn Hâchim, Ibn ‘Abd-Manâf, Ibn Quçay, Ibn Kelab, Ibn Morrah, Ibn Ka’b, Ibn Lu’ay, Ibn Ghâlib, Ibn Fihr (Quraych), Ibn Mâlik, Ibn Nazâr, Ibn Kinânah, Ibn Khazima, Ibn Modrika, Ibn Ilyâs, Ibn Modhar, Ibn Nazâr, Ibn Ma’d, Ibn Adnân (P).

Les descendants de Fihr ou encore Quraych, le petit-fils de Kinânah, formèrent une vingtaine de familles ou clans et se faisaient appeler Quraychites ou plus simplement Quraych. Chaque famille ou clan de la tribu des Quraych se distinguait des autres par le nom de son chef. Ainsi les descendants de Hâchim (8ième descendant de Quraych) sont les Banî Hâchim et ceux de Umâyyah (fils du frère jumeau de Hâchim donc 9ième descendant de Quraych) les Bâni Umâyyah.

Nous citons particulièrement ces deux clans parce qu’il y eut entre eux des antécédents qui vont constamment laisser leur empreinte sur l’histoire des premiers temps de l’Islam. Le Prophète (P) puis sa descendance feront face et souvent subiront la rivalité et la jalousie des Umayyades sur les Hâchimites pendant des siècles.

Quelle est l’origine de cette jalousie ?

Quçay, grand-père de Hâchim et 6ième descendant de Fihr (Quraych) fut Cheikh de la Mecque et donc investi des privilèges du gardien de la Ka’bah parmi lesquels[13] le droit de fournir boisson et nourriture aux pèlerins, le commandement des troupes en temps de guerre et la présidence du Conseil.

Plus tard, ses petits-fils qui étaient Hâchim, Al-Muttalib, Nawfal et Abd Chams, tous fils de Abd Manâf, héritèrent de ces fonctions. C’est ainsi que Hâchim hérita du droit de fournir la boisson et la nourriture aux pèlerins.

Hâchim s’acquittait de cette tâche avec une réussite qui forçait le respect et l’admiration. Très vite sa charité légendaire et son hospitalité princière firent sa renommée à travers toute l’Arabie. Ses succès commerciaux ajoutés à sa renommée suscitèrent la jalousie de son frère jumeau, Abd Chams et du fils de ce dernier, Umâyyah. Les quatre frères étaient divisés en deux groupes opposés voire rivaux : Hâchim et Al-Muttalib d’un côté, Nawfal et Abd Chams de l’autre.

Malgré tous leurs efforts souvent ostentatoires de ravir la vedette à Hâchim, Abd Chams et Umâyyah, qui étaient certes riches, finirent par paraître ridicules aux yeux des Quraych. Umâyyah devint à la longue si enragé qu’il défia en duel Hâchim. Ce dernier accepta de le relever suite à la pression de la population et malgré sa position d’oncle de Umâyyah et son rang social supérieur. Ce duel consistait à se soumettre à une épreuve de supériorité, une vieille tradition fortement prisée par les arabes à cette époque. Chacun des deux antagonistes devaient faire étalage de ses prétentions devant un arbitre. Le perdant non seulement offrait au gagnant cinquante chameaux mais aussi devait s’exiler pendant dix ans. Hâchim fut déclaré vainqueur. Umâyyah lui remit son dû avant de s’exiler en Syrie. C’était là l’origine de la rivalité entre les clans Hâchimite et Umayyade.

Il faut dire qu’un duel semblable opposera encore plus tard deux membres des deux clans rivaux. Cette fois ce sera entre Abdul-Muttalib[14], l’héritier de Hâchim, et Harb, l’héritier de Umâyyah. Le clan Umayyade, à travers Harb, perdit encore une fois le défi. L’humiliation et l’exil de Harb qui s’en suivirent scellèrent définitivement la haine et le désir de vengeance que les Umayyades nourrissaient à l’endroit des Hâchimites.

Hârith, le fils ainé de ‘Abdul-Muttalib est mort avant son père. De même que ‘Abdullah (P), le père de Muhammad (P). ‘Abdullah (P) mourut à l’âge de vingt cinq ans à Médine au retour d’un voyage d’affaires pour la Syrie. Son père ‘Abdul-Muttalib en fut profondément affligé. Encore davantage le fut l’épouse du défunt, Âminah (P), la mère du Prophète (P). Elle ne put survivre longtemps à sa disparition malgré la seule consolation qui lui restait, l’enfant qu’elle avait eu de leur récent mariage et qui était Muhammad (P).

C’est ainsi qu’à la mort de ‘Abdul-Muttalib, le privilège exclusif de fournir l’eau et la nourriture aux pèlerins passa alors entre les mains de Zubair qui était le plus âgé. Il n’y avait plus de dirigeant Hâchimite suffisamment puissant et riche pour remplacer Abdul-Muttalib. Le privilège passa alors de leurs mains à celles des Umayyades. Après Zubair, ce fut brièvement le tour de Abu Talib (P) puis celui de Al-‘Abbâs. Ce dernier n’en garda que la responsabilité du puits de ZamZam. A l’arrivée de l’Islam, une cinquantaine d’années plus tard, le Prophète (P) l’y confirmera en la transmettant à sa famille.

Le pèlerinage :

La ville de la Mecque, capitale du Hidjâz, a été rendue célèbre par la Ka’bah mais aussi par le fait qu’elle est le lieu de naissance du Prophète (P). Elle est une des plus vieilles – sinon la plus vieille – villes au monde.

La deuxième principale ville du Hidjâz était Médine. Elle tient sa célébrité du fait d’avoir été le lieu de résidence du Prophète (P) et aussi le lieu de son enterrement.

La Ka’bah a toujours été un lieu de grand rassemblement depuis l’époque d’Ibrahîm (P) et de son fils Ismâ’îl (P) qui construisirent ce Sanctuaire. Le premier appel à la visiter fut lancé par Ibrahîm (P) lui-même. Et depuis lors des gens venaient de toute l’Arabie et des pays voisins pour accomplir un pèlerinage annuel.

Nombreuses sont les preuves que Dieu nous donne dans le Coran et que l’on peut observer[15] qui permettent de classer la Ka’bah au rang de lieu exceptionnel. Une zone, diront peut-être les scientifiques de haute énergie cosmique.

Ce devoir sacré du pèlerinage à la Ka’bah incombe encore de nos jours aux musulmans. La Ka’bah constitue une direction et un lieu de dévotion exceptionnels pour toute la Umma islamique.

Ceci constitue une des nombreuses preuves de la continuité de la Révélation de Dieu à Ses Envoyés. Laquelle Révélation remonte au premier homme sur terre : Adam (P). Comme quoi la source de la Soumission (Islam) se confond avec celle de la Création.

Dieu nous appelle à accomplir ce devoir sacré à travers les versets suivants, entre autres :

« La première Maison qui ait été édifiée pour les gens, c'est bien celle de Bakka (la Mecque) bénie et une bonne direction pour l'univers.

Là sont des signes évidents, parmi lesquels l'endroit où Abraham s'est tenu debout; et quiconque y entre est en sécurité. Et c'est un devoir envers Allah pour les gens qui ont les moyens, d'aller faire le pèlerinage de la Maison. Et quiconque ne croit pas... Allah Se passe largement des mondes. » (Al Imrân 3 : 96, 97)

Le pèlerinage dont il s’agit ici, Hajj al-Akbar (Pèlerinage Majeur), doit être accompli au mois de Thilhaj, le dernier mois du calendrier lunaire de l’Hégire. Il est obligatoire pour chaque musulman, sauf en cas d’excuse légale. Il s’accompagne d’un détour sur le mont Arafât situé à une quinzaine de km environ de la Mecque.

Il existe cependant un autre pèlerinage appelé Hajj al-Açghar (Pèlerinage Mineur) ou encore ‘Umrah. Celui-là peut être accompli à tout moment de l’année, mais particulièrement au 7ième mois de l’année hégirienne (Rajab).


Chapitre II :

L’Imamat

I - LES FONDEMENTS DU POUVOIR ET DE SA PASSATION DANS L’ISLAM:

I – 1 KHILAFAT[16] DE L’HOMME SUR TERRE ET TEMOIGNAGE DIVIN:

I-1-1 KHILAFAT:

Dieu a dit:

K1. ... « [Rappelle] quand ton Seigneur dit aux Anges :  “Je vais placer sur la terre un Khalife. ” “ Y placeras-tu quelqu’un qui y sèmera la corruption et y répandra le sang alors que nous, nous glorifions Ta louange et proclamons Ta sainteté ? ”.[Le Seigneur] répondit “Je sais très bien ce que vous ne savez point. ”Et [le Seigneur] apprit à Adam tous les noms, puis Il fit défiler devant les Anges [les êtres portant ces noms] et Il dit [aux Anges] : “Avisez-moi des noms de ces êtres-ci, si vous êtes véridiques ! “Gloire à Toi ! ” Répondirent-ils “Nous n’avons nulle science excepté ce que Tu nous as appris. Toi Tu es l’Omniscient, le Sage. ”

“ Ô Adam !   ”Dit [le Seigneur], “avise-les des noms [de ces êtres] ! ”Et quand [Adam] eut avisé [les Anges] des noms [de ces êtres, le Seigneur] dit : “Ne vous avais-Je point dit que Je connais bien l’Inconnaissable des cieux et de la terre et que Je connais bien ce que vous extériorisez et ce que vous tenez secret ?”»(Baqara, 2 : 30)

K2. « C’est Lui qui a fait de vous les Khalifes sur la terre. » (Fâtir ou Malâïka, 35 : 39)

K3. « Nous avons proposé de confier le Dépôt aux cieux, à la terre et aux montagnes. Ils ont refusé de s’en charger et s’en sont effrayés, alors que l’Homme s’en est chargé, il fut injuste et ignorant. » (Ahzâb, 33 : 72).

Ainsi donc, à travers ces versets et bien d’autres[17] encore il nous est révélé que Dieu a honoré le groupe humain, représenté par Adam (P), en le chargeant de veiller sur l’ordre de l’Univers tout entier, de gérer les affaires de l’Homme et de guider l’Humanité sur la Voie du Khilafat divin.

Dés lors, le Khilafat en Islam est le pouvoir que Dieu a donné à la communauté humaine (Umma) de gouverner ou de diriger le monde et de le promouvoir dans les domaines social, matériel et spirituel

Cette représentation ou Khilafat en tant que principe de gouvernement de la communauté islamique, est cependant différent de celui des régimes démocratiques occidentaux qui privilégient le consensus pour justifier une décision fut-elle préjudiciable à l’intérêt de la Communauté ou d’une de ses composantes; contrairement au gouvernement de la communauté islamique qui a son fondement dans la délégation divine donc davantage de sens des responsabilités et de justice d’où le refus de la tyrannie, de l’exploitation et de l’oppression.

Une petite parenthèse est d’ailleurs nécessaire à ce niveau car la plupart des écrivains musulmans pensent que lorsqu’on est « affaiblis sur terre » c’est-à-dire opprimés par des tyrans il n’y a pas d’autre alternative que d’user de tous les moyens, sous-entendu même la force physique, pour s’en sortir ou d’émigrer.

Citons d’abord les versets qu’ils interprètent à ce propos (Nissâ, 4 : 97 et 98):

« Oui, ceux qui sont injustes envers eux-mêmes, les anges les achèvent en disant : où en étiez-vous ? - Nous étions affaiblis sur terre, disent-ils. - Alors les anges: la terre de Dieu n’était-elle pas assez vaste pour vous permettre d’émigrer ?  - Voilà bien ceux dont le refuge est la Géhenne, et quelle détestable fin ! Sauf pour les impuissants, hommes, femmes, enfants, incapables d’aucun moyen, et qui ne trouvent aucune voie ».

Selon ces paroles divines, non seulement il existe des exceptions à la règle mais en plus s’il faut émigrer vers d’autres cieux encore faudrait-il que "ce que l’on y gagne vaille ce que l’on y perd" car il est difficile voire impossible de nos jours de trouver un modèle irréprochable de gouvernement islamique. De plus parmi les moyens dont on dispose figure en bonne place, plus efficace que la force physique et avec des effets plus durables et plus profonds, le combat intellectuel par les écrits, les conférences, les débats d’idées, la formation des jeunes, en un mot l’éducation des masses en matière islamique.

Ainsi pour fermer la parenthèse, deux vérités simples s’imposent à notre entendement : on est plus utile à sa cause vivant que martyr et ... la nature trouve toujours son chemin.

Adam ayant été le premier représentant de ce Khilafat, les Anges se sont prosternés devant lui et toutes les forces de l’Univers visible et invisible lui ont été soumises.

Ce “Dépôt ” (Amàna) si gigantesque et si effrayant même pour les forces de la nature, fut confié à l’Homme malgré la liberté que lui a accordé son Créateur de faire le bien ou le mal à travers le libre-arbitre : «Nous l’avons dirigé sur le chemin droit, qu’il soit reconnaissant, ou qu’il soit ingrat. » (Dahr ou Insân, 76 : 3) Et c’est certainement cette inconstance dans le comportement humain qui suscita la réticence des Anges à l’égard de ce Khilafat. Cependant Dieu, dans son Omniscience, apprit à Adam (P) tous les noms montrant ainsi aux Anges qu’Il soumettait l’Homme à une Loi autre que celle du déterminisme mécanique qui gère le mouvement de l’Univers - des atomes aux astres.

Cette Loi complémentaire à celle du Khilafat, qui se charge d’éduquer et de guider ce Khalife à la Lumière d’un Texte révélé, est celle du Témoignage (Chahada). Elle est concrétisée par un témoin divin qui porte aux hommes la «guidée » de Dieu et les éloigne de l’égarement. Le Saint Coran en parle à travers les versets qui suivent et bien d’autres[18].

I-1-2 TEMOIGNAGE:

I-1-2-1 GENERALITES

T1.  « Nous dîmes : “Descendez d’ici, vous tous ! Si jamais, ensuite, une guidée de Moi vous vient, alors, quiconque suivra Ma guidée ... pour eux, nulle crainte, et point ne seront attristés.” » (Baqara, 2 : 38).

T2. «Ainsi Nous avons fait de vous [croyants !]Une communauté éloignée des extrêmes (wasatan), pour que vous soyez témoins à l’encontre des Hommes et que l’Apôtre soit témoin à votre encontre. » (Baqara, 2 : 2).

T3. « J’ai été témoin à leur encontre, tant que je suis demeuré parmi eux .Quand Tu m’as eu rappelé (Tawaffa) à Toi, c’est Toi qui as été le surveillant, à leur endroit car, de toute chose, Tu es témoin. » (Ma’ida, 5 : 117)

T4. « Nous avons, en vérité, révélé la Torah où se trouvent une Direction et une Lumière. D’après elle, et pour ceux qui pratiquaient le Judaïsme, les Prophètes qui s’étaient soumis à Dieu, les maîtres divins (Rabbaniyten ) et les docteurs (Ahbar) rendaient la justice, conformément au Livre de Dieu dont la garde leur était confiée et dont ils étaient témoins .» (Ma’ida, 5 : 44).

Dieu connaît bien Sa créature :

« Et très certainement, Nous avons créé l’homme et Nous savons ce que son âme lui suggère. » (Qâf, 50 : 16).

« Croyez-vous que Nous vous ayons créés sans but et que vers Nous vous ne serez pas ramenés ? » (Mû-minûn, 23 : 115)

Cependant Il lui a confié le “Dépôt ” et lui a assigné de grands buts - la construction de la société de l’Unicité Divine, Tâwhid. Dés lors il fallait qu’Il lui donne les moyens de remplir sa mission sans se perdre. Et c’est ainsi que parallèlement à la Ligne du Khilafat, Dieu a tracé la Ligne du Témoignage pour préserver l’homme-Khalife des déviations et le diriger dans sa marche, prouvant encore une fois de plus, s’il en est besoin, tout l’Amour qu’Il porte à Ses humbles créatures que nous sommes.

Le verset T4 ci-dessus nous donne les trois catégories de témoins :

•      Les Prophètes.

•      Les Témoins divins, qui sont les Imams.

•      Les « Docteurs », qui sont les Ulémas.

Ces trois types de Témoignage ont des fonctions communes mais des rôles respectifs différents. En effet tout Témoin, référence intellectuelle et législative (savant et juge), a essentiellement pour fonction de diriger la marche de la communauté, assurant ainsi la conformité avec le Message divin dont il est gardien.

I-1-2-2 LES PROPHETES

D’abord il est important de faire la distinction entre deux catégories de Prophètes :

*        Les Prophètes Envoyés de Dieu (Rassûl)[19] qui reçoivent le Message mais ont en plus le devoir de le transmettre et de diriger cette communauté. Cinq d’entre eux apportent un nouveau Code de vie (Chari’a) et sont appelés Ulul-’Azm.

*        Les Prophètes porteurs du Message ou Nabi mais qui ne sont pas chargés de le transmettre. Du premier des Prophètes, Adam (P), au dernier, Muhammad (P), 124000 Prophètes (P) auraient été missionnés. Les cinq ulul-Azm est :

*        Le Prophète Nuh (P)

*        Le Prophète Ibrahîm (P)

*        Le Prophète Moûssâ (P)

*        Le Prophète ‘Issa (P)

*        Le Prophète Muhammad (P)

Les Juifs sont les disciples de Moûssâ, les Chrétiens ceux de ‘Issa et les Musulmans de Muhammad (P). Ainsi il fut révélé aux Prophètes :

•      Nuh : Sahifa

•      Ibrahîm : Sahifah

•      Moûssa : Tawrat

•      Dâwoud : Zabûr

•      ‘Issa : Injîl

•      Muhammad (P) : Al Qur’ân, Qui abroge et annule tous les autres Livres de même que l’Islam abroge toutes les autres religions.

On pourrait alors se demander à quoi pourraient "servir" les Nabi s’ils ne " dirigent"  pas la communauté. Tout d’abord il faut savoir que Dieu peut créer ce qu’Il veut sans avoir à S’en expliquer. Ensuite il est certain que la présence d’un être pur contribue à élever, au moins de façon passive, le niveau des consciences individuelles et de la conscience collective, c’est-à-dire tout simplement à purifier son environnement humain.

Dans ce qui suit il est essentiellement question des Rassûl quoique les Nabi puissent être concernés s’ils se retrouvent dans la position de guides.

Le Prophète (P) est désigné par Dieu pour être celui qui reçoit la Révélation et éduque la communauté l’éloignant des faiblesses de la période d’ignorance pré-islamique ou Jahilia et l’élevant au niveau du rôle du Khilafat. C’est d’ailleurs dans ce sens de faire prendre conscience à la communauté de ses responsabilités vis-à-vis du Khilafat que Dieu a imposé- en Grand Pédagogue qu’Il est - au Prophète de l’Islam (p) de consulter les membres de cette communauté sur les affaires de l’État.(Al-îmran, 3 : 159).

En plusieurs endroits le Coran a défini le rôle du Prophète (P) :

«Dieu envoya les Prophètes comme Annonciateurs et Avertisseurs, et fit descendre avec eux le Livre avec la vérité, pour juger entre les hommes, sur ce sur quoi ils s’opposèrent. » (Baqara, 2 : 30)

« Nous avons fait descendre vers toi l’Écriture chargée de Vérité, déclarant véridique ce qui, de l’Écriture, est antérieur à elle et en proclamant l’authenticité. Arbitre donc entre tous ces gens au moyen de ce que Dieu a fait descendre! Ne suis point leurs doctrines pernicieuses t’écartant de la Vérité venue à toi! A tous, Nous avons donné une règle et une voie. » (Al-Mâ’ida, 5: 48).

« C’est Lui qui a suscité parmi les illettrés un Envoyé issu d’eux, Qui leur récite Ses versets, Qui les purifié, et Qui leur enseigne le Livre et la sagesse; bien qu’ils furent auparavant dans un égarement manifeste. » (Al-Jumu’a, 62: 2).

«Et de même, Nous n’avons envoyé avant toi d’Avertisseur en une cité, sans que ses gens aisés n’aient dit: “Oui, nous avons trouvé nos pères sur un chemin et nous suivrons leurs traces. ” » (Zukhruf, 43 : 34 ). 

« [...] leur ôtant le fardeau et les carcans qui étaient sur eux. Ceux qui auront cru en lui, l’auront soutenu, l’auront secouru, et auront suivi la lumière descendue avec lui, ceux - là sont les gagnants. » (A’râf, 7 : 157 ).

 La responsabilité du Prophète (P) est donc très large: non seulement il doit être un excellent gestionnaire des affaires de l’État mais en plus il doit orienter et guider les hommes dans le chemin de Dieu. Il détient les pouvoirs temporels et spirituels et les exerce à la perfection.

De ce rôle que le Prophète (P) assume découle d’ailleurs sa nécessaire infaillibilité qui est exaltée dans bien des versets[20] du Saint Coran; cette infaillibilité que veulent malheureusement ôter au Prophète de l’Islam (P) certains de nos coreligionnaires victimes d’enjeux et d’intérêts qui, souvent, les dépassent. Nous y reviendrons plus loin, In Challah.

I-1-2-3 LES IMAMS

La construction de la Société de l’Unicité Divine étant une œuvre de longue haleine la durée de vie des Prophètes (P) est d’habitude courte devant le temps que dure la réalisation de cette Œuvre. Chacun d’entre eux - qu’il soit Nabi ou Rassûl - apporte sa pierre à l’édifice.

Cependant Dieu a prévu la préservation de Son Message puisqu’Il dit à propos du Prophète de l’Islam (P) et des autres Prophètes: 

« Mohammed n’est qu’un Messager; des Messagers ont vécu avant lui. Retourneriez-vous sur vos pas, s’il mourait ou s’il était tué? Celui qui retourne sur ses pas ne nuit en rien à Dieu. » (Ali-’Imrân, 3 : 144).

Ainsi donc Dieu a désigné comme successeurs de Ses envoyés des hommes tout aussi exceptionnels que les Prophètes (P). Il est clair, en effet, que seul un homme doté au moins des mêmes qualités que celles du prophète (P¨) peut lui succéder dans l’exercice des deux pouvoirs temporel et spirituel afin d’assurer la pérennité de l’Islam. Ces successeurs désignés par Dieu Lui-même sont les Imams (P).

Si certains dirigeants de l’Islam, après la mort du Prophète (P), ont échoué, et ont eux-mêmes reconnu leur échec, c’est parce qu’ils ont pris le pouvoir, sans réunir les deux dimensions nécessaires, qui sont indissociables. Leur ignorance des prescriptions (ahkâm dîniyya) a été à l’origine de graves déviations.

L’Imam (p) étant le dépositaire du Message, il détient et exerce des pouvoirs de puissance divine sans toutefois apporter un nouveau Message ou une nouvelle Religion. Citons à ce propos le Coran :

« Nous en fîmes, parmi eux, des Imams qui guident[21] par Notre Commandement, car ils ont enduré, et ont la certitude éprouvée de Nos Signes. » (As-Sajda, 32 : 24)

« Nous en fîmes des Imams qui guident par Notre Commandement. » (Al-Anbiyâ, 21 : 73)

« Le jour où Nous appellerons tous les hommes par leur Imam... » (Al-’Isra, 17 : 71)

« Nous lui avons donné, par surcroît, Isaac et Jacob, dont Nous avons fait des justes. Nous les avons établis comme des Imams (chefs) qui dirigent les hommes selon Notre ordre. Nous leur avons inspiré des œuvres bonnes . » (Al Anbiyâ, 21 : 72 et 73).

 «Et Nous avons fait une direction pour les fils d’Israël. Nous avons suscité des Imams pris parmi eux. Ils les dirigeaient sur Notre ordre, quand ils étaient constants et croyaient fermement à Nos signes. » (Sajda, 32 : 23 et 24).

De même que le Prophète (P), il est Khalife et Témoin. L’Imam (P), successeur du Prophète (P), est alors infaillible car il est le Pôle (Al khoutbou Zamàn ) de jonction des deux Lignes du Khilafat et du Témoignage; il doit conduire le changement sans en être l’objet c’est-à-dire sans être ni avoir jamais été influencé par les normes de la Jahilia qu’il combat. Pur de tout pêché présent ou passé, il est préservé de l’erreur par Dieu et maîtrise la science prophétique - le Savoir et la Connaissance qui permettent de diriger les affaires de la Umma.

I-1-2-4 LES MARJA (sources de référence)

Le Docteur (‘Alim) ou Marji’, lui, doit sa désignation à la communauté après un effort humain intense pour acquérir la connaissance de l’Islam et une piété sans faille. La Marja’iya, fonction remplie par le Marja’, est une décision divine tandis que sa concrétisation en une personne est le fait de la communauté.

Il est évident que ces qualités de justice et de piété ainsi que ces connaissances du Marja’ acquises de haute lutte ne peuvent faire l’objet d’un legs ou d’un héritage comme il est souvent - hélas! - coutume de voir certains descendants de grands Cheikhs le prétendre surtout en Afrique noire mais aussi ailleurs dans le monde musulman.

Et ceci malgré qu’il soit de notoriété publique que la plupart de ces Cheikhs ont refusé de se singulariser dans l’Islam pour ne pas être à l’origine de la division des musulmans en sectes ou confréries dirigées souvent par des gens qui se soucient davantage de leur propre ego que de l’être du monde.

Le rôle des Marja’ est très important aussi bien en présence d’un Imam (P) qu’en son absence. Il est le prolongement des Prophètes (P) et des Imams (P) auprès des populations pour répandre les enseignements et prescriptions du Livre Saint grâce aux écoles et autres universités qu’il contribue à créer, à régénérer et à promouvoir. Et lorsque l’Imam (P), comme c’est le cas pour notre époque, se retire alors les Marja’ ont la lourde tâche d’être les Témoins que Dieu nous a donnés pour nous guider de façon visible tandis que l’Imam (P) poursuit son œuvre de guidance intérieure en attendant le moment opportun pour l’exercer dans toutes ses dimensions.

I-1-2-5 LES DIFFERENCES ENTRE LES TEMOINS

Ainsi une première différence de taille entre d’une part les Prophètes (P) et les Imams (P) et d’autre part les Marja’ est que les premiers doivent être infaillibles (Ma’ssoum) afin d’assister à la perfection le Khalife ou d’être même le point de jonction des deux Lignes du Khilafat et du Témoignage, tandis que les Marja’ se doivent d’être extrêmement justes sans forcément être infaillibles car ils ont besoin eux-mêmes de témoin :

« Afin que l’Apôtre soit témoin à votre encontre et que vous soyez témoins à l’encontre des hommes. » (Hajj, 22 : 78 ).

« Ainsi Nous avons fait de vous [croyants!] une Communauté éloignée des extrêmes, pour que vous soyez témoins à l’encontre des hommes et que l’Apôtre soit témoin à votre encontre. » (Baqara, 2 : 143).

C’est cette différence par rapport à l’erreur qui prédétermine l’attitude du musulman vis-à-vis des différents Témoins: il doit être soumis (musulman) aux Prophètes (P) et aux Imams (P) alors qu’il est un disciple (moukhalled) du Marja’

Evidemment, la communauté a besoin d’être dirigée. En l’absence physique d’un Imam (P), comme c’est le cas actuellement, les Marja’ sont alors chargés de cette direction et représentent ainsi la Lignée de l’Imamat Général. C’est pourquoi nous devons leur verser un cinquième de nos surplus à titre de khoumous - ce qui revenait au Prophète et à sa Famille - comme le prescrit clairement le verset 41 de la Sourate VIII (Anfâl). Cet argent sert à aider les démunis, à contribuer au rayonnement de l’Islam à travers l’enseignement et tout ce qui le favorise, entre autres.

La seconde différence entre les trois types de témoins réside dans leur mode de désignation et donc de "remplacement" en cas de disparition.

Concernant les Marja’, leur Ligne est tracée par Dieu mais leur choix est fait de façon consciente par la Umma. Les Prophètes (P) sont reconnus à travers les miracles qu’ils réalisent[22] et la Révélation qu’ils reçoivent tandis que les Imams (P) nous sont révélés par les Prophètes (P), les autres Imams ou par des preuves irréfutables.

I-2 LES DETENTEURS DU POUVOIR EN ISLAM :

I-2-1 ULIL-AMR (DETENTEURS DU POUVOIR)

Il est généralement reconnu que les mauvaises œuvres sont le résultat de l’ignorance; plus on connaît, moins on s’expose au risque du pêché ou de la mauvaise action. Le grand nombre de scandales politiques suivis de chutes d’hommes politiques importants dans nos États modernes, qui se voudraient laïques (?) mais sont en tout cas profanes, nous suffit pour prévoir ce qui se passerait s’il s’agissait d’une société qui veut réaliser un projet divin où aucune faute ne serait pardonnée. On comprend dés lors pourquoi on exige de l’Imam (P) la perfection.

Tout ce qui a été dit ci-dessus à propos des Prophètes (P) et des Imams (P) sur le pouvoir et son exercice dans l’Islam est confirmé très clairement par ce verset, et bien d’autres, du Saint Coran:

« O vous qui croyez! Obéissez à Dieu, au Prophète et à ceux d’entre vous qui détiennent le Commandement (ûlil-amr) ! Et si vous divergez au sujet d’une chose, renvoyez-la à Dieu et au Prophète; si vous croyez en Dieu et au jour dernier. C’est préférable et meilleur comme interprétation. » (An-Nisâ’, 4 : 59)

D’après ce verset les détenteurs du pouvoir en Islam sont: Dieu Lui-même, Son Prophète et ceux qui détiennent le Commandement. Ainsi, obéir aux détenteurs du commandement (ulil-amr) c’est obéir à Dieu et au Prophète (P); il est alors inadmissible que de tels dirigeants puissent commettre ou faire commettre des erreurs encore moins être des dictateurs, des ignorants ou des pêcheurs sinon ... ils nous feraient désobéir à Dieu!

Il apparaît ainsi de façon évidente que l’Islam recommande vivement - sinon exige - que les détenteurs du Commandement soient des hommes infaillibles donc des Imams (P) ou alors des Khalifes qui sont alors assistés de façon très rapprochée et assidue par un Imam (p) qui les éloigne de l’erreur grâce à sa guidance de sorte que les deux Lignes du Khilafat et de l’Imamat restent toujours concomitantes.

L’histoire nous prouve que lorsque l’Imam (P) n’est pas Khalife surtout que le Khalife n’est dans ce cas jamais totalement soumis à l’Imam (P) alors on s’écarte de plus en plus du chemin de Dieu.

Un exemple simple dans notre environnement immédiat ou médiat pour illustrer la nécessité de l’infaillibilité - toutes proportions gardées! - pourrait être trouvé dans le cadre d’une entreprise ou d’un service donc une organisation hiérarchisée.

En effet un employé quelconque doit obéissance à son supérieur hiérarchique et au chef de l’organisation. Cependant s’il commet une faute en exécutant correctement un ordre provenant de son supérieur hiérarchique ou du chef, le droit positif prévoit de sanctionner selon leur degré de responsabilité aussi bien cet exécutant que son donneur d’ordre qui pourrait être le grand chef. Mais il arrive souvent que la preuve de la responsabilité du donneur d’ordre ne puisse être faite et alors c’est l’exécutant qui porte fort injustement l’entière responsabilité de sa faute. Voilà devant la justice des hommes un cas d’injustice flagrante et fréquente où la référence ultime en matière de justice et de commandement est elle-même injuste, alors qu’en Islam cette référence, infaillible, est Dieu et Son Prophète (p) à travers le gardien de la Révélation qu’est l’Imam (p).

Enfin nous allons raffermir notre conviction à travers ce hadith autour duquel l’unanimité s’est faite:

«Quiconque s’approprie une bonne tradition en détient du même coup tous les bienfaits au même titre que l’initiateur de cette tradition; inversement les méfaits seront proportionnels dans le cas d’une mauvaise tradition. »

I-2-2 LE CHOIX DU SUCCESSEUR DU PROPHETE (P))

L’histoire de la Lignée des Prophètes (P) nous montre que le successeur du Prophète était habituellement choisi - par Dieu - parmi les descendants ou proches du Messager nés dans sa maison et n’ayant connu d’autre éducation que la sienne. Bien avant l’avènement du Prophète Muhammad (P), Dieu a plusieurs fois choisi les successeurs de Ses messagers parmi leurs descendants:

« Nous avions envoyé Noé et Abraham et Nous avions établi, chez leurs descendants, la prophétie et le Livre. » (Hadîd, 57 : 26 ).

« Nous lui avons donné Isaac et Jacob. Nous les avons tous deux dirigés. Nous avions auparavant dirigé Noé, et, parmi ses descendants: David, Salomon … » (An’âm, 6 : 84 )

Ce qui est mis en exergue ici c’est la formation et l’ éducation sans lesquelles la seule parenté au sens de Dieu n’a aucune valeur. La preuve est dans le verset suivant :

« Lorsque son Seigneur éprouva Abraham par certains ordres, et que celui-ci les eut accomplis, Dieu dit :“Je vais faire de toi un Imam pour les hommes. ”

Abraham dit :

“Et pour ma descendance aussi ?”

“ Mon alliance ne concerne pas les injustes.”» (Baqara, 2 : 124).

Donc il ne suffit pas d’être un fils de Prophète (P) ou un de ses proches pour être un Imam. C’est Dieu qui désigne qui Il veut et quand Il le veut.

Ainsi le Prophète de l’Islam (P) se devait-il de respecter cette coutume divine car Dieu affirme dans le Coran qu’Il ne change pas les coutumes qu’Il a établies entre Lui et Ses créatures :

« Allah ne prive un peuple de Ses Bénédictions que si ce peuple change lui-même ses nobles habitudes. » (Al-Anfâl, 8 : 53).

Citons quelques exemples qui illustrent cette tradition qui consiste chez les Prophètes à se faire succéder par un de leurs descendants ou un de leurs proches :

*        Adam (P), le premier des bergers des âmes, a eu pour successeur Chi’th en disant de lui :

« Celui-là est le meilleur d’entre ceux qui me survivront.» [23]

*        Nuh’ (P) trouva son successeur en Saam (P) sur ordre de Dieu.

*        Dieu désigna Yusha’ (P) pour succéder à Mûssa (P).

*        Assif Bune Barkhiya (P) poursuivit l’œuvre divine de Suleymane (P).

*        Pour ‘Issa (P) le meilleur des hommes après lui fut Cham’une Al Safa (P).

*        Le Prophète de l’Islam (P), lui, a dit de Ali (P) : «Celui dont je suis le maître, voici Ali qui sera son maître.», comme le rapportent les hadiths authentiques du Prophète (p) reconnus par tous les groupes de l’Islam.

Par ailleurs, la situation chronologique particulière du Prophète de l’Islam (p) dans la Lignée des Envoyés de Dieu et le "souci" de laisser à l’homme une Lignée de Guides après Son dernier Envoyé pourraient être, entre autres raisons que le Tout - Puissant est le Seul à détenir toutes, à l’origine de la place exceptionnelle faite par Dieu Lui-même à la Descendance de Muhammad (P) : Ahlul Bayt (Gens de la Maison) ou Ahlu Zikr (Gens du Discours ou du Rappel) ou Ahlul Kissa (Gens de la Couverture ou du Manteau de la Prophétie sous lequel le Prophète (P) a reçu une fois la Révélation de Dieu en compagnie de ‘Ali (P), Fatima (P), Hassan (P) et Hussein (P)[24]). C’est là l’objet du chapitre suivant.

II - LA DESCENDANCE PURIFIEE DU PROPHETE DE L’ISLAM (P) :

II-1 PRINCIPES GENERAUX

Tous les musulmans sont unanimes autour des points suivants :

*        Le Coran est la Parole de Dieu, immuable et inimitable.

*        On ne peut y ajouter ni en soustraire le moindre signe.

*        Nous avons le devoir absolu de respecter les enseignements du Coran et d’observer étroitement les prescriptions divines qui nous y sont données.

*        Le Coran a fait l’objet d’une interprétation par le Prophète (P) lui-même pour l’expliquer et en faciliter l’accès à sa communauté.

S’il y a divergence entre les musulmans c’est seulement dans la réponse à la question : vers qui faut-il se tourner pour avoir la bonne interprétation ?

Nous allons chercher la réponse à cette question dans le Saint Coran qui a, encore une fois comme dans bien d’autres domaines, clairement et définitivement tranché sur cette question.

Alors, peut-on au gré de quelques vils intérêts terrestres - on pourrait trouver d’autres motifs tout aussi inacceptables tels que l’ignorance et le refus "jahilien" du changement - peut-on donc tantôt croire tantôt ne pas croire au Coran pourtant reconnu comme Parole de Dieu donc Vérité Absolue ? Assurément non ! Que Dieu nous garde d’une telle turpitude !

Voyons à présent des preuves (Al’Adîla) irréfutables que nous donne la Parole de Dieu. Nous vous proposons douze citations du Coran que nous tenterons d’interpréter à la lumière de quelques hadiths reconnus comme véridiques par la presque totalité des musulmans, toutes tendances confondues. Ce sont des preuves qui attestent que Dieu nous a laissé pour nous guider dans le chemin qui mène à la perfection deux choses : le Coran et la descendance purifiée (Ahlul Bayt) de Muhammad (P); en particulier parmi cette descendance le premier Imam après lui, désigné par Dieu bien sûr, est Ali Ibn Abu Taalib (P).

Un bref rappel historique sur leurs liens de parenté : le père de l’Imam Ali (P), Abou Taalib (P), est l’oncle paternel du Prophète (P) et a élevé le Prophète (P) de façon privilégiée par rapport à ses nombreux autres enfants. Ce dernier à son tour éduqua avec beaucoup d’amour son jeune cousin Ali (P) (ainsi donc ce dernier n’a jamais été jahilite[25]) à qui il donna en mariage sur ordre de Dieu sa fille préférée Fatima (P). L’Imam Ali (P) avait huit (8) ans lorsque le Message descendit pour la première fois sur le Prophète (P) à l’âge de quarante (40) ans la nuit d’un lundi. L’Imam Ali (P) l’a cru dés le lendemain et devint ainsi le premier musulman.


II-2 LES PREUVES (AL’ADILLA)

II-2-1 Concernant Ahlul Bayt

P1 « Demandez donc aux Gens du Rappel (Zikr) si vous ne savez pas. » (Nahl, 16 : 43)

Ce verset tout bref qu’il est n’en donne pas moins une indication d’une importance capitale pour qui a lu au moins une fois le Saint Coran. En effet, on se rend compte très vite que le Livre de Dieu ne donne pas toujours les détails d’exécution des prescriptions mais bien souvent seulement les grands principes qui les régissent, en somme le fond mais pas la forme. Un peu de la même façon que la graine contient l’arbre sans en comporter, dans un état de développement définitif, les différents éléments constitutifs que sont les feuilles, les branches, le tronc et les racines.

Certes la Sunna du Prophète à travers les Hadiths, nous permet d’en comprendre l’essentiel mais il restera toujours des versets à propos desquels diverses interprétations contradictoires seront données et il en sera de même de quelques situations vécues avec l’évolution des hommes dans le temps qui nécessiteront la Lumière du Coran. De ce point de vue, la science de l’exégèse coranique (Tâfsir) est bien à propos.

Dieu, Qui n’omet jamais rien et Qui prévoit toujours tout, a désigné parmi et pour les hommes des privilégiés, les Gens du Rappel ou Ahlul Bayt (Gens de la Maison) ou encore Ahlul Kissa (Gens du Manteau) vers qui on doit se tourner lorsqu’on veut savoir. Ceux-là sont des « rassikhouna fil’îlmi » : ils ont totalement intégré les valeurs des connaissances qu’ils professent car c’est Dieu Lui-même qui les a dotés d’une telle Connaissance, au véritable sens du mot.

Pratiquement tout le monde musulman est d’accord sur l’identité des Ahlul Bayt ou Ahluz-zikr : il s’agit du Prophète (P), de Ali (P), Fâtima (P), Al Hassan (P), Al Hussein (P). Les quelques rares personnes qui n’acceptent pas cette évidence - voir les commentaires du verset P2 ci dessous - ne mettent personne d’autre à la place de ces illustres personnes.

Cependant il est naturel et logique d’étendre cette appellation à toute la lignée de leurs descendants purifiés (c'est-à-dire les 9 imams de la lignée d’Al Hussein (P) Pour trois raisons, entre autres:

- Le Prophète (P) dit dans un Hadith rapporté par Tabari, une des grandes références, dans son « Tafsir Al Qurân » - rapporté aussi par d’autres - que les descendants de Ali et Fâtima sont encore des Purifiés.

- La vie du Prophète (P) n’étant pas suffisamment longue pour lui permettre d’éclairer la communauté sur tous les versets coraniques, Dieu a désigné les Imams (P) pour préserver et perpétuer Son Œuvre sur terre. Ces derniers se sont transmis ce divin Héritage depuis le Prophète jusqu’au Mahdi (P) en passant d’abord par Ali (P) puis Al Hassan (P), Al Hussein (P), etc. Cette chaîne de successions est annoncée dans le Coran et confirmée par des hadiths (voir I-1-2-3 sur les Imams et les versets cités ci-dessous).

Pour avoir été terriblement martyrisé et humilié - sa tête tranchée fut promenée à travers plusieurs contrées et 70 membres de sa famille et compagnons furent horriblement massacrés avec lui lors de la bataille de Karbala - Al Hussein (P) fut donc récompensé à travers trois bienfaits :

-                    &n bsp; Les neuf Imams qui l’ont suivi ont été choisis par Dieu parmi sa descendance.

-                    &n bsp; Le lieu, plus particulièrement le mausolée, où il a été humilié est devenu un lieu saint et béni de Dieu où toute prière saine est acceptée.

-                    &n bsp; Le sol qui a bu son sang est béni de Dieu et permet de soigner bien des maladies.

Enfin, nous allons citer un Hadith dit des deux poids (Hadith-ul thaqalayni) qui renforce s’il en est besoin le verset P1 :

« Je vous lègue deux poids: le premier c’est le Livre de Dieu dans lequel sont votre Guidance et votre Lumière. Puisez dans ce Livre et accrochez-vous à ce Livre et à ma descendance (Ahl-ul-Beyt), ma descendance, ma descendance. », D’après Sahih Muslim de Muslim, Tome II à la page 238.

Imam Ahmad a rapporté ce Hadith sous une autre forme avec toutefois le même fond dans ses Musnad tome V pages 182 et 189 ainsi que dans le tome III pages 17 et 26 :

« Je vous lègue deux poids: le premier est le Livre de Dieu, le deuxième c’est ma descendance. Le Livre de Dieu et ma descendance c’est une corde tendue entre le ciel et la terre. Al Latifoul Khabirou (Dieu) m’a dit que ces deux ne se sépareront jamais jusqu’à la fontaine de Kawçar. »

Tabarâni rapporte également ce hadith dans Al Kanz page 44 tome I. De même que Hâkim dans le Volume III de son Mustadrak page 148. Egalement Tabarî, Ibn Khaldun, Abul Fidâh, entre autres.

De tout ce qui précède nous concluons simplement qu’à la question « vers qui se diriger pour avoir la bonne interprétation du Coran », Dieu nous répond: « vers la descendance purifiée du Prophète ».

P2 « Dieu ne veut autre chose, en vérité, que faire partir de vous la souillure, gens de la maison, et vous purifier de purification parfaite. » (Ahzab, 33 : 33)

Pour bien comprendre ce verset plus connu sous le nom de verset de la purification, il est nécessaire et peut-être suffisant de rappeler les circonstances de sa révélation.

En effet, le Prophète (P) se trouvait au moment de sa révélation chez son épouse Umm Salama, Mère des Croyants connue pour sa piété et ses vertus. Umm Salama dit d’après un Hadith tiré de Yanâbi al Mawada (page 125) de Al Ghanduzi :

« C’est chez moi que fut descendu le verset de la purification. Un jour, Fâtima était venue avec une marmite contenant une soupe de viande. Le Prophète lui dit: "Appelle ton mari, ainsi que (tes enfants) Hassan et Hossein." Elle les fit venir. Ils étaient en train de manger quand fut révélé le verset. Puis le Prophète les recouvrit avec un manteau de Khaybar qu’il portait sur lui, et dit: "Mon Dieu, ceux-là sont les Gens de ma Maison, et mes protégés; éloigne d’eux la souillure et purifie-les complètement!" »

‘Umar Ibn Abi Salama, beau-fils du Prophète (P), confirme les paroles de sa mère dans les mêmes termes en y ajoutant qu’à la suite Umm Salama demanda : «Suis-je avec eux, O Prophète de Dieu ? ». Le Prophète lui répondit: « Tu as ton rang, et tu es pour le mieux. »

Bien des savants sunnites professent que ce verset a été révélé à l’endroit du Prophète et des quatre autres personnes citées précédemment. Donnons quelques références: Al Ghanduzi dans Yanâbi al Mawada, page 126; Al Suyûti dans Al-Durr Al-Mansûr, Tome V, page199; Ahmad Ibn Hanbal dans Moussnad Tome I, page 331; Fakhr Râzi dans Tafsîr, tome I, page 783; Ibn Hajar dans Sawâiq, page 85; etc.

D’ailleurs Al Ghanduzi rajoute à la même page précitée : 

« Cette tradition est bonne, et sa chaîne de transmetteurs est authentique, de sorte qu’elle est la meilleure tradition, dans ce sujet .»

Egalement dans Sahih de Muslim, Aïcha, la Mère des Croyants, confirme:

« Le Prophète portant un manteau de poils de chameau, allait sortir très tôt le matin, quand Hassan arriva. Il le fit entrer sous le manteau. Hussein arriva à son tour, il le fit entrer aussi; puis Fâtima, puis Ali. Le Prophète récita alors le verset de la purification. »

Enfin Al-Souyoûti dans Al-Durr Al-Mansûr rapporte le discours de Ibn Abbas transmis par Tarofa : « Nous avons vu l’Envoyé de Dieu venir pendant neuf mois consécutifs devant la maison de Ali Ibn Abi Tâlib, au moment des prières et dire : « Que la paix, la bénédiction et la clémence de Dieu soient avec vous, O Gens de la Maison » et puis réciter le verset de la purification.». Ce Hadith a été aussi rapporté selon Abu al-Hamrâ par Tabarâni, par Ibn Jarir et par Ibn Mardawyh.

Une fois les circonstances de la révélation éclaircies, nous pouvons à présent contrarier facilement et avec de simples arguments sémantique et grammatical ceux qui ont tenté de donner une autre interprétation à ce verset.

Ces détracteurs soutiennent l’idée que ce verset s’adresse aux femmes du Prophète (P) ou encore que la souillure dont il s’agit n’est que d’ordre physique. Or du début de ce verset :

« Tenez vous dignes... »

jusqu’à :

« ...obéissez à Dieu et à son Messager. »,

Dieu s’adresse à des femmes au vu de la marque du féminin pluriel « na » à la fin des mots. Et sitôt après Dieu s’adresse aux Ahlul Bayt au masculin pluriel, les mots se terminant par « koumou ». A supposer même que les femmes du Prophète en fassent parties, alors faudrait-il oser soutenir et démontrer qu’elles sont aussi purifiées que les Gens de la Maison alors que le Prophète leur demande de garder leur rang à elles.

Quant au mot rijsa utilisé dans le verset et qui est traduit par le mot souillure, il est clair qu’il signifie aussi bien la souillure physique que celle plus subtile d’ordre spirituel. En effet les boissons fermentées, le jeu de hasard, les stèles, les flèches divinatoires sont rijsa (Al Ma’ida, 5 : 90), la viande de porc, le sang sont rijsa (Al-An’âm, 6 : 145), la mécréance est rijsa (Al Tawba, 9 : 125). Egalement lorsqu’on est en situation d’impureté (souillure physique) et qu’on n’a pas d’eau pour faire ses ablutions Dieu nous autorise à nous purifier à travers une simple pierre; ce qui traduit que la purification exigée pour prier est d’abord et surtout spirituelle alors qu’elle a une apparence bien physique. On voit bien qu’il est difficile voire erroné de détacher le physique du spirituel en matière de souillure d’autant plus que la souillure externe chez un purifié pourrait être dépolarisée c’est à dire vécue en bien.

Nous pouvons ainsi déduire de ces quelques lignes que le verset de la purification nous assure de la pureté parfaite des Ahlul Bayt qui sont la descendance du Prophète de l’Islam (p).

P3 « Ensuite nous fîmes hériter du Livre ceux de Nos adorateurs que Nous avons purifiés. » (Fâtir, 35 : 33)

Dieu nous confirme dans ce verset ce que nous venons de commenter pour le verset de la purification: après les avoir purifiés ( le même mot : al Mutaharuna dans les deux versets) Dieu a fait hériter les Ahlul Bayt du Savoir Suprême, la Connaissance du Coran, Source de Guidance pour la Umma.

Citons à ce propos le Hadithou’Safîna (tradition de l’Arche) rapporté par Al Hâkim, d’après Abi Dharr page 151 du Volume 3 d’Al Mustadrak :

« Mes Ahlul Bayt sont parmi vous comme l’Arche de Nuh’; qui y monte est sauvé et qui s’en détache se noie et périt. »

Al Tabarâni, dans Al Awsat d’après Abî Sa’ïd, ajoute ceci: «Mes Ahlul Bayt sont parmi vous comme la porte de la rémission des enfants d’Israël, qui y rentre est pardonné » et aussi dans Al Sawa’îkh page 89: « Que soient mes Ahlul Bayt pour vous, ce qu’est la tête pour le corps, les yeux pour la tête qui ne trouve son chemin que par eux. » .

Dans une autre tradition rapportée par Ibn Hadjar dans Al Sawa’ikh al Muhrikha aux pages 148 et 226 le Prophète (P) dit : « Ne les devancez pas, vous périrez, ne vous en éloignez pas, vous périrez, et ne leur donnez pas de leçons, ils sont plus savants que vous. » Al Ganduzi confirme ce Hadith dans Yanabî’ al Mawwadda aux pages 41 et 355.

Après avoir cité ces hadiths Ibn Hadjar explique: « Les comparer à l’Arche de Nuh’ signifie que ceux qui les aiment et les glorifient en signe de remerciements pour la grâce de Celui qui les a honorés, et qui trouvent leur voie en suivant leurs Imams, sont sauvés des ténèbres de la discorde, mais ceux qui s’en écartent se noieront dans la mer de l’ingratitude et périront dans les antres de l’injustice. »

Ce verset confirmé et étayé par ces quelques Hadiths du Prophète (P), nous désignent sans aucune ambiguïté les véritables et uniques Héritiers de la Connaissance des Ma’aânis (le sens profond) du Coran: les purifiés que sont les Ahlul Bayt (P).

P4 « C’est ce dont Dieu fait bonne annonce à ceux de Ses esclaves qui croient et font bonne œuvre! - Dis: " Je ne vous en demande de salaire qu’un amour pour mes proches." » (Chûra, 42 : 23).

L’Annonce que Dieu fait ici à Ses pieux adorateurs est la religion de la Soumission (l’Islam). Le Tout-Puissant n’en demande de salaire pour le Prophète (P) qui est Son Envoyé, c’est-à-dire celui-là même qui a accompli l’Œuvre de Dieu sur terre et qui mérite les marques de reconnaissance de sa communauté, qu’un amour pour ses proches (khurba) c’est-à-dire sa descendance.

A présent donnons quelques Hadiths du Saint Prophète (P) relatifs à ce verset et rapportés par des savants de très grande notoriété:

D’après Al Tabaranî dans Al Awçat repris par Al Suyûti dans Ihya’al Mayyit, le Prophète (P) dit: « Conservez votre affection pour Ahlul Bayt. Qui retrouve Allah en nous aimant, entrera au Paradis par notre intercession. Par Celui qui tient mon âme entre Ses mains, l’acte du serviteur ne sera reconnu que s’il connaît notre droit. »

« La reconnaissance de la Famille de Muhammad disculpe du feu. L’amour de la Famille de Muhammad permet d’accéder au chemin, la soumission à la Famille de Muhammad est un refuge contre la souffrance. » cité par le juge Aya’d dans un chapitre de Al Shifâ’ au début de la page 40 de la deuxième partie.

« Au jour dernier, les pas du serviteur ne passeront pas avant qu’il ne soit questionné à propos de quatre: son âge et comment il le consacra, son corps et comment il l’usa, sa fortune et comment il la dépensa et d’où il la tira, et son amour pour nous, les Ahlul Bayt. » rapporté par Al Tabarani d’après Ibn Abbas, cité par Al Souyoûti.

« Qui passe son temps à la Mecque, prie et jeûne mais déteste la Famille de Muhammad, ira au feu. » rapporté par Al Tabarani et par Hâkim.

« Moi, mes délicieux enfants et ma descendance bienveillante sommes les plus cléments d’entre les enfants et les plus savants d’entre les adultes, c’est en nous qu’Allah renie le mensonge, qu’Il arrache les canines des chiens, c’est par nous qu’Il délie vos chaînes, qu’Il dénoue le nœud autour de vos cous, c’est par nous qu’Il ouvre et qu’Il ferme. » cité dans Kanz al Ummal volume 6 page 396.

« Les aimer c’est croire, les détester c’est mécroire, s’en rapprocher constitue le Salut et le Refuge. Si l’on compte qui sont les pieux, ce sont leurs Imams ou si l’on demande qui sont les meilleurs de la terre, il sera répondu: eux. » Dit Al Farazdaq à leur propos.

 L’Imam Al Chafî’ un des quatre Imams des grandes Écoles sunnites dit dans un très beau poème:

« O Famille du Prophète, vous aimer est un ordre donné par Allah et révélé par le Coran. Il suffit, qu’en signe du grand honneur qui vous est dû, que la prière de celui qui ne vous salue pas devienne nulle. »

Bien d’autres versets du Coran nous font obligation de les aimer - mais aussi et surtout de suivre leurs enseignements comme on l’a montré dans les commentaires du verset P3 - ainsi que de multiples autres Hadiths et poèmes faits par des savants qui font autorité dans le monde musulman.

Il est dés lors clair que tout musulman sincère se doit:

*        D’avoir pour guides les Ahlul Bayt et la lignée d’Imams issue d’eux.

*        D’aimer et de vénérer la descendance du Prophète Muhammad (P).

P5 « Si quelqu’un te contredit après ce que tu as reçu en fait de science, dis: Venez ! Appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nous-mêmes et vous-mêmes nous ferons alors une exécration réciproque en appelant une malédiction de Dieu sur les menteurs. » (Al-îmran, 3 : 61)

Ce verset, connu sous le nom de Aya-al-Moubahala (Verset de l’exécration) a été révélé au Saint Prophète (P) à la suite d’une lettre adressée aux chrétiens de Najrân les appelant à sa Foi. En réponse ils sélectionnèrent parmi eux quatorze hommes - des Évêques et des Prêtres - pour aller à Médine s’informer tant de la religion que des mérites du Prophète (P); leur véritable dessein étant bien sûr d’arriver à faire prévaloir leur religion devant celle des musulmans et pouvoir ainsi rester dans leur Foi.

Devant le refus du Prophète (P) de les recevoir ‘Ali (P) leur conseilla d’ôter leurs vêtements de soie et leurs bagues en or. Ils s’exécutèrent et furent alors aimablement reçus par le Prophète. Lors d’une discussion sur Jésus (P), le Prophète leur expliqua que Jésus (P) n’était qu’un Prophète.

Après cette rencontre, les versets suivants furent révélés au Prophète (P) :

«En effet, il en est de Jésus comme d’Adam auprès de Dieu : Dieu l’a créé de terre, puis Il lui a dit : « sois », et il fut. 

La vérité est de ton Seigneur. Ne sois donc pas du nombre des sceptiques.

Si quelqu’un te contredit après ce que tu as reçu en fait de science, dis : « Venez ! Appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nous-mêmes et vous-mêmes : nous ferons alors une exécration réciproque en appelant une malédiction de Dieu sur les menteurs. » » (Al-îmran, 3 : 59 à 61)

De retour de leur congé à la recherche d’arguments, les chrétiens délégués furent alors informés du Décret de Dieu et l’acceptèrent comme un moyen de mettre fin à la discussion, respectant en cela une vieille tradition arabe de cette époque, la Mubahala (épreuve de mutuelle malédiction ou encore une sorte d’ordalie).

Le jour du rendez-vous, le Prophète (P) en se rendant au lieu choisi pour l’épreuve, tenait Al Hassan (P) d’une main et Al Hussein (P) de l’autre, représentant « nos fils ».Sa fille Fatima (P), représentant « nos femmes », marchait derrière lui suivi de ‘Ali (P) assimilé à la propre personne du Prophète (P), en d’autre terme son alter - ego, dans l’expression « nous-mêmes »[26]. Ce point de vue sur ce que représentait chaque personne présente autour du Prophète (P) n’est pas sujet de discussion car l’unanimité s’est faite autour de cette interprétation.

Avant de se rendre au lieu susdit, l’Archevêque aurait conseillé à ses hommes de ne pas accepter de jurer au cas où le Prophète (P) ne se serait entouré que des membres de sa Famille. Dans le cas contraire, il leur aurait recommandé de ne pas hésiter à aller jusqu’au bout.

A la vue d’une aussi sainte constellation, l’Archevêque et ses hommes craignant alors pour leur sort, renoncèrent à subir l’épreuve de Mubahala. Ils trouvèrent leur salut dans la promesse de payer un tribut annuel d’environ quatre vingt mille dirhams.

Nous devons retenir là que le Prophète (P), en se faisant entourer de ‘Ali (P), Fatima (P), Al Hassan (P) et Al Hussein (P), a voulu démontrer aux yeux du monde et en prenant Dieu pour Témoin que seuls ceux-là étaient en mesure de tenir un tel défi en faisant exaucer son Vœu grâce à leur pureté parfaite (Voir le verset de la purification P2 ).

P6 « Mais non! Je jure par les couchers d’étoiles! - Et vraiment c’est un serment énorme, si vous saviez! - que ceci est certes oui une noble lecture, dans un Livre codé que seuls les purifiés touchent. » (Wâqi’a, 56 : 75 à 79)

Dieu achève de nous convaincre - Il « jure »! - que Son Livre est « codé » et que « seuls les purifiés le touchent ».

Certains traducteurs du Coran - notamment Muhammad Hamidoullah et Yûssuf ‘Ali - ont utilisé « bien gardé » à la place de « codé ».Cependant ce dernier mot traduit mieux en effet le terme arabe « mak-nûne » qui signifie que le Coran est certes un Livre donc physique mais qu’Il est surtout une Subtilité Divine à la compréhension profonde de laquelle ne peuvent avoir accès que des Privilégiés. Lesquels Privilégiés sont les Purifiés, Al Moutaharouna. La même expression, Al Moutaharouna, est utilisée pour désigner les membres de la Famille du Prophète (P) dans le verset de la Purification P2. S’agirait-il d’une coïncidence ?!

Rappelons-nous, pour répondre à cette question, du verset P1 où Dieu nous dit : «Demandez aux Gens du Zikr si vous ne savez pas.» Ainsi donc l’on comprend que les Ahlul-Bayt ont été purifiés par Dieu et sont de ce fait les seuls en mesure de porter à notre entendement les méandres du Livre codé qu’est le Coran. Le lien entre ces trois versets - P1, P2 et P6 - est clairement établi. Il ne s’agit point de coïncidence mais d’un lien étroit et explicite.

Aussi est-il évident qu’il ne s’agit pas ici d’un simple toucher physique comme l’ont souvent mal interprété certains exégètes. Car c’est Dieu Lui-même qui assure que seuls les purifiés peuvent toucher ce Livre. Or on sait que n’importe qui peut s’emparer d’un livre, fut-il le Coran, et donc le toucher au sens physique. Et même pire que cela, des gens ont brûlé le Coran d’autres L’ont déchiré et malgré tout Il est encore là et sera toujours et au delà des jours là.

Par ailleurs il relève du simple bon sens que tout musulman doit se purifier avant tout acte cultuel - pas seulement lors du toucher du Coran - et même si possible en permanence. Le Prophète (P) a de tout temps réservé une place de choix dans ses enseignements à l’hygiène et à la propreté.

II-2-2 Concernant l’Imam Ali

P7 « Et avertis ton clan le plus proche. » (Al-Chu’arâ, 26 : 214)

C’était aux premiers temps de l’Islam à la quatrième année de sa mission. Lorsque le Prophète reçut cet Ordre de Dieu d’avertir ses proches parents, il invita les enfants de Abdoul Mouttalib à un entretien dans ce but.

Une première rencontre eut lieu. Le Prophète (P) demanda à l’Imam Ali (P) de préparer le repas pour une quarantaine de personnes avec seulement deux kilogrammes et demi, soit un sâh, de farine de blé et un gigot de viande. L’ Imam Ali (P) s’exécuta et non seulement tout le monde mangea à sa faim mais la nourriture resta. Ce miracle fit dire à Abou Lahab que le Prophète (P) les avait ensorcelés. Suite à cette déclaration les hôtes du Prophète quittèrent les lieux sans avoir attendu l’objet de la réunion.

Une deuxième rencontre fut alors convoquée par le Prophète dans les mêmes conditions d’organisation et avec le même miracle. Cette fois-ci on l’écouta.

Le Prophète dit ceci :

« Ô fils de Abdul Muttalib, je jure par Dieu que je ne connais pas un jeune dans le monde arabe qui a amené quelque chose de meilleur que ce que je vous ai amené car je vous ai amené le meilleur qui soit dans ce monde et dans l’Au-delà. Dieu m’a ordonné de vous appeler à Cela.

Dieu n’a jamais envoyé de Prophète sans qu’Il ait désigné son successeur parmi ses propres parents. Qui va m’assister dorénavant dans ma noble tâche et être ainsi mon frère, mon héritier et mon successeur? Il sera pour moi ce que fut Harun pour Moïse. »

Devant le mutisme teinté d’incrédulité et de railleries de l’assistance, le jeune ‘Ali (P) se leva aussitôt et se porta volontaire avec véhémence pour une telle mission. Cependant, afin de laisser la possibilité à d’autres candidats de se proposer, ce ne fut qu’au troisième appel que le Prophète accepta l’unique proposition venant de ‘Ali (P).

Le Prophète l’entoura de ses bras et portant haut son bras, dit :

«Voilà mon frère, mon lieutenant, mon successeur, mon Khalife sur vous. Ecoutez-le tous et obéissez-lui. »

La réunion terminée, l’assemblée se disloqua. Certains, se moquant de Abu Talib (P), lui faisaient remarquer qu’on venait de lui ordonner ainsi d’obéir à son fils.

Cette histoire a été ainsi racontée par plusieurs sources parmi lesquelles on peut citer:

*        Ibnul Açir dans Al Kâmil page 24.

*        Souyoûti dans Jamoul Jawami tome VI pages 392, 396, 397.

*        Al Muharîkh (l’historien) Jorgy Zeïdan dans Tarikhou Tamadoûnoul Islami tome I page 31.

*        L’érudit Mohammed Hassanil Haïkal dans Hayyat Mohammed page 104, 1ère édition.

*        L’Imam Ahmad dans ses Musnad tome I page 111.

*        Le savant Al Kanji Ashaf-hi dans Fil Kifâya page 89.

*        Tabari dans ses Fi Tawârikh.

*        Ibn Abil Hadid dans Charhou Nahj tome III page 255.

*        Également deux occidentaux bien connus dans le monde islamique: l’anglais Georgis dans Makhalatoune fil Islam (Un mot sur l’Islam) et Thomas Carlyl dans Al Abtal (Les Héros).

L’on est en droit de tirer de ce verset P6 que le successeur du Prophète (P) est bel et bien Ali Ibn Abu Talib (P).

P8 « Et Ibrahîm! ... Quand son Seigneur l’eût éprouvé par de certaines paroles et qu’il les eut accomplies, le Seigneur dit : "Oui, Je vais faire de toi un Imam pour les gens" - "Et de ma descendance ?" demanda-t-il. - "Mon Pacte dit Dieu, ne touche pas les prévaricateurs."» (Baqara, 2 : 124)

Le Prophète Ibrahîm (P) a eu à subir, nous dit le Tout-Puissant, beaucoup d’épreuves avant d’être désigné par Dieu Lui-même Imam. Parmi ces épreuves on peut rappeler: le supplice du feu, l’épreuve de la lune, du soleil, ses tribulations, sa patience et sa fidélité, la construction du Temple de la Ka’bah, l’épreuve du sacrifice de son fils Ismaël (P).

Ceci vient nous confirmer ce que nous disions plus haut à propos de l’Imamat (§ I-1-2-3) : un Imam doit être une personne exceptionnelle à tout point de vue notamment au plan de la Connaissance et de la Spiritualité - donc la moralité - tant passée que présente. En clair, un Imam doit être infaillible et sans pêché tant dans son passé que dans son présent comme l’exprime le mot arabe « az-zâlimina » qui est tantôt traduit par « les injustes », tantôt par « les prévaricateurs » mais qui va plus loin en dénotant le caractère permanent de cette « injustice » passée ou présente; tout comme d’ailleurs sont différentes une personne condamnée puis graciée et une personne qui n’a jamais été condamnée. Ces deux personnes sont certes libres mais elles n’ont pas aux yeux de la Loi le même statut comme l’attestent leurs casiers judiciaires respectifs.

L’Imam ‘Ali (P) n’a pas eu à pratiquer une autre religion que l’Islam. Son Savoir était immense, ses qualités humaines inégalables et ses vertus morales sans faille et ceci de tout temps. Cela est enseigné par toutes les Écoles de l’Islam. Nous vous renvoyons à ce propos au paragraphe concernant l’Imam ‘Ali (P) { § II-3].

De ce fait on est en droit de nous attendre à ce qu’une telle personne puisse être désignée par Dieu Imam, contrairement à bien de ses contemporains qui ont osé se positionner devant lui pour le Pouvoir tout en lui reconnaissant toutes ses qualités extraordinaires et malgré le Choix de Dieu porté sur lui. D’autant plus que de tous ceux qui pensaient pouvoir prétendre à la succession du Prophète (P) il était le seul à en avoir les arguments intellectuels, moraux, spirituels et divins.

P9 « Non, vous n’avez d’autres maîtres que Dieu et Son Messager, et les croyants qui établissent l’office et font la charité cependant qu’ils s’inclinent. » (Ma’îda, 5 : 55)

Dés que ce verset fut révélé au Prophète (P), il sortit de chez lui et se dirigea vers la mosquée. Avant d’y arriver il rencontra un mendiant et lui demanda s’il avait reçu de l’aumône et de qui. Le mendiant lui confirma qu’il venait de recevoir une bague de la part d’une personne qu’il désigna. Il précisa que le donneur était au moment du don en position d’inclinaison dans la prière (Roukou).

Le donneur était l’Imam Ali Ibn Abu Talib (P). Le Prophète (P) convaincu une fois de plus de la position exceptionnelle de l’Imam ‘Ali (P) en tant que son successeur désigné par Dieu, s’émerveilla devant tant de Lumière Divine et confirma ce qu’il dira encore à Ghadir Khom[27] à propos de son illustre second.

Tous les musulmans sont unanimes sur l’interprétation de ce verset quant à son lien avec l’anecdote que nous venons de raconter.

Citons quelques références parmi beaucoup d’autres, ayant trait à cette question:

*        Aboul Hassan ‘Ali Nisabury dans Asbabun-nuzul, page 113 de la version arabe.

*        Suyûti dans Dûrrul Mansûr, tome II page 293.

*        Tabrâni dans Al Awçat.

*        Al Kandji Ashafi-hî dans Kifayatou-talib, page 106.

*        Fakhrou Razzî dans ses tafsir, tome III page 417.

*        Shiblanji dans Nurul Absar, page 105.

*        Zamakhchari dans Al Kachaf, tome I page 422.

*        Tabari dans Zakhaîroul Oukhba, page 88.

Ce verset à lui tout seul aurait suffi pour démontrer - s’il en était encore besoin malgré toutes les déclarations du Prophète (P) - que l’Imam ‘Ali (P) était le successeur désigné par Dieu, du Prophète de l’Islam (P). Ce verset est clair et limpide comme l’eau de source et son interprétation ne souffre d’aucune contestation pour ceux qui comprennent les signes de Dieu.

P10 « Dis :" est-ce qu’ils sont égaux ceux qui savent et ceux qui ne savent pas ?" » (Zumar, 39 : 9)

Le Prophète (P) nous a dit dans un Hadith reconnu par tout le monde musulman :

« Je suis la Cité de la Connaissance et ‘Ali en est la Porte ».

L’Imam ‘Ali (P) lui-même disait souvent:

« Demandez-moi avant que vous ne me perdiez. Il n’y a pas un seul verset qui soit descendu sans que je ne sache à quel moment et dans quel contexte il est descendu. »

Dés lors, il est évident que l’Imam Ali (P) était le plus savant de ses contemporains. Par conséquent, selon ce verset, il était celui-là même qui méritait avant quiconque de porter le flambeau de la Connaissance de l’Islam après le Prophète (P) et diriger la Umma dans le long chemin qui mène à la Société de l’Unicité Divine.

P11 «ô Messager, communique ce qui a été descendu vers toi de la part de ton Seigneur; - si tu ne le faisais pas, alors tu n’aurais pas communiqué Son message. Et Dieu te protégera des gens. Non, Dieu ne guide pas le peuple mécréant. » (Ma’îda, 5 : 67)

Le Saint Prophète (P) de l’Islam reçut ce verset pour les uns à Arafat lors de son dernier pèlerinage à la Mecque, pour les autres après ce pèlerinage alors qu’il en revenait et se trouvait à Ghadir Khom.

Toujours est-il que tout le monde islamique est d’accord pour dire que ce verset est descendu peu de temps avant la fameuse halte à Ghadir Khom que demanda le Prophète à ceux qui l’accompagnaient sur le chemin du retour de son pèlerinage d’adieu.

Ghadir Khom est un endroit aride, désertique et très chaud qui a tout pour ne pas être une oasis paisible. D’aucuns disent qu’on pourrait même y griller de la viande sous la seule chaleur du soleil. C’est dans un pareil endroit que le Prophète (P) a demandé à sa suite d’observer une halte pour qu’il leur parle. On imagine alors qu’il avait quelque chose de vraiment important et urgent à leur communiquer.

Le Prophète (P) fit dresser une chaire faite à base de selles de chameaux. Il demanda ensuite à Bilal de faire l’appel (hayya ala khaïril amal = ô gens accourez à la meilleure des actions) pour rassembler les gens aussi bien les devanciers que les retardataires, soit en tout plus d’une centaine de milliers de personnes.

Il tint l’Imam ‘Ali (P) à sa droite, lui arrangea son turban noir et lui souleva le bras droit en tenant ce langage aux gens :

« Vous croyez qu’il n’y a de dieu que Dieu, que Muhammad (P) est Son messager et Son Prophète, le Paradis et l’enfer sont des vérités, que la mort et la résurrection sont certaines, n’est-ce pas? »

Ils répondirent tous : «Oui, nous le croyons ! »

Il les informa alors qu’il sera bientôt rappelé par son Seigneur, puis il prononça cette adjuration :

« Celui dont je suis le Maître Ali aussi est son Maître. Que Dieu soutienne ceux qui soutiennent Ali et qu’Il soit l’Ennemi de ceux qui deviennent les ennemis de Ali. »

Omar et Abu Bakr firent partie des premiers à féliciter l’Imam Ali. Omar le fit en ces termes :

« Bakhin! Bakhin! (Soit Bravo!) Tu es devenu le maître de tous les croyants et croyantes.»

Par ailleurs dans ce verset P11 Dieu promet protection au Prophète (P) lorsqu’il aura transmis Son Message. En fait il s’agit de la protection contre ceux qui étaient hostiles à l’Imam ‘Ali (P).

En effet l’Imam ‘Ali (P) avait bien des ennemis dans le rang des compagnons du Prophète. Pour plusieurs raisons :

- En protégeant l’Islam et le Prophète (P) il a eu à tuer lors des différentes guerres défensives auxquelles il a participé, les parents au sens large de certains d’entre eux surtout parmi les notables Quraychs et Mecquois.

- La convoitise autour de l’unique fille adorée du Prophète (P) qu’il épousa.

- La fermeture des portes des maisons qui donnaient sur la Mosquée de Médine sauf celle de ‘Ali (P) et Fatima (P). De plus chaque fois qu’il passait devant leur porte il récitait le verset de la purification P2.

- La guerre sainte de Khaïbar à l’occasion de laquelle il s’illustra héroïquement après l’échec de tous les autres chefs de guerre. Devant le mur quasi infranchissable des ennemis juifs de Khaybar, il fut désigné après une nuit de suspense par le Prophète comme étant « celui-là qui aime Dieu et que Dieu aime et qui sera capable de vaincre cet ennemi. »

C’est ainsi que, le Prophète (P) tardant à transmettre le Message de Dieu concernant sa succession - par souci de se voir reprocher d’être partial en choisissant dans sa famille - se fit rappeler par Dieu de « communiquer ce qui a été descendu vers lui de la part de son Seigneur et que s’il ne le faisait pas il n’aurait pas communiqué Son Message ».

 Bien évidemment cette interprétation a été magnifiée et transmise par toutes les chaînes de tradition. Donnons ci-dessous quelques références de taille:

- Nisabury dans Assbabul nuzul.

- Suyûti dans Addurul Mansûr, tome V page 215.

- Râzi dans son Tafsiral Kabir, tome III page 636.

- Bukhari dans ses Sahih, tome VI page 12.

- Hâkim dans Mustadrak, tome III page 148.

- Ibn Abdel Bar Al Andaloussi dans Tajridou Tamhid page 185.

- Muhibudin Tabari dans Zakhaioul Akba, page 19

- Annawawi dans Riyadu Salihina, page 455.

A la fin de cette cérémonie d’installation, le célèbre verset suivant du Coran fut révélé au Prophète (P) :

P12 «Aujourd’hui, j’ai parachevé pour vous votre religion et accompli sur vous mon bienfait. Et il m’agrée que l’Islam soit votre religion. » (Ma’îda, 5 : 3)

Le Prophète (P) se prosterna en signe de gratitude.

II-3 FATIMA ET LES DOUZE IMAMS AHLUL BAYT (P):

Le Prophète (P), Fatima (P), et les douzes imams (P) sont les quatorzes infaillibles. Les cinq premiers: le Prophète (P), l’imam ‘Ali (P), Fatima (P), Al Hassan (P) et Al Hussein (p) sont les gens du manteau car un jour le Prophète les avait enveloppés dans son manteau et il lui fut révélé le verset suivant : « Dieu ne veut autre chose, en vérité, que faire partir de vous la souillure, gens de la maison, et vous purifier de purification parfaite. » (Ahzab, 33 : 33).

II-3-1 QUI ETAIT FATIMA (P) ?

Fatima (P) était la fille unique du Prophète de l’islam (P) et la mère de toute sa descendance. Elle était infaillible comme en atteste le verset cité plus haut, ainsi les paroles prophétiques authentiques parmi lesquelles : « Le contentement de Fatima (P) est mon contentement et mon contentement est le contentement d’Allah. La colère de Fatima (P) est ma colère et ma colère est la colère d’Allah » ou encore « Fatima est la maîtresse des femmes (sayyidatun nisâ) ». Parmi les femmes certaines ont atteint le rang de l’infaillibilité comme le Coran le confirme concernant seyydat Maryam (P) et Fatima (P).

Fatima (P) est née en l’an 6 de la mission prophétique, de la mère des croyants Khadidja bint Khuwaylid (RA).Elle épousa l’imam Ali en l’an 2 de l’Hégire et mourut entre trois et six mois après la mort du Sceau des prophètes à l’âge de dix huit ans. Elle consacra sa vie entre les travaux ménagers, qu’elle partageait à tour de rôle avec sa servante la sainte Fidha, l’éducation de ses enfants et l’adoration nocturne. Elle proposait souvent des solutions aux problèmes des femmes et aidait les nécessiteux du produit de la vente des récoltes de son verger nommé Fadak qu’elle avait reçu du Prophète (P) sur l’ordre d’Allah. Elle était très assidue dans la préservation de la sunna de son père dont elle écrivait les paroles sur une peau qu’elle gardait jalousement. Un jour n’ayant pas retrouvé une de ses précieux objets elle affirma à sa servante que ces écrits lui étaient aussi précieux qu’Al Hassan (P) et Al Hussein (P). Elle était également de très fort caractère ce qui est attesté par le discours qu’elle prononça après la mort de son père (P) dans la mosquée du Prophète (P) et devant tous les musulmans. Fatima (P) était un modèle pour tous les musulmans et musulmanes et cela est reflété par cette parole du Prophète (P) : « Fatima (P) est une partie de moi».

II-3-2 QUI ETAIT L’IMAM ‘ALI (P)

L’Imam ‘Ali (P) naquit à la Mecque 23 ans avant l’Hégire, exactement le 13 du mois de Rajab alors que le Prophète avait 30 ans.

Il est le fils de Abu Talib (P) qui lui-même est le fils de Abdul Muttalib. Ce dernier est le père de Abdallah (P) lequel est le père du Prophète Muhammad (P). L’Imam ‘Ali (P) était le cousin direct du Prophète (P). Sa mère est Fatimâ Bint Assad (RA). Donc l’Imam Ali (P) est né d’un père et d’une mère tous deux Hachimites.

A la suite du décès précoce - dés leur enfance - des deux fils du Prophète (P), Qaçîm (P) et ‘Abdallah (P), Fatimâ Bint Assad (RA) qui portait alors l’Imam dans son ventre s’était promis de confier en signe de compassion son futur enfant à Muhammad (P).

C’est pendant qu’elle faisait le Tawaf (circumbulation) elle fit une prière à la suite de laquelle la Ka’bah se fissura en un endroit du côté de Al Mustadiaar par lequel elle s’introduisit dans la Ka’bah pour donner le jour à son illustre enfant, l’Imam ‘Ali (P).

Le Prophète (P) fut la première personne qu’il vit dés sa naissance. L’Envoyé de Dieu remercia le Tout-Puissant, lava le nouveau-né et prédit qu’à sa mort c’est l’Imam Ali (P) qui fera son bain mortuaire. Cette prédiction se réalisera de façon effective.

L’Imam ‘Ali (P) grandit entre sa mère et le Prophète (P) jusqu’à l’âge de cinq ans puis vécut ensuite en permanence avec le Prophète (P). Il aimait beaucoup l’odeur du Prophète (P) avec qui il partageait le même lit.

Il avait neuf ans lorsque le Prophète de l’Islam (P) qui en avait 40, reçut le Message de Dieu. Le jeune ‘Ali (P) le crut aussitôt sans avoir eu à pratiquer une quelconque autre religion ou croyance. Et cela à un âge où ses actes ne sont pas encore comptabilisés auprès de Dieu. Ainsi donc on peut affirmer qu’il est né musulman.

De plus en tant que premier élève et disciple du Prophète (P), il eut le privilège d’apprendre auprès de son éducateur «  1000 portes de connaissances qui ouvrent 1000 autres portes »[28]. On peut alors comprendre ce Grand Homme lorsqu’il dira plus tard à son peuple : 

« Demandez-moi avant que vous ne me perdiez. Il n’y a pas un seul verset qui soit descendu sans que je ne sache à quel moment et dans quel contexte il est descendu. »

Le Prophète (P) en personne confirma cela  en disant dans un hadith célèbre que nous avons déjà cité :

« Je suis la Cité de la Connaissance et ‘Ali en est la Porte ».

Par ailleurs,il a été rapporté de Ibn Abbas ce hadith très célébre :

« Toute la Connaissance a été divisée en dix parties qui ont toutes été maîtrisées par l’Imam ‘Ali (P). Une seule de ces dix parties a été mise à la portée de toute l’humanité et dans cette dixième partie l’Imam était encore le plus savant.»

Dieu décida que l’Imam Ali (P) épousa la fille et combien adorée  du Prophète (P), Fatimâ Zahra (P). Un mariage « lié par Dieu Lui-même et qui était destiné à être à l’origine d’une progéniture illustre qu’on appelle les fils du Prophète (P) qui sont distingués des autres membres de la umma par leur titre d’Imams ou de Commandeurs des croyants et par leur position de successeurs du Prophète de Dieu (P). », selon Sayyed Safdar Husayn dans « Histoire des premiers temps de l’Islam », page 102; ainsi que l'ont également écrit Tabari et Al Tabrani en citant des hadiths du Prophète.

En effet devant les hésitations de l’Imam ‘Ali (P), dues à la très grande pudeur et au respect immense qu’il nourrissait pour le Prophète , ce dernier (P) appela sa fille Fatima (P) et lui tint ce langage :

« Dieu a élu parmi les plus nobles créatures de la terre deux hommes : ton père et Ali. Dieu a décidé que ma progéniture sortira de toi et lui. »

Dans un autre hadith, qui illustre bien, par ailleurs, ces propos, le Prophète (P) dit:

« Ali et moi, nous étions une seule et même Lumière avant la création de Adam. Cette Lumière se transmit de personne en personne parmi les proches amis de Dieu jusqu'à Abdoul Mouttalib. De là Elle prit deux directions : celle qui mène à Abdallah et l'autre qui aboutit à Abou Talib. La première continue à travers moi tandis que la seconde poursuit son chemin à travers Ali. Ces deux flux se rencontrent à nouveau chez Fâtima qui a engendré ma descendance avec sa lignée d'Imams. »

La douce et obéissante Fâtima (P) acquiesça et accepta ainsi, après avoir poliment refusé maints autres prétendants, que ‘Ali (P) devint son époux. Remarquons à ce propos qu’à plusieurs reprises Fâtima (P) a eu l’occasion de refuser une proposition de mariage devant son père simplement en baissant les yeux ; le père comprenait alors et acceptait sans hésiter la décision de sa fille. Une belle leçon à méditer surtout pour ceux qui prétendent souvent au nom d’une pseudo - tradition pour le moins tyrannique, imposer un conjoint non désiré à leur enfant.

Par ailleurs l’Imam ‘Ali (P) et Fâtima (P) avaient un destin très lié par delà les seuls liens du mariage. C’est d’abord à propos du prophète. On sait en effet que le Prophète (P) a perdu à l’âge de 50 ans la même année, appelée pour cela ‘amul huzn ou année de la tristesse, son oncle qui l’a élevé - Abu Talib (P) - et sa première épouse – Khadija (RA).. Les deux avaient des fonctions de protection vis à vis du Prophète :

*        En tant que notable de la ville et chef de la tribu Banu Hachim, Abu Taleb (P) protégeait le Prophète (P) contre les membres des autres tribus arabes de la Mecque. Pour cette raison d'ailleurs il se fit beaucoup d'ennemis qui finirent par le faire prendre pour ce qu'il n'était pas du tout : un mécréant, mort mécréant. En effet si tel était le cas, comment pourrait-on alors expliquer que le Saint Prophète (P) puisse être affligé à un tel point (Amul huzn) par la mort d'un mécréant, fut-il son oncle, alors que Dieu dit:

« Il n’appartient pas au Prophète et aux croyants d'implorer le pardon en faveur des associateurs, fussent- ils des parents alors qu'il leur est apparu clairement que ce sont les gens de l'Enfer.» (At-Tawba, 9 : 113)

*        Dans un autre registre, Khadija (RA) protégeait le Prophète par sa noblesse familiale Qoraych, sa grande sagesse conseillère et sa respectable richesse matérielle - elle était une très grande commerçante.

Heureusement ces fonctions de protecteurs furent poursuivies par ‘Ali (P) à la place de son père Abu Talib (P) et par Fatima (P) à la place de sa mère Khadija (RA).

Si on devait citer et illustrer toutes les vertus de l’Imam Ali (P), il nous aurait fallu plus qu’un seul livre pour les exposer. On ne saurait tout de même ne pas parler de sa foi sans faille en Allah, de son dévouement sans limites au Prophète (P), de son Savoir sans bornes, de son très grand courage, de ses immenses qualités de justice, de générosité, de bonté, et de charité.

Il prouvera plusieurs fois sa foi sans tâche, son dévouement au Prophète de l’Islam (P) et son courage intrépide en posant des actes très explicites notamment - lors des guerres, toutes défensives, auxquelles il a eu à participer, également lors de l’émigration forcée du Prophète (P) vers Médine (l’Hégire).

En effet il a participé à toutes les guerres saintes sauf à celle de Tabuk. A l’occasion de cette dernière, le Prophète (P) lui demanda de rester à Médine. Les Munafikhines (hypocrites) commencèrent alors à médire en faisant circuler l’idée que le Prophète (P) avait laissé son cousin avec les femmes, tout en insinuant de mauvaises intentions à la hauteur de la jalousie qu’ils nourrissaient pour ‘Ali (P).

L’Imam, atteint par de telles médisances demanda au Prophète (P) de lui permettre de participer à cette guerre. L’Envoyé de Dieu lui dit :

« Est- ce que tu ne veux pas être pour moi ce que Haroun était pour Moûssa sauf qu’il n’y a pas de Prophète après moi ? ». ‘Ali (P) comprit alors la stratégie du Prophète (P) qui voulait laisser un homme de confiance derrière lui pour assurer ses arrières c’est - à - dire pour la sécurité des vieillards, des femmes et des enfants ainsi que la protection de la ville de Médine qui était alors la Capitale de l’Islam.

Une autre guerre qui a beaucoup marqué l’histoire de l’Islam de par les difficultés stratégiques rencontrées, et où l’Imam ‘Ali (P) s’illustra par son courage, sa bravoure mais surtout son auréole d’Élu de Dieu, fut la bataille de Khaybar.

A l’occasion de cette bataille les Musulmans connurent une tâche des plus éprouvantes qui consistait à attaquer une forteresse bien protégée par un rempart infranchissable.

Précisons tout de suite que le motif de cette bataille était essentiellement la violation par les habitants de Khaybar du traité de protection mutuelle entre Médine et Khaybar au bénéfice d’un rapprochement de cette dernière avec la Mecque. Cette violation constituait une menace pour la sécurité des habitants de Médine et en particulier celle du Prophète qui, rappelons-le, a été chassé de la Mecque. En un mot il s’agissait d’une déclaration de guerre des habitants de Khaybar contre ceux de Médine. De là, la bataille était bien défensive.

Pour en revenir à la bataille de Khaybar proprement dite, le Prophète qui souffrait de maux de tête avait successivement désigné plusieurs de ses compagnons parmi lesquels Abu Bakr Ibn Abi Quhâfah, Khalid Ibn Walid, ‘Umar Ibn Al Khattab, pour mener l’assaut contre le rempart ennemi. Mais ils avaient tous échoué devant l’ampleur de la tâche.

C’est ainsi que le Prophète (P) fut amené à prendre la décision suivante :

« Demain je remettrai mon Drapeau à quelqu’un que Dieu et Son Prophète aiment, un éternel fonceur redoutable qui ne tourne jamais le dos à l’adversaire. C’est par lui que le Seigneur accordera la victoire. »[29]

Chacun des principaux compagnons du Prophète (P) était soucieux d’être le lendemain l’illustre élu. Personne ne pensait qu’il pouvait s’agir de l’Imam ‘Ali (P) d’autant plus que ce dernier était non seulement très malade des yeux et ne pouvait rien voir mais aussi était même absent selon certains hadiths (d’après Al Tabarî et Rawdhat al-Ahbâb entre autres). Quelle ne fut alors la surprise de l’assistance lorsque le lendemain le Prophète (P) fit venir ‘Ali (P) et après avoir appliqué sa salive sur ses yeux le guérissant ainsi définitivement de sa maladie, lui demanda de porter son Étendard contre le front ennemi. On dit que l’Imam ‘Ali (P) ne souffrit plus jamais de maux d’yeux jusqu’à la fin de sa vie.

La suite est connue: l’Imam ‘Ali (P) triompha de ses ennemis et fut chaleureusement accueilli par le Prophète (P). Ce dernier encouragea ses adeptes qui avaient échoué tout en citant en exemple l’Imam ‘’Ali (P) à qui il donna le surnom de « Assadullâh » (Le Lion de Dieu) (Voir Gibbon, D. and F. of Roman Empire, vol. V, p.365)

Hormis ces qualités de l’Imam ‘Ali (P) que nous venons de citer et/ou d’illustrer, il est également important de noter sa pudeur exceptionnelle et ses manières fort chevaleresques allant, lors des batailles, jusqu’à tourner le visage devant un ennemi dévêtu, ne jamais poursuivre un fugitif ou encore ne jamais achever un blessé, etc.

Toute sa vie durant, l’Imam ‘Ali (P) eut à faire face à des ennemis de toute nature. Les raisons qui justifiaient ces inimitiés à l’égard de ‘Ali (P ) se nourrissaient toutes si on veut voir dans le terreau de la jalousie (le Prophète sur ordre de Dieu le privilégiait devant tous les autres compagnons), du désir de vengeance et de son corollaire la haine (il avait tué, pour défendre l’Islam, des parents de grands notables de la tribu ennemie des Banou hâchimites que sont les Banou Ummaya).

En effet les privilèges dont jouissait ‘Ali (P) et les motifs de la jalousie et de la haine qu’éprouvaient certains compagnons ou non du Prophète (P) tenaient en ceci :

§          Son père Abu Talib était un des premiers convertis à l’Islam contrairement aux pères d’un grand nombre de compagnons du Prophète et à toutes les tentatives de déformation de l’histoire qui ont voulu faire croire le contraire.

§          L’Imam est le cousin et le gendre du Prophète (P) lequel lui a donné en mariage sa fille unique Fâtima Zahra (P) qui était tant convoitée.

§          Les portes des maisons des compagnons qui donnaient sur la Grande Mosquée de Médine furent toutes fermées sur ordre du Prophète (P) à l’exception de sa propre porte et de celle de ‘Ali (P) et son épouse.

§          Ali (P) a porté l’Étendard du Prophète pratiquement lors de toutes les grandes batailles et notamment à Khaybar où tous les autres Compagnons avaient échoué.

§          Il était le plus savant de toute la communauté après le Prophète (P) qui lui reconnaissait d’ailleurs l’immensité de ses connaissances divines qu’il s’était chargé lui-même de lui inculquer. Rappelons que c’est le Prophète (P) qui l’a éduqué et formé.

‘Ali (P) était un homme d’une droiture exceptionnelle et avait un juste franc-parler.

C’est chargé de tous ces « handicaps » que l’Imam ‘Ali (P) se trouva confronté après la mort du Prophète à des gens qui lui en voulaient pour ses origines banu-hâchimites, pour tous ses succès et sa gloire.

Il fut gardé en résidence surveillée pendant tout le règne des trois premiers califes après le Prophète (P), soit environ trente (30) années. Malgré cela il était pendant tout ce temps la référence ultime en matière d’interprétation du Coran, de droit islamique et de connaissance tout court tant pour les gouvernants que pour le peuple.

Après l’assassinat du troisième calife Usman, l’Imam ‘Ali (P) fut élu presque à l’unanimité calife. C’était alors la première fois que l’Imam désigné par Dieu et le calife officiel étaient une seule et même personne. L’Imam est ainsi le premier Imam et le quatrième calife. Son fils Al-Hassan (P) sera lui le deuxième Imam et le cinquième calife.

L’Imam Ali (P) mourut le 21 du mois de Ramadhan de l’an 40 après l’Hégire, mortellement blessé à la tête par un Khârijite (i.e. dissident, contre Ali (P) et contre Mu’âwiyah) du nom de Ibn Muljim alors qu’il dirigeait la prière le 19 Ramadhan au matin.

Avant de mourir il prit le soin de confier son meurtrier à son fils Al-Hassan (P) en lui recommandant de le traiter avec justice. Il leur dit également les noms des trois prochains successeurs : Al-Hassan, Al-Hussein, Zein al-Abédine (P). Cet ordre dans la succession est confirmé dans un hadith où le Prophète dit : «Al Hassan et Al Hossein (P) sont deux Imams qu’ils s’asseyent ou qu’il se lèvent. » On verra le sens de la cette dernière proposition ci-dessus. 

Plusieurs ouvrages ont été consacrés rien qu’à la bataille de Khaybar. Il serait donc prétentieux d’avoir ainsi résumé la vie de l’Imam Ali (P) mais il était juste important de vous le présenter de façon brève.

II-3-3 QUI ETAIT AL HASSAN (P) ?

L’Imam Al Hassan (P) est le premier petit-fils du Prophète de par sa mère Fatimâh mais aussi le fils aîné du Prophète de par son père ‘Ali (P) qui selon Mohammed (P) « est de lui et lui est de ‘Ali ». Rappelons à ce propos que lors de l’ordalie (Mubahilah) qui opposa le Prophète aux chrétiens de Najran, Muhammad (P) appela Al Hassan (P) et Al Hussein (P) là où Dieu lui demandait d’appeler ses fils, l’Imam ‘Ali (P) pour « nous-mêmes » et Fâtima (P) pour « nos femmes ».

Il est né à Médine le 15 du mois de Ramadhan de l’an 3 après l’Hégire alors que le Prophète avait 56 ans.

Ce dernier fut immédiatement averti et se rendit aussitôt auprès de Fâtima (P). Il prit l’enfant et l’embrassa puis demanda au père, l’Imam ‘Ali (P), le nom de son enfant. ‘Ali (P) lui répondit de la même manière qu’il venait de répondre quelques instants plus tôt à sa femme lorsqu’elle lui posa la même question : « je ne peux pas devancer le Prophète (P) de Dieu que tu es. ». Et le Prophète (P) de lui répondre : « Moi non plus, je ne peux pas devancer Dieu. »  C’est alors que l’Ange Jîbril (P) apparut au Prophète (P) pour lui annoncer le nom que Dieu avait donné à l’illustre enfant : Al Hassan (P). Un nom que personne n’avait porté jusque là dans toute l’Arabie.

Dans l’oreille droite du nouveau-né le Saint Prophète récita l’Appel à la prière (Al Azan) puis dans l’oreille gauche l’annonce de la prière (Al iqâma).

Au septième jour de la naissance de Al Hassan (P), le Prophète égorgea un mouton. A la femme qui assista Fâtima (P) dans son accouchement il remit une partie du mouton et un dinar pour lui exprimer sa joie et sa reconnaissance. Il fit également raser la tête du divin enfant et donna en aumône la valeur d’un poids d’argent (métal) équivalent à celui des cheveux coupés.

A la place du sang avec lequel les arabes de l’époque enduisaient le corps d’un nouveau-né, le Prophète (P) utilisa les huiles mélangées de Khaloûq et de safran. Puis il circoncit l’enfant.

Al Hassan et son petit- frère Al Hussein (P) – qui naquit un an après lui – grandirent sous l’aile protectrice et l’amour infini du Prophète (P). Un hadith de Abu Huraïra rapporté par l’Imam Ahmad Ibn Hanbal nous raconte cette anecdote :

« Un jour que le Prophète (P) se promenait avec ses deux enfants, un arabe, qui l’observait depuis un bon moment lui fit la remarque suivante :

-          ô Prophète (p) de l’Islam, tu ne cesses d’embrasser ces enfants. Je sens que tu les aimes au plus haut point. Et le Prophète de lui répondre :

-          Je jure que je les aime et celui qui les aime m’aimera et celui qui les déteste me détestera. »

De même qu’il répondit à un autre qui lui reprochait cette fois ce noble élan :

« Je consacrerais toujours le temps qu’il faut pour donner à ces enfants tout l’amour que je nourris pour eux. Quant à toi ce n’est pas de ma faute si Dieu t’a enlevé du cœur toute affection. »

Même dans la prière – moment de vérité absolue chez le musulman a fortiori chez le Prophète (P) – il lui arrivait que l’un de ces enfants soit sur sa nuque alors qu’il avait le front par terre. Il attendait simplement que l’enfant se dégage pour se soulever.

Les deux frères tirèrent de leur proximité avec le Prophète (p) une éducation sans faille sous-tendue par une instruction tout aussi vaste que dense embrassant tous les domaines de la Connaissance. Cela se passa ainsi jusqu’à la disparition du Prophète (P) à l’âge de 8 ans pour Al Hassan (P) et 7 ans pour Al Hussein (P). C’est alors que l’Imam ‘Ali (P) prit la relève auprès de ses illustres enfants.

Al Hassan (P) ressemblait beaucoup au Prophète (P) tant au plan physique que moral. Il était très actif auprès du Prophète (P) et plus tard auprès de son père l’Imam ‘Ali (P). Ceci contrairement à ce que l’on a pensé de lui et que certains ouvrages et autres traditions ont pu le soutenir lui prêtant des attitudes de personnage débonnaire, sans forte personnalité.

Il suffit pour s’en convaincre de se rappeler le rôle de preux défenseur qu’il joua en compagnie de son frère Al Hossein (P) devant la porte du Palais de Usmân quant ce dernier se trouva menacé par une foule de musulmans révoltés ayant à leur tête Mohammed fils de Abu Bakr. Un second exemple parmi d’autres est sa grande capacité mobilisatrice et de combattant lors des deux campagnes[30] que mena son père contre les armées de Moâwiyah et de Aïcha en vue des batailles respectives de Jamal et de Cifayin.

L’Imam Al Hassan (P), digne fils de l’Imam ‘Ali (P), était un guerrier redoutable mais également un fin stratège. Il savait que le grand dessein de Moâwiyah, après la mort de l’Imam ‘Ali, était l’extermination de tous les descendants du Prophète (P). Il s’arma de cette certitude mais aussi de la Parole de son Père le Prophète (P) de l’Islam qui avait prédit que Al Hassan (P) et Al Hussein (P) étaient tous deux Imams qu’ils soient « assis » ou « debouts ». En effet, pour sauver la descendance du Prophète (P) et tous les musulmans véridiques qui leur étaient restés fidèles de l’infâme dessein de Moâwiyah, il fut amené à se faire violence en acceptant, à travers la négociation avec Moâwiyah, d’être l’Imam des deux qui était « assis ». Ses forces militaires réduites et l’héritage affaibli dont il disposait ne lui permettaient pas de s’opposer à Moâwiyah qui avait acheté avec l’argent de Beytul-mâl (ou encore Trésor Public) de nombreux notables et chefs de guerres de la région. Cette situation ajoutée à la révolte des Khârijîtes contre tous les dirigeants (‘Ali et Moâwiyah), à la dislocation de l’armée de l’Imam ‘Ali (P) à la suite des batailles de Cifayin, Jamal et Nahrawân, à la forte affliction causée par la mort de son père ‘Ali (P), tout cela mis ensemble justifiait amplement le choix hautement stratégique et combien sage de l’Imam Al Hassan (P) qui décida donc de négocier, répétons-le, malgré lui.

Le traité qu’il signa avec Moâwiyah stipulait clairement qu’aucun Calife ne pouvait avoir autorité sur lui Al Hassan (P), ensuite que les partisans de l’Imam ‘Ali (P) ne pouvaient faire l’objet d’une chasse aux sorcières et encore moins persécutés, que les injures et calomnies proférées jusque-là sur la descendance du Prophète (P) dans les mosquées et autres lieux publics étaient immédiatement proscrites.

Certains musulmans protestèrent tandis que l’Imam Al Hussein (P), lui, accepta comme toujours les décisions de son frère qui, selon sa conception se devait « d’être assis » en ce moment et qu’au moment opportun il devra, lui Al Hussein (P) « rester debout ».

Moâwiyah ne respecta pas ses engagements. Il fit même pire en envoyant une femme du nom de Ja’âda, fille de la sœur de Abu Bakr, pour empoisonner l’Imam Al Hassan (P). Il lui promit de la marier à son fils Yazid, de lui offrir son poids en or, etc. Évidemment une fois la tâche accomplie, comme à son habitude, il ne tint aucune de ces promesses.

C’est ainsi que l’Imam Al Hassan (P) devint martyr à Médine le 28 du mois Safar de l’an 50 après l’Hégire. Il fut enterré à Baqia (Médine) loin de son grand-père le Prophète (P) de l’Islam. Et comme tous les Imams de la Sainte Lignée il prit le soin avant de mourir de désigner l’Imam Al Hussein (P) comme son successeur désigné par Dieu et tel que le lui ont indiqué ses prédécesseurs, le Prophète Muhammad (P) et l’Imam ‘Ali (P).

Nous n’avons retracé là qu’une infime partie de la vie de l’Imam Al Hassan (P) qui pourrait faire l’objet de plusieurs livres. Son importance dans l’histoire de la succession méritait cependant qu’on fasse ce petit détour.

II-3-4 QUI ETAIT AL HUSSEIN (P) ?

Al Hossein naquit le troisième jour du mois de Châ’abâne de l’an 4 après l’Hégire.

Dés sa naissance, une dame du nom de Assmâ porta l’enfant au Prophète (P). Ce dernier le regarda longuement puis se mit à pleurer. Devant la dame interloquée et suppliant le Prophète (P) de lui expliquer la raison d’un tel épanchement, ce dernier lui révéla que l’enfant qu’elle venait de lui mettre entre les bras allait être un martyr de l’Islam. Al Hussein (P), disait le Prophète (P) sera tué par des dissidents ignobles et dévergondés en faveur desquels, assura-t-il, il n’intercédera point.

Al Hussein (P) reçut du Prophète (P) les mêmes sacrements que ceux reçus par son frère à sa naissance (l’azan et l’iqâma dans les oreilles, le rasage, le don d’une certaine quantité d’argent, etc.).

Comme son frère Al Hassan (P), Al Hussein (P) bénéficia auprès du Prophète (P) d’une éducation très riche et sans faille, sous-tendue par une instruction tout aussi vaste que dense embrassant tous les domaines de la Connaissance. Il grandit dans le même amour infini du Prophète (P).

A l’âge de 7 ans il perdit son père le Prophète de l’Islam (P) mais retrouva cet autre illustre père qu’était l’Imam ‘Ali (P). Ce dernier prit donc en charge de continuer à parfaire l’éducation de ses enfants Al Hassan (P) et Al Hussein (P) qui, ne n’oublie pas, étaient désignés par Dieu pour être des Imams comme l’avait déjà annoncé le Prophète (P).

C’est ainsi que le père (‘Ali) et les deux enfants (Al Hassan et Al Hussein) furent éduqués par la même personne : le Prophète (P) à la fois cousin et beau-père pour l’un mais aussi père et grand-père pour les autres. Dieu assurait ainsi la pérennité de Ses Enseignements à travers une Sainte Lignée, celle des Descendants du Prophète (P) dont l’éducation était l’œuvre de Dieu Lui-même à travers les mains du Prophète Mohammad (P) , le meilleur de tous les êtres que Dieu a créés.

Après la mort de l’Imam ‘Ali (P) et l’empoisonnement de l’Imam Al Hassan (P), il revint à l’Imam Al Hussein (P), à l’âge de trente ans, de prendre la lourde responsabilité de conduire la Umma sur le chemin de la Perfection.

L’héritage était encore une fois très lourd à porter. En effet Moâwiyah avait imposé Yazid son fils aux différents dignitaires de la région - sauf à Médine - en leur demandant de lui prêter allégeance de gré ou de force. Or l’histoire nous apprend que Yazid était une personne sans scrupule qui n’avait que trois passions : l’alcool, la femme et la chasse. D’ailleurs l’annonce de la mort de son père le trouva en pleine séance de chasse.

Dés son accession au pouvoir en remplacement de son père, Yazid demanda à son représentant à Médine, Walid Ibn Oth’ba, de dire à Al Hussein (P) de lui prêter allégeance. Et au cas où il refuserait l’ordre était donné à Walid de lui trancher la tête et de la lui envoyer.

Walid convoqua Al Hussein (P) une nuit pour lui faire part des ordres qu’il avait reçus de Yazid. Al Hussein (P) demanda d’abord de réserver sa réponse pour le lendemain en plein jour vu l’importance de la question. Puis en réponse à l’énervement de Marwâne Ibn Hakâm – qui conseilla à Walid de ne pas laisser Al Hussein (P) sortir de là-bas vivant sans avoir atteint son objectif – Al Hussein (P) dévoila tout ce qu’il pensait en son for intérieur. Il dit : « Quelqu’un comme moi ne prête pas allégeance à quelqu’un comme Yazid car nous sommes la Maison de la Révélation, la Source de la Connaissance,...».

Sorti de ces lieux, Al Hussein (P) qui savait alors que sa vie et celle des membres de sa famille et de ses partisans étaient menacées, décida d’émigrer vers la Mecque. La ville sainte était en effet le seul endroit où les arabes, même avant l’avènement de l’Islam, évitaient toujours de verser le sang.

Une fois arrivé à la Mecque, Al Hussein (P) envoya son cousin Muslim Ibn ‘Aqîl, comme messager en Irak, plus précisément à Koûfa, pour vérifier si l’état des consciences dans cette contrée lui était encore favorable. Rappelons que la ville de Koûfa était la base de son père ‘Ali (P).

Plusieurs milliers de lettres lui parvinrent de Kûfa, l’ invitant à venir s’y établir. Ibn Ziad, le représentant de Yazid à Koûfa, ayant appris que Muslim Ibn ‘Aqil avait été envoyé en éclaireur en Irak, le fit tuer avec son hôte Hâni Ibn Urwa ainsi que d’autres partisans. Après avoir commis un tel forfait, Ibn Ziad ferma les portes de la ville. Il interdit mais aussi découragea toute velléité de révolte en faisant croire aux populations que l’armée de Yazid avait encerclé la ville et était prête à réprimer dans le sang les désobéissants. Tout ceci afin d’éviter que l’assassinat de Muslim ne s’ébruitât ; ainsi pour Al Hussein (P), la ville de Kûfa était toujours prête à le recevoir.

Conforté par les nouvelles qu’il avait reçues de Kûfa, Al Hussein (P) se mit en route pour cette ville en compagnie de sa famille, de tous ses partisans et des membres de leur famille.

Arrivé à Karbala, il rencontra l’armée envoyée par Ibn Ziad et dirigée par Hûr Ibn Yazid Ar-riyahi et ‘Umru Ibn Sâ’ad.

Ils furent encerclés par cette armée plusieurs jours durant. Toutes leurs provisions étaient déjà épuisées et donc les hommes affamés et assoiffés, lorsque le 10 du mois lunaire de Muharram, Ibn Sa’ad et ses soldats s’abattirent sur le fils du Prophète (P) et les membres de sa famille. Ils furent tous massacrés avec une extrême cruauté. Les chevaux de l’ennemi piétinèrent le cadavre décapité de Al Hussein (P) tandis que les femmes, attachées derrière les chevaux étaient violemment traînées et humiliées à travers plusieurs villes. Un seul fils adulte d’Al Hussein (P) échappa à l’horrible tuerie : Ali Ibn Al Hussein (P) plus connu sous le nom de Zein El-Abedîne, qui était malade.

Zeynab (P), la sœur de Al Hussein (P), fut horrifiée et pleine de compassion et de tristesse en voyant la tête décapitée de son frère suspendue à la pointe d’une lance. Elle fit un poème fort poignant que nous préférons vous transcrire en arabe avant de tenter de le traduire :

« mâza takhûlûna iza khâlâ nabi yulakum

mâza fa altum wa antum akhîrul umamî

bi hit’ratî wa bi hah li bâ’da muf takhadî

mine hum ussâra wa mine hum daraju bidami

mâkâna hâza jazâ’i iz nassakhtu lakum

antukh li fûnî bi su’ine fî dzawî rahîmi

înî la afchâ aleykum an yukhmala bikum

mis’lal azâbi lezi yakh ti alal ûmami.“

Que direz-vous lorsque le Prophète (P) vous demandera,

Vous le peuple qu’il a laissé derrière lui,

Qu’avez-vous fait de ma descendance et de ma famille après ma mort ?

Parmi eux des prisonniers de guerre et des corps baignant dans leur sang

Lorsque Yazid reçut la tête tranchée de Al Hussein (P), il fit un poème dans lequel il dit :

« La tribu des Hâchimites (celle du Prophète) s’est amusée avec le pouvoir. Il n’y a eu ni nouvelles, ni révélations venues de Dieu. Je regrette que mes ancêtres morts à Badr ne soient pas présents en ce jour de gloire. »

La nouvelle de la mort de Al Hossein (P) se répandit à la vitesse du son. Et ses ennemis de répandre des commentaires dénués de tout fondement sur le martyr. Reprochant à Al Hussein (P), auprès de qui voulait les entendre, de s’être intéressé à la politique au détriment de la religion en allant jusqu’en Irak pour former une armée et combattre Yazid.

Cependant la sœur de Al Hussein (P), Zeynab (P), mena tout le long du parcours sur lequel on les traîna, elle et ses sœurs, une campagne d’explication des nobles desseins de Al Hussein (P). Elle le fit dans de mémorables discours qu’on peut trouver notamment dans plusieurs ouvrages.

L’œuvre magnifique et surtout le sens du sacrifice du frère de Al Hassan (P), fils de Ali (P) et de Fâtima (P) et petit-fils du Prophète (P), sont restés si longtemps mal compris et expressément déformés par les Omeyyades que certaines traditions qui nous sont parvenues le présentèrent tel que le décrivirent ses assassins.

Or donc Al Hussein (P) n’était allé à Kûfa que dans le but de préserver ses partisans et surtout le lourd héritage qu’il avait reçu de son frère. Les preuves en sont nombreuses :

-         Il est parti avec les femmes et les enfants donc il n’avait nullement l’intention d’attaquer qui que ce soit.

-         Ses partisans de Kûfa l’avaient invité avec beaucoup d’insistance à venir rester auprès d’eux afin de continuer l’œuvre de ses prédécesseurs : le Prophète (P), Ali (P) et Al Hassan (P). A ce propos, des personnes qu’il avait rencontrées alors qu’il était presque arrivé à destination lui dirent ceci : « Le cœur des gens de Kûfa est avec toi mais leurs sabres sont sur toi. ». Hélas il était trop tard.

-         Sachant qu’il était l’Imam qui devait rester « debout » et confirmant en cela la prédiction du Prophète (P), il n’avait aucune autre alternative que celle d’agir. Car sa mort est une action posée contre les ennemis de l’Islam, une preuve d’amour pour ses partisans et surtout pour la cause de l’Islam. En effet elle provoqua au sein de la Umma une réelle prise de conscience du poids de la charge (Al Amana), et mit à nu toutes les déviations et autres perversions des Ommeyades. Cela eut pour conséquence la renaissance de l’Islam vrai et donc sa conservation à travers la Sainte Lignée du Prophète (P) qui se perpétua avec Zein El Abédine (P) que Dieu avait miraculeusement protégé du massacre de Karbala.

Sous la tente où Zein El Abédine (P) était alité, Al Hussein (P) lui avait légué le pouvoir qu’il détenait et lui avait transmis, comme l’ont fait ses prédécesseurs, la liste des Imams qui auront à lui succéder.

II-3-5 QUI ÉTAIT ZEIN EL ABEDINE (P)  :

Le quatrième Imam est Ali fils de Al Hussein (P) et de Châh Zanân, fille de Yazdagard. Il est né à Médine le 15 du mois lunaire de Jumâd al ‘ûla, en l’an 36 après l’Hégire.

Seul rescapé de la tuerie de Karbala parmi les hommes de la famille de Al Hussein (P), il bénéficia d’une éducation faite de rigueur, de sagesse et d’une connaissance très approfondie du Saint Coran et des Hadiths du Prophète de l’Islam (P) tant auprès de son père que de la sœur de ce dernier, Zeynab (P).

Une anecdote pour tenter d’illustrer ne serait – ce qu’un pan de sa sagesse : Un jour une personne insulta l’Imam. Ce dernier l’écouta silencieusement. Quelques temps après l’Imam se rendit chez elle. Il récita ce verset coranique :

« …pour ceux qui maîtrisent leur colère ; pour ceux qui pardonnent aux gens : Allah aime ceux qui font le bien. » (Al Imran, 3 : 134)

Puis s ‘adressant à cette personne il lui dit : « Ô frère ! tu nous as offensé et dit ce que tu penses. Si ce que tu as dit est vrai, qu’Allah me pardonne, et si ce que tu as dit n’était pas vrai, qu’Allah te pardonne. ».

Il doit son surnom de « Perle des adorateurs » (Zein El Abédine) à sa très grande piété et ses nombreuses prières, invocations et autres marques de dévotion surérogatoires. Il était d’ailleurs connu également comme Zoul thafâna c’est-à-dire quelqu’un dont la peau des genoux s’est endurcie à force de travail, en fait à force de se prosterner. Il est à noter que ce surnom comme le surnom des autres imams lui fut donné par le prophète lui-même : Jabir ibn Abdallah Al Ansari rapporte : « un jour j’étais assis avec le Prophète et il jouait avec Al Hussein (P), il (P) me dit : Un fils naîtra de cet enfant qui se nommera Ali (p) et au jour du jugement un annonceur criera ou est le seigneur des adorateurs (sayyid al sajjidîn) et ce fils se lèvera . De ce fils naîtra un Muhammad (p) si tu le rencontre salue le de ma part ».

Sa générosité légendaire au bénéfice des pauvres et des indigents ne fut entièrement découverte qu’après sa mort tellement il fut discret dans ses largesses.

Il eut à former beaucoup de docteurs en matière de connaissance du Coran et de l’Islam.

Il est mort empoisonné le 25 du mois lunaire Muharram en l’an 95 après l’Hégire à l’âge de 57 ans. Il fut inhumé à Baqî à Médine. Et à l’instar de tous ses prédécesseurs, il désigna, avant de mourir, son successeur : son fils Muhammad Al Bâqir (p).

II-3-6 QUI ETAIT MUHAMMAD AL BÂQIR (P)  :

Le cinquième Imam est Mohammed surnommé Al Bâqir (P). Son père est l’Imam Ali fils de Al Hussein (P), plus connu sous le nom de Zein El Abédine (P). Sa mère est Fatima (P), fille de l’Imam Al Hassan (P).

Il est né le lundi 1er Rajab de l’an 57 de l’Hégire. Son père et sa mère étaient respectivement le petit-fils et la petite-fille de l’Imam Ali Ibn Abi Talib (P) donc du Prophète (P). Ainsi, il était le premier à être descendant de l’Imam ‘Ali (P) des deux côtés en plus d’être totalement imprégné de l’environnement éducationnel du Prophète de l’Islam (P).

Il eut également le malheur de vivre à l’âge de quatre ans le massacre de Karbala où fut martyrisé son grand-père Al Hussein (P).

Citons pour mieux cerner son caractère quelques passages du « Guide islamique des enfants » de Abbas Ahmad Al Bostani (pages 30 et 31).

« Il fut un homme de beaucoup de qualités de grandeur, de révérence et de piété. Il était la quintessence du savoir, de la courtoisie et des dispositions au bien. Il fut dévot, humble et généreux.

Les récits ci-après sont révélateurs de la qualité de son caractère :

Un jour, un chrétien insulta l’Imam en le traitant de Baqar (une vache). L’Imam lui répondit : « Je suis Al Bâqir (celui qui exhume la connaissance) ». Le chrétien rétorqua : « Tu es le fils d’une cuisinière ». L’Imam répondit : « C’était son travail ». Le chrétien, injurieux, répliqua : « Tu es le fils d’une mère barbare ». L’Imam lui dit : « Si tu as dit la vérité qu’Allah lui pardonne, et si tu as menti, qu’Allah te pardonne ».

Ayant constaté cette bonté chez l’Imam, le chrétien se convertit à l’Islam.

Jabir Ibn Abdullah Al Ansari, un compagnon du noble Prophète raconta : « Un jour j’étais avec le Prophète (P), qui gardait son petit-fils Hussein (P) sur ses genoux et jouait avec lui. Le Prophète me dit alors : « O Jabir ! Ce fils des miens engendrera un fils ayant pour nom ‘Ali qui à son tour engendrera un fils appelé Muhammad. O Jabir ! Lorsque tu le rencontreras, transmets-lui mes salutations. Après quoi tu ne vivras plus longtemps. »

L’Imam Al Bâqir (P) était un océan de connaissances et pouvait répondre à toute question sans hésitation. Ibn Ata Al Makki dit à ce propos : « Je n’ai jamais vu de grands savants se sentir aussi inférieurs devant quelqu’un, qu’ils le sont devant Muhammad Al Bâqir (P). Ainsi j’ai assisté à son entretien avec Hakim Ibn Utayba : celui-ci était comme un enfant face à son instituteur ».

Muhammad, fils de Muslim relate : « jamais une question ne m’est venue à l’esprit sans que je manque de la poser à l’Imam Muhammad Al Bâqir (P), jusqu’à ce que le nombre de questions que je lui ai posées ait atteint 30 000. »

A Médine où il était la référence ultime en matière de Connaissance, il arrivait que les gens évitassent de le rencontrer de peur de subir des représailles des dirigeants Ommeyades de l’époque. ‘Umar Ibn Abdel ‘Aziz, après s’être rendu compte de l’affaiblissement de la dynastie Ommeyyade à la suite de multiples coups portés par les révoltes des populations, décida d’interdire les injures qui étaient proférées tous les vendredi à l’encontre des descendants du Prophète(P) depuis l’Imam ‘Ali (P). Egalement il prit la décision de rendre aux descendants du Prophète le champ de dattiers connu sous le nom de Fadâk que Fatima Zahra (P), qui l’avait hérité de son père le Prophète (P), avait réclamé à Abû Baker pendant son règne.

De telles décisions encouragèrent les Musulmans de l’époque à rendre visite à l’Imam Al Bâqir (P) sans plus aucune crainte. Cette ère fut appelée pour sa fécondité Al Asr Azahab ou l’époque d’Or. 

 L’Imam Muhammad Al Bâqir (P) se rappelait toujours Allah. Son fils, l’Imam Ja’far Al Çadiq (P) raconta : « Mon père se rappelait Allah à tout moment ; partout où je l’accompagnais, je le voyais évoquer Allah; même lorsqu’il conversait avec les gens, il gardait Allah dans la mémoire; il accomplissait la prière de Tahajjud (surérogatoire de minuit) régulièrement, était dévoué à l’adoration d’Allah, et pleurait d’amour d’Allah.

Jusqu’au règne de l’Ommeyyade ‘Abdul Malick Ibn Marwan, la monnaie utilisée par les musulmans était la monnaie byzantine. Un conflit éclata, et l’empereur byzantin voulut utiliser l’arme économique, et envoya un ultimatum après quoi les musulmans seraient privés de la monnaie byzantine. Embarrassé et craignant le pire, le calife demanda conseil à tous les notables mais la situation étant tellement imprévisible ils se déclarèrent tous dépourvus de solutions. C’est alors que l’imam Bâqir (P) voyant que la réputation de l’islam allait être atteinte et que l’état islamique risquait d’être déstabilisé par ses ennemis , conseilla au calife de collecter suffisamment d’or et d’argent de toutes les provinces islamiques afin de frapper une monnaie islamique pour remplacer la monnaie byzantine. Il (P) indiqua le poids adéquat et les inscriptions qu’il fallait mettre sur la nouvelle monnaie.

Il mourut empoisonné le lundi 7 dhul-hijja de l’an 114 après l’Hégire, à l’âge de 57 ans et fut inhumé à Bâqia à Médine. »

II-3-7 QUI ETAIT JA’FAR ÇADIQ (P)  :

Le sixième Imam est Ja’far Çadiq, fils de Muhammad (P). Sa mère est Fâtima (dont l’autre nom est Ummu Farwah).

L’Imam est né à Médine, le lundi 17 rabi’I, (le jour Anniversaire de la naissance du Prophète (p)) en l’an 83 après l’hégire. Il vécut environ 16 ans aux côtes de son grand-père Zein Al Abédine (P) qui lui fit faire ses premiers pas dans la voie de la Connaissance. Son père, l’Imam Al Bâqir (P) complétera durant 15 ans le reste de cette Sainte éducation héritée de leur grand-père le Prophète Muhammad (P).

Il possédait un grand savoir et des qualités supérieures. Il était un homme de sagesse, connaisseur de la chari’a et pieux. Il était sincère, juste; un homme de grandeur, de générosité et de valeur. Il était doté de beaucoup d’autres qualités.

Cheikh al-Mufîd raconte : « Les savants religieux acquirent de lui beaucoup plus qu’ils n’avaient appris de tout autre membre des Ahlul Bayt (p). Personne n’a été aussi prolifique que l’Imam Çadiq (P) quant à la propagation de la religion parmi les Ulémas de l’histoire religieuse et du Hadith.

En réalité le nombre de savants religieux (sérieux et appartenant à différentes écoles) ayant acquis des connaissances de lui, atteint quatre mille.

A commencer par Zeid le frère de l’Imam Çadiq (P) qui témoigna en ces mots pleins de sincérité et de sagesse en faveur de son frère :

« A chaque époque de notre histoire, Dieu choisit un parmi nous les Ahlul Bayt pour être le Pôle. Pour notre époque le Pôle est mon frère Ja’far Çadiq (P). Ne se perdra pas celui qui le suit. Se perdra celui qui ne le suit pas. »

Ce même Zeid fut tué a la suite d’une révolte qu’il mena contre les Ommeyades (par Icham fils de Abdoul Malik fils de Marwân) et fut considéré après sa mort par certains chiites comme le sixième Imam malgré le témoignage unanimement reconnu qu’il porta sur son frère. Cette branche des chiites est surnommée aujourd’hui Zeidiya.

Abu Hanifa, le chef de l’une des cinq écoles, était également un des disciples de l’Imam Çadiq (P). Il dit ceci de son maître :

« Si ce n’était pas ces deux années [que j’ai passées à étudier auprès de l’Imam Ja’far Çadiq], j’aurais péri dans la malédiction [d’avoir mal dirigé ma communauté] »[31]

Le chef Mansour convoqua un jour Abu Hanifa et lui demanda de préparer des questions des plus pointues qui soient afin d’arriver à embarrasser l’Imam Çadiq. Lorsque ce dernier fut amené à répondre aux 40 questions que lui avait préparées Abu Hanifa, quelle ne fut la surprise de ce dernier de voir avec quelle simplicité et quelle lumière l’Imam répondait sans hésiter à ce qu’il pensait être très complexe.

A la sortie de cet entretien Abu Hanifa tint ce jugement :

« Je n’ai jamais vu une personne qui maîtrisait autant que Ja’far Çadiq (P) les questions religieuses. »[32]

De même que Abu Hanifa l’Imam Malik tira bien des enseignements de ses multiples rencontres avec l’Imam Ja’far (P):

« J’ai rencontre à plusieurs reprises l’Imam Ja’far (P) mais cela se passait toujours dans l’une au moins des trois situations suivantes et rien que ces trois : il prie ou il jeûne ou il enseigne les matières islamiques. De notre époque nulle oreille n’a jamais entendu et nul œil n’a jamais vu une personne plus pieuse, plus savante et plus désintéressée des vanités terrestres que l’Imam Ja’far Çadiq. »[33]

Jâbir Ibn Hayyan (appelé Geber en Occident) le fondateur de la chimie moderne et de toute la science expérimentale était l’un de ses plus célèbres disciples. Il rédigea plus de cinq cents opuscules tous dictés par son maître l’imam Ja’far (p).Tous ses écrits commençaient par « mon maître l’imam Ja’far m’avait dit :… ».

L’école Ja’farite est l’une des cinq écoles de l’islam, également appelée l’école des Ahlul Bayt (P) et c’est la première des écoles de l’islam car étant antérieure à toutes les autres. Cette école, bien que portant le nom de l’imam Çadiq (P) qui était l’un des successeurs du Prophète (P) désignés par Allah, est la seule école qui existait du vivant même du Prophète (P). Les autres écoles étant toutes nées plus de cent ans après le rappel à Dieu du seigneur des envoyés (p). La raison de cette appellation est que l’imam Çadiq (P) plus que tout autre imam (p) a eu l’opportunité d’enseigner aux musulmans en grand nombre la bonne interprétation du coran et la vraie Sunna de son grand père (P), car son imamat a coïncidé avec la lutte pour le pouvoir entre omeyyades et abbassides.

L’imam Ja’far se nourrissait de vinaigre et d’huile et mettait des vêtements rudes. Parfois ceux-ci étaient très rapiécés.

Il avait l’habitude de travailler son jardin lui-même. Il perdait souvent connaissance en se rappelant Allah.

Une nuit, le Calife Abbasside de l’époque fit convoquer l’Imam par un messager. Celui-ci raconte : « Je suis allé chez l’Imam et je l’ai trouvé dans sa chambre privée. L’Imam avait les joues couvertes de poussière, et suppliait Allah dans la plus grande humilité, les mains levées vers les cieux, les mains et le visage poussiéreux ».

C’était un homme charitable et de disposition aimable. Il parlait avec tendresse et se montrait très coopératif. On avait plaisir à travailler avec lui.

Un jour l’Imam appela son domestique, Mussadif et lui donna mille dinars pour se préparer à un voyage d’affaires, en Egypte, car le nombre de sa suite avait augmenté et il était nécessaire de rechercher davantage de moyens de subsistance.

Moussadif acheta des marchandises et partit pour la Syrie avec un groupe de commerçants. Lorsqu’ils approchèrent de l’Egypte, ils rencontrèrent un autre groupe de commerçants revenant de ce pays. Ils dirent à ceux-ci qu’ils possédaient telle sorte de marchandises et qu’ils voulaient savoir si elles étaient disponibles en Egypte. Leurs interlocuteurs répondirent par la négative. Les marchands prêtèrent alors serment de ne pas revendre leurs marchandises à moins de cent pour cent de bénéfice. Ce qui fut fait. Après quoi ils retournèrent à Médine.

Mussadif rentra chez l’Imam avec deux sacs contenant chacun mille dinars. Il lui dit que l’un des deux sacs contenait le capital, l’autre, les bénéfices.

L’Imam lui fit remarquer que les bénéfices étaient excessifs et lui demanda ce qu’il avait fait des marchandises. Moussadif lui expliqua ce qu’il avait fait et le serment qu’il avait prêté (de ne pas revendre à moins de 100% de profit). L’Imam s’étonna qu’il ait juré de ne pas revendre des articles à des musulmans à moins de 100% de bénéfice !

Puis l’Imam prit l’un des deux sacs et dit : « Celui-ci contient mon capital, et nous ne touchons pas les bénéfices ». Et d’ajouter : « Ô Moussadif ! Il est plus facile de combattre avec une épée que de gagner sa vie légalement (halâl) ! ».

Il mourut empoisonné le 25 Chawwâl, 148 A.H., à l’âge de 65 ans et fut enterré au cimetière de Bâqia à Médine.

II-3-8 QUI ETAIT MOUSSA AL-KÂZIM (P)[34] :

Le septième Imam est Moussâ al-Kâzim, fils de Ja’far. Sa mère est Hamida al-Mussaffat. L’Imam est né à Abwa (entre la Mecque et Médine), le dimanche 7 Çafar de l’an 128 A.H.

Il mourut en prison, empoisonné par le Calife Haroun Rachid, le 25 Rajab 183 A.H., après avoir passé 14 ans d’emprisonnement pendant lesquels il a subi d’indicibles souffrances et oppressions. Ses funérailles furent conduites par son fils Ali Ridha. Il fut inhumé à Kazimayn au Sud de Bagdad où se trouve son mausolée aujourd’hui.

Il fut le plus grand érudit de son temps. Il fut également le meilleur, le plus généreux, le plus courageux, le plus aimable et le plus correct de son temps. Sa grandeur était connue de tous. Son savoir fut inégalable, son engouement pour l’adoration ne saurait être dépassé. C’est parce qu’il contenait toujours sa colère qu’il fut surnommé « al-Kâzim » (celui qui contient sa colère). Pour son intégrité, on le surnomma également « al-‘Abdu Çâlih » (le bon serviteur d’Allah).

Ses connaissances furent révélées en diverses occasions, et elles éblouirent les gens. Son dialogue avec Buraiha est bien connu. A la suite de ce dialogue l’Imam convainquit en effet son interlocuteur chrétien de se convertir à l’Islam.

Un jour, un homme dans le besoin mendia cent dinars de l’Imam. Celui-ci lui posa quelques questions pour sonder ses connaissances religieuses et lui donna deux mille dirhams.

L’Imam avait une belle voix en récitant le Coran. On rapporte qu’il restait quatre heures debout pour accomplir des actes cultuels, et qu’il récitait le Coran et se prosternait pendant longtemps. Il pleurait souvent par amour d’Allah. Il mourut alors qu’il était en prosternation.

Le calife Haroun convoqua l’imam un jour et lui tena ce discours : « pourquoi vous a-t-on préféré sur nous alors que nous sommes les descendants d’Al ‘Abbas l’oncle du prophète et que vous aussi vous êtes les descendants d’Abu Tâlib l’oncle du Prophète (P) » ?

L’imam (P) répondit : « Nous sommes plus proches du Prophète (p) car Abu Talib et ‘Abdullah sont de même père et mère tandis qu’Al ‘Abbas n’était leur frère que du côté du père ».

Haroun lui posa une autre question : « pourquoi vous appelle t on les enfants du messager alors que vous les enfants d’’Ali (P) » ?

L’imam répondit : « si le messager était ressuscité pouvez vous le marier avec l’une de vos filles » ?

Haroun : « cela serait une source d’orgueil pour moi devant arabes et non arabes ».

L’imam : « Quant à nous il lui est interdit de demander nos filles en mariage car il nous a mis au monde et pas vous »

Un jour, Abou Hamza, voyant l’Imam al-Kâzim en train de travailler dans son jardin alors que la sueur perlait de sa tête jusqu’à ses pieds, lui demanda où étaient ses serviteurs. L’Imam lui répondit qu’il y avait quelqu’un de meilleur que l’Imam et son père, qui travaillait lui-même de ses propres mains. Lorsque Abu Hamza lui demanda qui était cet homme, l’Imam répondit que c’était le Prophète d’Allah, Mohammad (P), ainsi que Amir Al-Mouminin ‘Ali (P), et que tous ses ancêtres travaillaient de leurs propres mains. Tel fut donc la Sunna (la Tradition) des Prophètes, des Délégués d’Allah et des gens droits.

II-3-9 QUI ETAIT ALI RIDHA (P) :

Le huitème Imam est Ali Ridha, fils de Moussâ. Sa mère est la Dame Najma.

L’Imam est né le 11 dhulqa’dah de l’an 148 A.H. à Médine. Il est mort empoisonné le dernier jour du mois de Safar, 203 A.H. Ses funérailles furent conduites par son fils, l’Imam Muhammad Taqi Jawâd et il fut inhumé à Machhad (Iran) où se trouve son mausolée aujourd’hui.

Ses connaissances, sa gentillesse, sa générosité, ses dispositions à la bonté et sa piété sont universellement connues et n’ont pas besoin d’être relatées ici.

Le Calife Mamoun voulut désigner l’Imam comme héritier présomptif. L’Imam déclina son offre, car il prévoyait la ruse du Calife. Toutefois Mamoun le força à accepter le titre de successeur. Mais l’Imam n’accepta cette offre forcée qu’à condition de ne prendre aucune part à l’administration du gouvernement.

La large connaissance de l’Imam en matière de religions et écoles juridiques diverses se révéla au cours de différents débats organisés par Mamoun. Même des voyageurs retournant à leurs pays respectifs auraient relaté les larges connaissances de l’Imam.

A l’époque Nichapour était une grande ville universitaire et lorsque l’imam Ridha y passa, des centaines de savants l’accueillirent plumes et papiers à la main pour inscrire tout ce que l’imam allait dire. Ils insistèrent pour que l’imam leur récite quelques hadiths du prophète (p). L’’imam leur dit alors d’écrire :

« J’ai entendu mon père Moussa (p) , qui a entendu de son père Ja’far (p), qui a entendu de son père Muhammad (p) , qui a entendu de son père ‘Ali (p), qui a entendu de son père Al Hussein (p), qui a entendu de son père ‘Ali Ibn Abi Talib (p) , qui a entendu le Prophète (P) dire : j’ai entendu l’ange Jibrîl (p) dire : J’ai entendu Allah ,qu’Il soit exalté, dire : « ‘’il n y a d’autres Dieu que Dieu ‘’

Est mon bastion ; et quiconque entre dans mon bastion est protégé de mon châtiment ».

Puis l’imam Ridha (P) ajouta « et moi (l’imam) je suis l’une de ses (il n y a d’autre Dieu que Dieu) conditions ». Le nombre de ceux qui ont écrits ce hadith appelé « la chaîne d’or » en raison de la sainteté de ses transmetteurs, est estimé à vingt milles.

S’adressant un jour à un de ses frères de même père nommé Zaid Ibn Moussa qui avait fait une révolte sanguinaire en commettant des actes interdits par l’islam, l’imam lui dit :

« Malheur à toi pourquoi as-tu verser le sang et couper des routes. Crois tu à la prétention des gens de Kûfa selon laquelle les descendants de Fatima (P) sont immunisés contre l’enfer ? Prends garde car cette immunité n’est ni pour toi ni pour moi et ne concernait que Al Hassan (P) et Al Hussein (P) ! Par Dieu même eux ne l’avaient que grâce à leur soumission inconditionnelle à Dieu. Alors si tu estime que tu peux désobéir à Dieu et ensuite aller au paradis alors cela veut dire que tu t’estime plus proche de Dieu qu’Al Hassan (P) et Al Hussein (P), ainsi que le Prophète (P), moi ou ton père Moussa Ibn Ja’far (P)…. Par Dieu personne ne peut avoir ce qui est chez Dieu que par la soumission et l’obéissance à Lui »

On raconte que l’Imam aurait veillé toute la nuit en priant et qu’il aurait terminé la lecture de tout le Coran en trois jours. Il aurait prié pendant des heures d’affilées et accompli mille rak’ah en une journée et une nuit. Il se serait prosterné pendant plusieurs heures. Il avait l’habitude de jeûner souvent.

Il n’aurait jamais interrompu quelqu’un pendant qu’il parlait, ni abusé de quiconque. Il ne se serait jamais étendu en présence de quelqu’un, ni n’aurait jamais ri aux éclats, ni craché devant quelqu’un.

Il s’asseyait avec tous ses proches, femmes et serviteurs et partageait ses repas avec eux.

II-3-10 QUI ETAIT MUHAMMAD TAQI JAWAD (P) :

Le neuvième Imam est Muhammad Taqi Jawâd (P). Sa mère était une Dame noire du nom de Sabika.

Il naquit, le 10 Rajab 195 A.H., à Médine et mourut empoisonné à Bagdad le 5 zoulqa’da 220 A.H.

Il fut inhumé derrière le mausolée de son grand-père, l’Imam Moussâ al-Kâzim, à Kâzimiyya où se trouve aujourd’hui également son propre mausolée.

L’Imam fut le plus grand érudit de son temps, le plus généreux et le meilleur bienfaiteur. Il fut très coopératif, gentil, de bonne disposition, et très éloquent.

Il avait l’habitude de monter sur son cheval pour apporter de l’argent et des aliments aux nécessiteux.

Son savoir fut célèbre parmi les gens. Une fois quatre-vingts de ses disciples se réunirent chez lui à son retour du Hajj et lui posèrent diverses questions. L’Imam répondit à tout ce qu’on avait demandé et satisfait tout le monde.

Un jour plusieurs personnes se rassemblèrent autour de lui à la Mecque et lui posèrent des milliers de questions en une séance. L’Imam répondit à toutes les questions sans hésitation ni fausse note. A l’époque il n’avait que neuf ans. Mais un tel phénomène (miraculeux) n’est pas inhabituel chez les Ahlul Bayt (p).

Pendant l’une de ces réunions scientifiques un savant du nom de Yahya Ibn Ektham réputé intraitable en matière de polémique, interpella l’imam en ces terme : « Ô Abu Ja’far que dis tu à propos d’un homme vêtu de l’habit rituel du pèlerinage (ihram, qui se porte pendant les rites du Hajj et qui rend illicite certains actes), et qui aurait tué un gibier » ?

L’imam répondit : « cela dépend : l’a-t-il tué exprès ou par accident ? Le chasseur était-il libre ou esclave ? Mineur ou majeur ? Le gibier était-il de la volaille ou autre ? Était-il petit ou grand ? Le chasseur a-t-il regretté son acte ou pas ? Le gibier était-il tué le jour en liberté ou la nuit dans son nid ? L’habit rituel était-il porté pour le petit pèlerinage (‘omra) ou pour le grand (Hajj)  ? ». Ensuite l’imam répondit lui-même à tous les embranchements de la question et Ibn Ektham qui n’avait pas prévu tous ces détails à sa propre question se sentit très ridicule et avili.

Le Calife Mamoun donna la main de sa fille à l’Imam après l’avoir soumis à une épreuve très difficile ; cet événement est bien connu dans l’histoire.

II-3-11 QUI ETAIT ALI NAQI AL-HÂDI (P)  :

Le dixième Imam est Ali Naqi, Al Hâdi, fils de Muhammad (P). Sa mère était une femme magrébine du nom de Dame Samana.

L’Imam est né à Médine, le 5 Rajab, 214 A.H.

Il fut le meilleur homme de son temps, un grand érudit et la quintessence de la grandeur, de la générosité et de la douceur.

Il vivait dans une chambre très simple et passait la majeure partie de son temps à la lecture du saint Coran. Il est le dixième successeur du Prophète de l’Islam (P) et avait pour charge la protection de l’Islam de toute déviation et falsification. C’est pour cela que le calife sanguinaire de l’époque le garda toute sa vie en résidence surveillée dans un camp militaire (askar).Ainsi les contacts entre lui et ses adeptes étaient très réduits. A Médine l’imam Al Hâdi (P) était une référence incontestable pour les musulmans et c’est pour cela que le calife Al Moutawwakil le fit venir en Irak à Samarra. Mais la lumière de la guidance de l’imam était si forte que le calife ne pouvait l’éteindre. Il mourut empoisonné à Samarra, le lundi 3 Rajab, 245 A.H à l’âge de 42 ans. Il fut inhumé à Samarra où se trouve son mausolée.

A l’époque de l’imam Al Hâdi la chirurgie n’était pas bien connue. Un des musulmans avait un fils qui était malade et le médecin lui conseilla la chirurgie. Ce qui fut fait mais l’enfant succomba à la maladie et la famille blâma le père d’avoir accepté l’opération.

L’homme alla voir l’imam et lui raconta ce qui était arrivé. L’imam le rassura en lui disant qu’il n’avait fait que son devoir. Cet incident eu pour effet la réhabilitation de la chirurgie qui à l’époque ne se pratiquait que dans le monde musulman.

Les faux dévots sévissaient beaucoup à l’époque de l’imam. Et sous prétexte d’ascétisme, ils prétendaient que la beauté de la nature peut dévier les musulmans de la voie de l’adoration de Dieu. Quant à l’imam recevant un jour une fleur d’un jeune garçon , il la baisa puis la posa sur ses yeux et dit : « Quiconque reçoit une fleur , puis la pose sur ses lèvres et sur ses yeux et dit ‘’allahoumma salli ‘ala Muhammad wa ali Muhammad (mon Dieu salue et béni Muhammad et la famille de Muhammad)’’ , alors Dieu lui écrit autant de bonnes actions qu’il y a de graines de sable dans le désert de Alej et efface pour lui autant de mauvaises œuvres »

II-3-12 QUI ETAIT AL-HASSAN AL-‘ASKARI (P) [35] :

Le onzième Imam est Hassan al-‘Askari, fils de Ali (P). Sa mère est la Dame Haditha.

L’Imam est né le lundi 8 Rabi’II, 232 A.H. Il mourut empoisonné le vendredi 7 Rabi’I, 260 A.H. Ses funérailles furent conduites par l’Imam Hujjat Al-Mahdi (P). Il fut inhumé près de son père à Sâmarrâ.

Sa générosité, sa bienfaisance, sa dévotion et son humilité sont connues de tout le monde.

Il était bien bâti physiquement et avait de beaux traits. Il était vénéré malgré son jeune âge. Il ressemblait au Prophète (P) par son caractère. Il était l’homme le plus savant de son temps. On dit que le nombre de personnes qui bénéficièrent de ses lumières scientifiques atteignit dix huit milles. Parmi eux on peut noter le célèbre philosophe Al Kindi (le professeur d’Al Farabi) qui brûla un de ses manuscrits après avoir reçu les remarques de l’imam (P).

On rapporte d’Ismaël Ibn Muhammad le témoignage suivant :

« Un jour j’attendais Abou Muhammad (p) (l’Imam Al-Askari). Lorsqu’il arriva à ma hauteur, je le conjurai de soulager ma détresse. Je jurai que je n’avais plus un dirham, et que je n’avais pas eu de petit-déjeuner ni de dîner. L’Imam me dit que je faisais un serment de parjure au nom d’Allah et me reprocha à bon droit d’avoir caché cent dinars dans le sol. Il ajouta qu’il ne me dit pas cela pour trouver une raison de ne rien me donner. Puis il donna l’ordre à son serviteur de me verser cent dinars. »

Un homme ayant entendu parler de la générosité de l’Imam, alla le voir. Il avait besoin de cinq cent dirhams. L’Imam lui donna les cinq cent dirhams dont il avait besoin, ainsi que trois cents autres dirhams en plus.

Un jour à Samarra pendant une période de sécheresse alors que l’imam était en prison, les musulmans comme de coutume allèrent faire la prière pour obtenir la pluie mais en vain. Alors les chrétiens se réunirent et à la surprise générale la pluie se mit à tomber. Ce fut la confusion générale. Certains s’apprêtaient à se convertir au christianisme, doutant de la véracité de l’islam. C’est alors que le calife fit appel à l’imam Al Askari (P) qui leur dit de saisir ce qui se trouvait dans la main de l’évêque. L’ordre fut exécuté et l’on y trouva un os noirci. L’imam le prit et s’adressant aux chrétiens leur demanda de prier encore pour la pluie. Mais cette fois les nuages se dissipèrent rapidement. L’imam s’adressant alors au calife lui dit que ce prêtre avait passé par le tombeau d’un prophète (P) et avait déterrer un de ses os bénis et que chaque fois qu’un os de prophète (P) est mis à découvert , il pleut immédiatement.

Les chrétiens aussi attestent que l’Imam était comme le Messie (Jésus) par ses bienfaits, ses connaissances et sa faculté d’accomplir des miracles.

Il était un adorateur dévot, et on dit qu’il faisait des prières pendant la plus grande partie de la nuit.

II-3-13 QUI EST AL MAHDI (P) :

L’idée de l’avènement d’un messie[36], est antérieure à la naissance de l’Islam. Elle est une aspiration à laquelle l’humanité a souscrit dans ses différentes religions et doctrines. Même le matérialisme dialectique qui explique l’histoire par les contradictions et croit à l’avènement d’un jour promis où elles disparaîtront pour laisser la place à la société idéale (la société communiste), y souscrit.

Cette idée fait l’objet, bien entendu, de la croyance unanime de toutes les écoles juridiques islamiques.

Les musulmans sont unanimes sur la vérité d’Al-Mahdi (P) :

-sur le fait qu’il est de la famille du Prophète (P),

-que Dieu le réformera en un jour ou en une nuit,

-qu’il fera régner la justice et l’équité sur terre en un moment où celle-ci aura été remplie d’injustice et d’iniquité,

-qu’il gouvernera sur la terre pendant sept ou neuf ans – selon les différents hadiths,

-qu’il conduira l’humanité au bonheur alors qu’elle aura été assombrie dans la misère,

-qu’il accueillira Issa Ibn Mariam (P), à sa descente,

-que ce dernier priera derrière lui,

-ainsi que bien d’autres indications mentionnées dans environ 339 hadiths de sources variées.

Parmi ces sources, nous citerons Al-Majlissi et Al-Toùssi parmi les jafarites, Al-Safarini parmi les hanbalites, Al-Choukani parmi les Zaydites, ainsi que Siddiq Hassan Khan et Muhammad Ibn Al-Husseyn Al-Abiri. Tout ce que ceux-ci ont rapporté sur Al-Mahdi appartient aux conclusions des Imams[37] des huit écoles de jurisprudence, et notamment les cinq les plus adoptées d’entre elles, celles de l’Imam Jaffar Çâdiq (Jafarite), de ses deux disciples Mâlik (Malikite) et Abû Hanîfa (Hanifite), d’Al-Chafi’i (Chafi’ite), d’Ibn Hanbal (Hanbalite). Quant aux fondateurs des trois autres écoles (Al-Imam Zayd (Zaydite), Abâdh (Abâdhite) et Daoud Al-Zahir (Zahirite)), il n’ont jamais pris, à notre connaissance, le contre-pied de cette vérité sur Al-Mahdi (P).

Selon les enseignements de la sainte famille des Ahlul Bayt (P), il est le douzième et dernier Imam de la lignée des guides de la Umma choisis par Dieu, le Khutbou Zâmân (Pôle) de notre époque et devra réapparaître le moment venu pour accomplir sa mission comme decrite dans les hadiths.

Le différend entre les croyants, rappelons-le, ne concerne pas l’essentiel, à savoir la venue d’un homme qui réformera la Oumma après une longue période d’injustice, de souffrance et de persécution. L’aspect prodigieux réside plutôt dans ce dernier aspect et non pas dans la longévité, il est vrai, exceptionnelle (1300 ans pour le moment) d’Al Mahdi (P).

Il ressort après analyse que la doctrine des Ahlul Bayt (P) quoique plus immatérialiste et donc apparemment moins apte à passer l’expérience de la démonstration mathématique, est cependant plus cohérente et non moins défendable.

Cohérente par rapport à la position de Pôle de notre époque qu’occupe Al Mahdi (PSL) avec la fonction de supervision de la Umma que cela induit. Le meilleur des superviseurs dans ce cas est celui qui connaît les réalités de ceux qu’il supervise mais aussi et surtout celui qui s’est abreuvé à la source de la connaissance Prophétique auprès des Imams gardiens de la pureté des enseignements du Prophète. Imam parmi les douze et ayant vécu toutes les déviations de la Umma, il pourrait être le mieux indiqué pour la sauver et la guider sur la voie de la perfection exécutant en cela un Ordre Miséricordieux de Dieu.

Cette transformation du mystère futuriste en une réalité (l’existence effective du sauveur qui aspire au jour promis avec nous et parmi nous sans se manifester en public ni dévoiler sa vie aux autres) ramène l’idée d’Al-Mahdi (P) de l’avenir au présent.

Non moins défendable et même démontrable si on se réfère à la solide et brillante démonstration scientifique qu’en a donné Sayyed Baqer Sadr dans sa célèbre préface au livre de son disciple et proche parent Sayyed Muhammad Al-Sadr sur l’Imam Al Mahdi (P).

Nous allons tenter – avec tous les risques que comporte une telle action – de vous en résumer les principaux points.

Il note tout d’abord que l’incarnation de l’idée d’Al Mahdi (P) dans la personne de l’Imam Muhammad Al-Mahdi (P) soulève une série d’interrogations et un certain scepticisme chez beaucoup de musulmans. Ensuite il regroupe ces interrogations dans un ensemble de sept questions principales auxquelles il s’applique à répondre avec une méthodologie scientifique qu’aucun esprit rationnel ne saurait contester. Démontrant ainsi que ce qui semble d’ordinaire inconcevable – la longévité plus que millénaire d’Al-Mahdi (P) – est scientifiquement possible et logiquement plausible à la suite d’une analyse scientifique et d’un examen minutieux du prodige.

Pour montrer, par exemple, le comment de la longévité exceptionnelle du Mahdi (P), il commence par expliquer que la sphère de la possibilité logique (ou philosophique) contient celle de la possibilité scientifique qui, à son tour contient celle de la possibilité pratique.

Exemple 1 : il est impossible de diviser 3 oranges en 2 parties égales et sans fraction. Puisque 3 est impair et ne saurait donc être en même temps pair (divisible par 2) alors cette situation de division est une contradiction or la contradiction est logiquement impossible.

Exemple 2 : il n’est pas impossible, selon la logique de traverser le feu et ou monter au soleil sans se faire brûler par la chaleur car la chaleur peut passer logiquement du corps le plus froid vers le corps le plus chaud ou vice-versa. Cependant la réalité scientifique est que c’est seul le sens chaud vers froid jusqu’à l’équilibre des températures qui est possible. Voilà donc une réalité logiquement possible (monter au soleil) mais scientifiquement impossible. Car il est impossible de concevoir une cuirasse assez solide pour atteindre la chaleur suprême du soleil.

Exemple 3 : aller sur Vénus (nettement plus éloignée de la Terre que la Lune et proche du Soleil) est par contre logiquement et scientifiquement possible mais sans l’être au plan pratique à ce jour.

Alors Baqer Sadr trouve qu’une longévité exceptionnelle, de plus de 1140 ans déjà, est logiquement concevable car la vie, en tant que concept, ne comporte pas une mort rapide, ce qui est indiscutable.

Ensuite, il affirme qu’une telle longévité quoique impossible sur le plan pratique et au plan des moyens scientifiques actuels, reste possible et envisageable en théorie sur le plan scientifique. En effet, sur le phénomène de la sénilité et de la vieillesse chez l’homme deux points de vue existent : ce serait une loi naturelle inhérente aux cellules et aux tissus vivants qui porteraient le germe de leur mort inévitable qui passe par la vieillesse et la sénilité pour finir dans la mort. Autre point de vue : le phénomène résulterait de la lutte entre le corps et des facteurs extérieurs tels que les microbes ou l’empoisonnement, conséquences d’une nutrition excessive, d’un travail excessif ou d’autres facteurs.

Pour ce second point de vue la longévité extraordinaire du Mahdi (P) est scientifiquement envisageable car il suffirait de mettre le corps à l’abri de ces facteurs extérieurs permettant ainsi aux tissus du corps de parvenir à vivre, à survivre au phénomène et à le vaincre définitivement.

« Pour le premier point de vue, poursuit Baqer Sadr, rien ne nous empêche d’envisager que cette loi est flexible car dans notre vie ordinaire nous constatons des cas de personnes âgées possédant des membres en état de jeunesse. Ce qui a d’ailleurs amené des savants à profiter de cette flexibilité de la loi de la vieillesse pour prolonger la vie de certains animaux des centaines de fois leur longévité ordinaire, en créant des conditions et des facteurs qui retardent l’effet de la loi. »

« Même s’il reste vrai que l’expérience scientifique n’a pu à ce jour s’appliquer à l’homme, on peut conclure que la prolongation de la longévité humaine de plusieurs siècles est possible logiquement et scientifiquement, bien qu’elle ne le soit pas encore sur le plan de l’application, mais que l’application scientifique s’achemine vers la réalisation de cette dernière possibilité à long terme. »

Dés lors « l’étonnement et l’interrogation que soulève la question de l’âge du Mahdi (P) n’ont aucune raison d’être car ce n’est pas dans ce domaine seulement que l’Islam dépasse le mouvement scientifique. »

« Le rôle exceptionnel de Sauveur Attendu dévolu au Mahdi (P), chargé qu’il est de transformer le monde et de reconstruire sa structure de civilisation, est à la hauteur des phénomènes extraordinaires et inhabituels qui l’accompagnent. »

Baqer Sadr note d’ailleurs une surprenante « coïncidence : les deux seuls hommes chargés de vider l’humanité de son contenu corrompu et de la reconstruire sont dotés d’une longévité sans commune mesure avec la nature. Le premier, c’est Noé à propos de qui le Coran dit qu’il prêcha « mille moins cinquante ans » (donc il vécu plus longtemps) parmi son peuple et qu’il a pu grâce au Déluge reconstruire le monde. Le second, Al Mahdi (P), a vécu jusqu’à présent plus de mille ans parmi son peuple et devra également reconstruire le monde. »

Pourquoi accepter l’un et refuser l’autre ?

Enfin, il nous rappelle encore que « lorsque Ibrahim fut jeté au feu : « Nous dîmes : « Ô feu, sois sur Abraham, froidure et sécurité » ; et il en est sorti indemne. Beaucoup d’autres lois naturelles ont été suspendues pour protéger la vie des prophètes et des apôtres de Dieu sur la terre. C’était le cas lorsque Dieu a fendu la mer pour Moïse, ou lorsqu’il a fait croire aux Romains qu’ils avaient arrêté Jésus alors qu’ils ne l’avaient pas fait, ou lorsqu’il a sorti le Prophète Muhammad (P) de sa mission à l’insu de ses ennemis Quraychites qui cernaient cette maison et le guettaient avec vigilance, en attendant le moment propice pour l’attaquer.

Tous ces exemples traduisent la suspension des lois naturelles en vue de protéger quelqu’un dont la Providence veut préserver la vie.

Que la loi de la vieillesse soit rangée parmi ces lois. »

Après l’unanimité (basée sur des hadiths du Prophète) qui existait sur la question d’Al-Mahdi (P) jusqu’à la fin du 3e siècle de l’Hégire, les penseurs musulmans se sont divisés en deux groupes face à la question : ceux, heureusement largement majoritaires, qui croient fermement qu’Al-Mahdi (P) réapparaîtra le moment venu. Ils se fondent sur des hadiths du Prophète, celui-ci étant un homme véridique dont les paroles sont certitudes. Pour eux point n’est besoin de preuves ou d’arguments pour y croire, il s’agit d’une certitude à laquelle ils croient comme si elle se réalisait sous leurs yeux.

A l’opposé, il y a ceux – très minoritaires, Dieu merci – qui renient tout simplement ce prodige ainsi que d’autres prodiges similaires. Pour ces incrédules, matérialistes à souhait, qui croient à une partie du Livre en en rejetant l’autre, seule compte la logique de leur propre raison. Ils ignorent qu’il existe une autre raison plus puissante : la raison de Dieu ou raison canonique selon l’expression du Dr Hamid Afni Daoud[38] ; elle qui a la faculté de marier l’instrumental (qui relève des textes sacrés) et le rationnel.

Ils se privent alors des certitudes, par lesquelles Dieu a voulu distinguer notre Umma des autres nations aux dires mêmes du Sceau des Prophètes, Al Mustapha, l’Elu et le Bien-aimé (P) :

« Aucune autre Umma n’a reçu autant de certitude que la mienne. »

Avec les éblouissants progrès scientifiques de notre époque moderne, ces tenants d’une certaine idéologie pseudoscientifique[39] ont perdu encore plus la chance de comprendre encore moins de croire à la métaphysique et à certains événements rapportés tantôt par le Coran tantôt par les hadiths. Quelque puisse être leur niveau de connaissances, ils oublient ou ignorent une vérité essentielle : le réel ne se limite pas à ce que peuvent appréhender nos sens.




[1] La lettre (P), qui suit le nom du prophète de l’Islam signifie : « que la bénédiction divine et la paix soit sur lui et sa famille ». Lorsqu’elle suit le nom des autres prophètes et des Imams de la famille du prophète elle signifie : « que la paix soit sur lui ».

[2] C’est la période antéislamique où l’ignorance et la perversion des mœurs étaient seules souveraines.

[3] Il était certes d’une intelligence hors normes et protégé contre l’erreur comme le dit le Coran et que nous le verrons plus loin dans ce livre mais il n’avait pas « fait ses humanités » pour être en mesure d’étaler ces versets d’une inégalable beauté linguistique.

[4] Hayât al-Qulûb ; Al Mawâhib al-Laduniyyah et al-Muntaqî

[5] Histoire des premiers temps de l’Islam de Seyyed Safdar Hussein.

[6] Al-Tabari ; Ibn Jâbir.

[7] Il fut d’abord interdit de prier pendant qu’on était sous l’effet de l’alcool puis son interdiction fut beaucoup plus sévère. En quelque sorte ce fut une interdiction graduelle et marquée du sceau de la plus haute pédagogie pour des gens qui revenaient d’une période jahilienne.

[8] Dieu s’est chargé, Lui-même, de les faire mémoriser au Prophète (P) et de les ordonner : « Son rassemblement (dans ton cœur et sa fixation dans ta mémoire) Nous incombent, ainsi que la façon de le réciter. » (Al Qiyâmah, 75 : 17)

[9] Cette possibilité signifie : être libre, avoir les moyens financiers de façon licite, avoir les moyens de transport et être en bon état physique

[10] Cela veut dire qu’Allah est juste et ne fait rien qui manquerait de sagesse.

[11] Le guide islamique des enfants (traduction française).

[12] Source : Histoire des premiers temps de l’Islam de Seyyed Safdar Husein.

[13] En plus de ces trois privilèges, il y avait la possession des clés et du contrôle du Sanctuaire et le droit d’attacher la bannière à la Hampe et de la présenter au porte-étendard.

[14] Ce fils de Hâchim s’appelait en réalité Chayba al-Hamd. A la mort de son père il était trop jeune pour hériter de celui-ci. Il fut confié conformément au vœu du défunt à son oncle Al-Muttalib. Les Mecquois ne savaient pas au début son lien avec Al-Muttalib. Ils crurent que c’était son esclave et lui donnèrent le surnom de Abdul-Muttalib (esclave de Muttalib). Auparavant il vivait chez sa mère à Médine.

[15] Le miracle du puits de ZamZam (sa découverte ; elle ne tarit jamais, ne baisse jamais de niveau malgré son utilisation plus qu’intensive par les pélerins et toute la ville ; l’eau de tous les autres puits environnant est désagréable, etc.), la pierre noire, le makhâma Ibrahîm, le survol particulier des oiseaux autour de la Ka’bah et jamais au-dessus, etc. Tout cela démontre que la Ka’bah est une zone de haute énergie dans notre univers.

[16] Le terme arabe Khilafat connote la représentation, le remplacement, mais il est évident que son emploi dans ce contexte est symbolique pour l’homme car Dieu n’est jamais absent.

[17] Ce sont notamment les versets 7 : 69, 38 : 26, etc.

[18] Notamment : 4 : 41, 16 : 89, 22 : 22, 39 : 69.

[19] Ils seraient au nombre de 313 : voir al khissal chaykh saduq

[20] Voir chapitre sur l’infaillibilité (Al Assàma) du Prophète (P).

[21] Il s’agit là de la guidance intérieure des âmes celle qui se rapporte au maintien même de l’être du monde (Takwîni) et non celle de la Loi car la guidance extérieure incombe à tout musulman, comme l’ordonne la Loi.

[22] Chaque Prophète a fait des miracles en fonction du niveau de développement des Arts, des lettres et des sciences de son époque. Le Prophète de l’Islam (p) fit beaucoup de miracles dont le important et dont les effets s’étendent à tous les âges est le Coran Lui-même Qui est une Merveille dans tous les sens du terme.

[23] Rapporté par Salman Al Fârissi un Compagnon du Prophète cité par Gandu’zi dans Yannabi Ul Mawâda.

[24] Voir preuve P2 ci-après.

[25] Pour de plus amples informations voir plus loin l’histoire de la vie de l’Imam Ali.

[26]Quelques références à ce propos:

a) Muslim dans son Sahih, cite Sa’d Ibn Abî Waqâs (voir « Suyûti’s His. of Cal.de Major Jarrett, page 173. b) Zamakhshari, I-193. c) Tabari, III-300. d) Râzi, VIII-82 à 88.

[27] « Celui pour qui je suis le maître Ali est son maître. O Dieu soi le proche ami de celui qui est son proche ami et sois l’Ennemi de celui qui est son ennemi. »

[28] D ‘après Baqer Sadr dans Bihar Anwar.

[29] Al Wâdiqî ; Al Bukhâri ; Muslim ; Ahmad Ibn Hanbal ; Al – Nasâ’î ; Al Tabarî ; Ibn al-Athîr ; Al-Suyûtî ; etc.

[30] Voir le chapitre sur la succession.

[31] Al Aloussi dans Atoukh fatoul isna’ ashiriya page 8.

[32] Manaqib par Abi Hanifa, Tome I page 173 - Jami’ou Assanidou Abi Hanifa, Tome I page 222 - Azhahabi dans Tazqiratoul Houfaze Tome I page 157.

[33] Kitab Majalissou Sounna, Tome V. - Ibn Tamimya, père spirituel du Wahabisme dans Kitabou Tawassoul Wal Wassila, page 52.

[34] Du 7ème au 11ème Imam, le texte est tiré de « le Guide Islamique des enfants » traduit de l’anglais par Abbas Ahmad Al-Bostani édité en Août 88 en Iran par Daftar-e-nachr-e-farhange-e-islami.

[35] Du 7ème au 11ème Imam, une partie du texte est tiré de « le Guide Islamique des enfants » traduit de l’anglais par Abbas Ahmad Al-Bostani édité en Août 88 en Iran par Daftar-e-nachr-e-farhange-e-islami.

[36] Selon la doctrine islamique Jésus est monté au ciel et il en redescendra vers la fin des temps.

[37] De l’Ijtihad absolu pour les distinguer des autres Maîtres d’écoles de niveau inférieur (moujtahid).

[38] Dans son Avant-propos à la célébre préface de l’Imam Baqer Sâdr destinée à un grand ouvrage de Sayyed Muhammad Al-Sadr sur l’Imam Al-Mahdi (P).

[39] D’une science qui se limite à l’expérimentation en laboratoire sur des objets déformables. Or la vraie science est d’abord et avant tout une démarche dont l’objet est bien au-delà du seul visible, palpable.


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