A
yatollah Murtadha Mutahhari
Traduction : Ahmed Mustafa –
septembre 2006
Le Printemps des Cœurs
Contact : momine@gmail.com
Sommaire
Philosophie et Objectifs du Djihad
Légitimité du Djihad
Paix N’Est Pas Soumission
Différence Entre l’Islam et le Christianisme
Islam et Paix
Conditions Pour la Guerre
Les Musulmans à la Mecque
Protestation du Christianisme contre l’Islam
Les Versets Inconditionnels Concernant le Djihad
Les Versets Conditionnels
Pas de Contrainte en Religion
Paix et Compromis
Types de Défense
Droits de l’Homme
Controverse Mineure
Critère Pour Evaluer Les Droits Individuels et Universels
Liberté de Pensée ou Liberté de Croyance ?
Défense Des Valeurs Humaines
Liberté de Croyance, ou de Pensée ?
Philosophie et Objectifs du Djihad
Certains croient qu’il ne devrait pas y avoir de djihad du tout dans la religion,
que la religion ne devrait pas contenir de loi de guerre, que du fait que la guerre est une mauvaise chose, la
religion doit s’y opposer et ne pas s’établir elle-même en tant que loi. Nous, d’autre part, savons que le djihad
est un principe de base de l’Islam.
Un des arguments que les chrétiens diffusent de manière extraordinaire contre l’Islam est celui-ci. Premièrement, ils demandent pourquoi une telle loi existe en Islam et affirment ensuite qu’en
raison de cette permission légale, les musulmans commencèrent des guerres avec différents peuples, leur imposant l’Islam par la force. Ils déclarent que les djihads islamiques avaient toujours été combattus pour imposer les
croyances islamiques. C’est en raison de cette permission que les musulmans imposèrent l’Islam par la force, ce qui
est, disent-ils, jusqu’à maintenant, la manière par laquelle l’Islam fut toujours répandu. Ils disent que le
principe du djihad en Islam et un des droits fondamentaux de l’homme, à savoir la liberté de croyance, sont en
conflit éternel. Ceci est une des questions à être discutées.
Une seconde question est la différence que l’Islam maintint dans les lois du djihad
entre les polythéistes et les non-polythéistes. Il y a une disposition pour vivre en harmonie avec les Gens du Livre
qui n’est pas applicable aux polythéistes.
Un autre sujet est la question de la différenciation ou non de l’Islam entre la
péninsule arabique et le reste du monde. Est-ce que l’Islam désigna pour lui un lieu comme étant son quartier
général, son centre, où personne parmi les polythéistes ou les Gens du Livre n’est admis ? Et ce lieu est-il la
péninsule arabique, alors qu’en d’autres lieux, l’Islam n’est pas si sévère, et, par exemple, vit en harmonie avec
les polythéistes et les Gens du Livre ? En résumé, est-ce que la péninsule arabique est différente en ces
termes ou pas ?
La réponse est qu’entre la Mecque et les autres endroits, il y a sans l’ombre d’un
doute une différence, et dans le verset précédant celui sous discussion, il nous est dit :
{Les
associateurs ne sont qu’impureté : qu’ils ne s’approchent plus de la Mosquée sacrée (Masjid-ul-Haram)
}.
La quatrième question concerne les accords avec les polythéistes. Est-ce qu’un
musulman est autorisé à effectuer des accords avec de telles personnes ? Peut-il leur faire des
promesses ? Et s’il en fait, est-ce que la promesse ou l’accord doit être respecté ou non ?
Le dernier sujet concerne les conditions de guerre. Lorsque l’Islam légalisa la
guerre, quel type de guerre, en termes de conditions particulières de guerre, l’Islam considère-t-il légal, et
quelle sorte de guerre considère-t-il comme interdite ? Par exemple, est-ce que l’Islam estime le fait de tuer
tout un peuple comme étant autorisé ou interdit ? Est-ce que l’Islam considère comme permis le fait de tuer
ceux qui n’ont pas brandi l’épée : les femmes âgées, les enfants, les hommes qui sont paisiblement engagés dans
leurs travaux et commerces ? Est-ce que tuer tous ceux-là est autorisé ou interdit du point de vue de l’
Islam ? Voici toutes les questions qui doivent être discutées. Les versets concernant le djihad se présentent à
plusieurs endroits dans le Coran. Nous essaieront de tous les compiler avec l’aide de Dieu, afin d’obtenir l’avis de
l’Islam sur ce thème.
Légitimité du Djihad
Le premier sujet que nous considérerons sera relatif à la légitimité du djihad, s’
il est correct ou non qu’une loi de guerre existe dans le contexte de la religion et le texte de ses commandements.
Les contestataires disent : « Non, la guerre est mauvaise, et la religion doit toujours s’opposer au
mal ; la religion doit donc toujours s’opposer à la guerre. Elle doit toujours soutenir la paix. Et, étant
donné qu’elle est destinée à soutenir la paix, il ne doit pas y avoir de lois concernant la guerre, et elle ne doit
jamais partir en guerre ». Ceci est le genre de propagande que les chrétiens poursuivent, faible et vide, basée
sur rien.
La guerre, est-elle toujours mauvaise ? Si elle est en défense d’un droit,
contre l’oppression, est-elle toujours mauvaise ? Evidemment non. Nous devons observer les conditions et les
motifs de guerre et considérer pour quel motif et objectif une guerre est combattue. Il y a des moments où la guerre
est une agression. Par exemple, lorsqu’un groupe de personnes ou une nation pose ses yeux avides sur les droits d’
autres personnes, sur les territoires d’autres personnes, ou lorsqu’il pose son regard sur les biens d’un peuple, ou
tombe en proie à une ambition excessive, pour désirer la suprématie ou la supériorité, affirmant que « de
toutes les races, notre race est la plus éminente, supérieure aux autres races, et ainsi nous devons gouverner sur
ces races ». Evidemment, la guerre pour ces raisons n’est pas correcte. Si une guerre est lancée pour prendre
possession d’un territoire, pour prendre contrôle de biens nationaux, ou causée pour mépriser les autres ou par
sentiment de supériorité raciale, c’est une guerre d’agression. Ces types de guerres sont assurément malveillants,
et il ne peut y avoir de doute à ce sujet. Nous parlerons plus tard d’un autre type de guerre : la guerre pour
imposer une croyance.
Mais si une guerre de défense est entreprise face à une agression, – d’autres ayant
occupé notre terre, ou ayant posé leurs yeux sur notre richesse et notre propriété, ou notre liberté et notre
respect, dont ils veulent nous priver, et ayant l’intention d’imposer leur direction sur nous – dans ce cas, que
doit dire la religion ? Est-ce qu’elle doit dire : « La guerre est absolument mauvaise, poser les
mains sur une arme est mal, soulever une épée est mal » et soutenir par là la paix ? Et nous, lorsque nous
faisons face à une imminente attaque et au risque d’être détruits, ne devons-nous pas aller à la guerre sous
prétexte de paix ? Si nous ne le faisons pas, cela ne signifierait-il pas l’échec de notre défense ? Ceci
ne serait pas la paix, ceci serait la reddition.
Paix N’Est Pas Soumission
Dans un tel cas, nous ne pouvons dire qu’en raison du fait que nous sommes les
partisans la paix, nous sommes opposés à la guerre. Une telle chose signifierait que nous sommes les défenseurs de
la misère, les défenseurs de la reddition. Ne faites pas erreur : la paix et la reddition sont aussi
différentes l’une de l’autre que la craie et le fromage. Le sens de la paix est la coexistence honorable avec les
autres, mais la reddition n’est pas la coexistence honorable : c’est la coexistence qui est d’un côté
absolument déshonorable. En réalité, c’est une coexistence qui est absolument déshonorable des deux côtés. D’un
côté, le déshonneur est l’agression, et de l’autre côté, c’est le déshonneur de la reddition face à l’injustice et
l’oppression.
Cette illusion doit donc être éradiquée, et une personne qui se déclare être
opposée à la guerre, disant que la guerre est totalement nuisible – qu’elle soit de l’injustice ou de la défense ou
de la résistance face à une injustice – a fait une grande erreur. La guerre qui signifie l’agression doit être
entièrement condamnée, tandis que la guerre qui signifie le soulèvement face à la transgression doit être louée et
est nécessaire pour l’existence humaine.
Le Coran indique aussi cette affaire, et l’éclaire en réalité. Il dit :
{Et si Dieu
ne neutralisait pas une partie des hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue.}.
Et à un autre passage, il nous dit :
{Si Dieu ne
repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les
synagogues et les mosquées où le nom de Dieu est beaucoup invoqué.}
.
Alors, si Dieu ne repoussait pas certaines personnes par le biais d’autres
personnes, la destruction et la corruption deviendraient la règle partout. De plus, c’est pour cette raison précise
que tous les pays du monde estime qu’il est nécessaire, essentiel pour eux de maintenir des forces armées pour leur
défense. L’existence de forces armées, dont le devoir est d’empêcher l’agression, est une nécessité absolue.
Maintenant, s’il existe deux pays ayant tous deux des forces armées – l’une pour l’agression et l’autre pour la
défense –, ne dites pas que celui qui a une armée sans l’intention d’agression est plus faible que l’autre, et que
s’il était plus fort, il aurait aussi l’intention d’agresser. Nous ne sommes par concernés par cette affaire. Le
fait est que l’existence d’une armée de défense est essentielle pour toute nation afin que la nation soit assez
forte pour contrôler toute agression contre elle.
Ainsi, le Coran nous dit :
{Et
préparez contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin d’effrayer l’ennemi de Dieu
et votre ennemi}.
L’affirmation signifie : « Préparez des forces autant que vous pouvez et
centralisez vos forces à vos frontières ». « Ribat » provient du terme
« rabt ». « Rabt » signifie « attacher ». « Ribat-il-
khayl » veut dire « chevaux attachés ». L’expression concernant les chevaux prêts est faite car
dans le passé, la force des armées consistait principalement en des chevaux, mais naturellement, chaque époque a ses
propres caractéristiques.
Ce que le Coran dit là est que pour que la crainte de notre force entre dans les
cœurs de nos ennemis et afin de ne pas laisser l’idée d’une agression en leur esprit, nous devons nous développer
une armée et nous rendre forts.
Différence Entre l’Islam et le Christianisme
Il est dit au sujet du Christianisme qu’il a la distinction de ne pas avoir de loi
administrant la guerre. Nous disons, d’autre part, que l’Islam a la distinction d’avoir la loi du djihad. Si nous
observons minutieusement, nous remarquons que dans le Christianisme, il n’y a pas de djihad car il n’a rien du tout.
Par cela, je veux dire qu’il n’y a pas de structure chrétienne de la société, pas de système chrétien légal, et pas
de lois chrétiennes sur la manière dont une société doit être formée, pour qu’elles puissent contenir une loi de
djihad. Il n’y a pas de matière dans le Christianisme ; il ne contient pas plus que quelques enseignements
moraux qui forment une collection de conseils comme « Dis la vérité », « Ne dis pas de
mensonges », « Ne t’empare pas de la richesse des autres », et ainsi de suite. De telles choses n’
appellent pas au djihad. L’Islam, cependant, est une religion qui le considère comme son devoir et son obligation
pour former un état islamique.
L’Islam vint pour réformer la société et pour former une nation et un gouvernement.
Son mandat est la réforme du monde entier. Une telle religion ne peut être indifférente. Elle ne peut être sans une
loi de djihad. De la même façon, son gouvernement ne peut exister sans une armée. Alors que la portée du
Christianisme est extrêmement limitée, celle de l’Islam est extrêmement large. Tandis que le Christianisme ne
dépasse pas les frontières du conseil, l’Islam est une religion qui recouvre toutes les activités de la vie humaine.
Il a des lois qui gouvernent la société, des lois économiques, et des lois politiques. Il vint pour organiser un
état, pour organiser un gouvernement. Une fois ceci réalisé, comment peut-il rester sans une armée ? Comment
peut-il exister sans une loi de djihad ?
Islam et Paix
Ainsi, ces groupes qui déclarent que la religion doit toujours s’opposer à la
guerre, et soutenir la paix, car la paix est bien et que la guerre est totalement mauvaise, font erreur. La religion
doit bien entendu défendre la paix, et le Coran dit : {la réconciliation (paix) est meilleure}
, mais il doit aussi soutenir la
guerre. Si le côté opposé n’est pas prêt à coexister honorablement, par exemple, et étant oppressif, il prévoit de
piétiner la dignité et l’honneur humain, et nous nous y soumettons, alors nous avons accueilli la misère : nous
avons accepté le déshonneur. L’Islam dit : « Paix si l’autre côté est prêt et disposé à l’accepter.
Sinon, et s’il se tourne vers la guerre : alors guerre ».
Conditions Pour la Guerre
Le second sujet concerne les circonstances dans lesquelles l’Islam dit que nous
devons combattre. Les premiers versets du Coran qui nous viennent au sujet du djihad, dans l’avis accepté de tous
les commentateurs, sont ceux de la sourate Le Pèlerinage :
{Dieu prend
la défense de ceux qui croient. Dieu n’aime pas le traître incroyant. Combattre est permis à ceux qui sont lésés,
parce qu’ils sont attaqués, et Dieu peut les secourir ; ceux qui sont expulsés de leurs demeures, contre toute
justice, simplement parce qu’ils disaient : « Dieu est notre Seigneur ». Si Dieu ne repoussait pas
les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les
mosquées où le nom de Dieu est beaucoup invoqué. Dieu soutient, certes, ceux qui Le soutiennent. Dieu est assurément
Fort et Puissant pour ceux qui, établis par Nous sur terre, font la prière et acquittent l’aumône (zakat),
ordonnent le convenable et interdisent le blâmable. Et l’issue finale de toute chose appartient à
Dieu.}.
Voici des versets grandioses. Ce sont les tous premiers versets coraniques révélés
concernant la législation du djihad.
Les Musulmans à la Mecque
Avant de donner plus de détails sur ces versets, toutefois, nous devons en premier
lieu tourner notre attention vers quelque chose d’autre. Comme nous le savons, la première révélation fut descendue
au Prophète à la Mecque, lorsqu’il était âgé de quarante ans. Après cela, le Prophète vécut treize années à la
Mecque, temps durant lequel soit lui soit ses compagnons étaient terriblement torturés par les païens de Quraysh,
les maisons gouvernantes de la Mecque ; cela de telle sorte qu’un groupe d’entre eux fut forcé de chercher
permission du noble Prophète pour émigrer. Ils quittèrent la Mecque et se rendirent en Ethiopie. A plusieurs
reprises, les musulmans demandèrent au noble Prophète la permission de se défendre, mais durant la totalité des
treize ans qu’il vécut à la Mecque, il ne l’accorda pas, du fait qu’il y avait une bonne raison, jusqu’à ce que sa
sainte mission prit une solide forme et que l’Islam se répandit, parmi d’autres lieux, à Médine. Là, un petit groupe
de Médinois étaient devenus musulmans, étaient partis pour la Mecque, avaient prêté serment d’allégeance au
Prophète, et avait effectué un contrat que s’il se rendait à Médine, ils le soutiendraient. Alors le noble Prophète
émigra à Médine et les musulmans émigrèrent aussi. Et à Médine, pour la première fois, une base musulmane
indépendante fut amenée à exister. Durant la première année, la permission pour la défense ne fut toujours pas
donnée. Ce fut au cours de la deuxième année de l’hégire que les premiers versets sur le djihad, ces mêmes versets
que je viens juste de citer, furent révélés. La nature du verset va dans ce sens :
{Dieu prend
la défense de ceux qui croient. Dieu n’aime pas le traître incroyant.}
.
Ceci indique que les polythéistes avaient été traîtres envers les musulmans, les
avaient trahis, avaient transgressé contre eux, et avaient rejeté la bénédiction de Dieu sur eux. Alors il
déclare :
{Combattre
est permis à ceux qui sont lésés, lorsqu’ils sont attaqués}.
La permission de combattre fut donnée à ceux que d’autres étaient venus combattre.
Ce qui signifie : « Ô musulmans, maintenant que les incroyants polythéistes sont venus pour combattre
contre vous, combattez-les ». En réalité, ceci est un état de défense. Pourquoi cette permission fut
donnée ? Car les opprimés doivent se défendre. Puis vient une promesse d’assistance :
{Et Dieu
peut les secourir ; ceux qui sont expulsés de leurs demeures, contre toute justice, simplement parce qu’ils
disaient : « Dieu est notre Seigneur ».}.
A ces personnes qui ont été injustement expulsées de leurs maisons et terres sans
avoir effectué d’offense excepté qu’ils ont dit : « Notre Seigneur, notre Maître est Dieu », Dieu
donne la permission du djihad. Leur offense était qu’ils ont dit : « Dieu est notre Seigneur ». A de
telles personnes, est-ce que Dieu donne la permission de combattre ?
Observez comment le verset adopte un aspect de défense. Puis il exprime l’entier
raisonnement derrière le djihad. Le Coran est surprenant dans la façon dont il révèle les réalités et rappelle tous
leurs détails. Pour cela vient ici un verset particulier, comme si le Coran avait été confronté à toutes les
questions et tous les problèmes soulevés par les chrétiens d’aujourd’hui, qui disent :
« Ô Coran. Tu es supposé être un livre divin, tu es supposé être un livre
religieux, comment peux-tu donner la permission de combattre ? La guerre est une mauvaise chose, dis toujours “
Paix !”, dis “Pureté !”, dis “Adoration !” ».
Mais le Coran nous dis : Non. Si l’autre côté devient agressif envers nous et
que nous ne nous défendons pas, nous ferons face à un complet désordre. Toutes les maisons d’adoration seront
détruites :
{Si Dieu ne
repoussait pas les gens les uns par les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les
synagogues et les mosquées où le nom de Dieu est beaucoup invoqué.}
.
Si Dieu ne contrôle pas l’agression de certaines personnes au moyen d’autres
personnes, toutes les maisons d’adoration de toutes les diverses sectes et religions seraient détruites. Les églises
des chrétiens, les synagogues des juifs, les monastères, les mosquées des musulmans, tous n’existeraient plus.
Certaines personnes commettraient une telle agression que personne ne trouverait la liberté pour adorer Dieu.
Le Coran effectue ensuite une promesse d’aide :
{Dieu
soutient, certes, ceux qui Le soutiennent. Dieu est assurément Fort et Puissant}.
Quiconque aide Dieu, c’est-à-dire quiconque aide la vérité et la justice de la
réalité, sera aidé par Dieu, et Dieu est Puissant et toujours le Victorieux.
Observez maintenant comment Dieu décrit ceux qu’Il aide. Dieu aide les gens qui se
défendent. Les gens qui, lorsqu’ils établissent un gouvernement, ne forment qu’un sur ces programmes :
{ceux qui,
établis par Nous sur terre}.
Les gens qui, lorsque Dieu leur donne un lieu pour habiter et installe un
gouvernement pour eux. Les gens qui, lorsque Dieu leur donne le pouvoir et l’autorité, forment un état sur ces
programmes. Quels programmes ?
{font la
prière}.
Ils entreprennent l’adoration de Dieu.
{acquittent
l’aumône}.
Ils payent la taxe de purification. La prière est le correct lien spirituel entre
l’homme et Dieu, et l’aumône est le correct lien spirituel de coopération entre les individus. Les gens qui adorent
Dieu avec sincérité et s’aident l’un l’autre,
{ordonnent
le convenable et interdisent le blâmable}.
Qui se considèrent comme étant sous une obligation d’encourager ce qui est bien et
de combattre ce qui est mal.
{Et l’issue
finale de toute chose appartient à Dieu.}.
Le résultat de toutes les affaires, tous les sujets, sont entre les Mains de
Dieu.
Ce que nous avons appris jusque là est que le Coran définit fondamentalement le
djihad non pas comme une guerre d’agression ou de supériorité ou d’autorité, mais de résistance contre l’
agression.
Bien entendu, les formes d’agressions auxquelles il faut résister ne sont pas
toujours dans le domaine d’une partie envahissant le territoire d’un autre. Une forme d’agression peut être dans le
domaine de l’autre côté, dans son propre territoire, assujettissant à la torture et la tyrannie un groupe d’entre
eux, un groupe qui est faible et impuissant qui, dans les termes du Coran, sont appelés les mustadh’afin (les
impuissants). Dans de telles conditions, les musulmans ne peuvent rester distants, indifférents. Les musulmans ont
l’autorisation de libérer un tel peuple tourmenté. Ou peut-être que l’autre côté créa un tel état terrible de
répression que l’appel à la vérité, à l’amour et à la justice n’est pas autorisé à prospérer, qu’il créa une
barrière, un obstacle qui doit être détruit. Tous ceux-ci sont des types de transgressions. Les musulmans doivent
affranchir l’humanité des chaînes de la servitude de pensée et l’asservissement d’autre chose que la pensée. Dans
toutes ces conditions, le djihad est une urgente nécessité ; et un tel djihad est en défense, en résistance
contre l’injustice et l’oppression, contre la transgression. Le terme « défense », dans son sens général,
signifie la résistance contre une injustice et une oppression existantes. Mais les types d’injustice et les types de
transgression contre lesquels le djihad, du point de vue de l’Islam, est nécessaire sont encore à discuter.
Défense ou Agression
Protestation du Christianisme contre l’Islam
Précédemment, nous avons dit qu’un des points, selon son avis, que le monde du
Christianisme considérait comme étant un point faible de l’Islam, est l’affaire du djihad islamique, qui le pousse à
dire que l’Islam est une religion de guerre, non pas une religion de paix, tandis que le Christianisme est une
religion de paix. Il dit que la guerre est totalement mauvaise et que la paix est bien, et que toute religion qui
est divinement fondée doit défendre la paix qui est une bonne chose, et ne pas soutenir la guerre, qui est une
mauvaise chose. Jusqu’à hier, le Christianisme regardait les choses sous l’angle de la morale, une morale exclusive
au Christianisme, une morale qui se joint à la scène du « tendre l’autre joue », une morale qui favorise
la sérénité. Mais le Christianisme a aujourd’hui changé de positions. Il a changé de visage. Il observe maintenant
les choses d’un angle différent, et poursuit sa propagande d’un axe différent, à travers l’axe des droits essentiels
de l’homme et du droit humain essentiel de la liberté. A travers l’axe de la « guerre étant totalement opposée
au droit de liberté », à la liberté de foi, la liberté de volonté, à la liberté de choix de religion, de
nationalité et d’autres choses. Mais nous, musulmans, observons la question des deux angles, de l’angle moral et des
normes de la morale, et aussi de l’angle des droits de l’homme et des « nouvelles » normes humaines. Il
est en soi évident et clair que ce que les chrétiens disent n’est pas du tout valide.
Bien entendu, la paix est bien. Il n’y a pas de doute concernant cela. Et la
guerre, pour l’agression d’un autre peuple, – un peuple qui n’a pas d’intentions contre l’agresseur, pas d’
intentions contre cette société agressive – la guerre pour occuper les terres de cette nation qui ne se doute de
rien et pour s’emparer de leur propriété, pour assujettir son peuple, pour les exposer à l’influence et aux lois des
agresseurs, est indubitablement mauvaise. Ce qui est mauvais est la transgression et l’agression. La guerre peut
être agressive et elle peut aussi être une réplique à une agression, car parfois, la réponse à une agression doit
être donnée par la force. Il y a des fois où la force est la seule réponse qui peut être donnée.
Toute religion, si elle est une religion complète, doit avoir pensé au sujet de ce
qu’elle fera en ce jour où elle est confrontée à une agression, ou, supposons, si elle n’est pas elle-même
confrontée à une agression, mais un autre peuple. C’est pour un tel jour que la religion doit avoir une loi de
guerre, une loi de djihad. Les chrétiens disent que la paix est bien, et nous sommes d’accord : la paix est
bien. Mais qu’en est-il de la soumission, de l’humiliation et de la misère ? Si une puissance est confrontée à
une autre puissance et que les deux défendent la paix, les deux désirent, dans les termes d’aujourd’hui, vivre en
coexistence pacifique sans une puissance souhaitant agresser l’autre, mais les deux souhaitant vivre en paix avec
des droits réciproques et un respect mutuel ; alors ceci est appelé la paix et est bien et essentielle.
Il y a un moment, cependant, où un groupe est l’agresseur et, sous prétexte que la
guerre est mauvaise, l’autre groupe accepte de se rendre, ce qui signifie que l’humiliation d’avoir à tolérer l’
agression leur devient imposée. Le nom de ceci n’est pas la paix. Le nom de ceci est la disposition à accepter l’
humiliation et la misère. Une telle soumission face à une force ne peut jamais être appelée paix.
Il y a une différence entre la défense de la paix et l’acceptation de l’
humiliation. L’Islam ne donne jamais la permission d’être humilié, tandis qu’en même temps, il soutient fortement la
paix.
Ce que je souhaite appuyer est l’importance de cette question que les chrétiens et
d’autres attaquaient et [pour laquelle ils] protestaient contre l’Islam, l’affirmant être le point faible de l’
Islam, ajoutant que la vie du noble Prophète était exactement ceci, que l’Islam est une religion d’épée, que les
musulmans levèrent les épées au-dessus des peuples et dirent : « Choisissez l’Islam ou mourez », et
que les gens acceptèrent l’Islam afin de rester en vie. Par conséquent, je pense qu’il est nécessaire de discuter de
ce sujet de manière approfondie et avec minutie, et nous utiliserons non seulement des versets du Coran, mais aussi
des traditions confirmées du Prophète et des regards sur sa vie. Nous commencerons avec les versets
coraniques.
Les Versets Inconditionnels Concernant le Djihad
Certaines des instructions coraniques concernant le djihad contre les mécréants
sont inconditionnelles, ce qui signifie qu’elles affirment seulement ceci : « Ô Prophète, combats les
mécréants et les hypocrites ». Ou, dans le cas auquel fait allusion le verset que nous avons récité, après une
période qui est donnée aux polythéistes (quatre mois), s’ils n’ont pas adopté l’Islam ou n’ont pas émigré, ils
doivent alors être tués. (Cela signifie-t-il dans les alentours de la Mecque et autour du sanctuaire ou tout
lieu ? Cette question devra être discutée plus tard.) Ou le verset qui est au sujet des Gens du Livre.
{Combattez
ceux qui ne croient ni en Dieu ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce que Dieu et Son Messager ont interdit et
qui ne professent pas la religion de la vérité}.
Le verset suivant parle aussi au sujet du même sujet :
{Ô
Prophète, lutte contre les mécréants et les hypocrites, et sois rude avec eux}.
Si nous devions seulement prêter attention à ce verset, nous dirions que l’Islam
ordonne pleinement aux musulmans de lutter contre les mécréants et les hypocrites et qu’ils ne doivent jamais être
en paix avec eux, que les musulmans doivent les combattre, avec autant de véhémence que possible. Ils doivent les
combattre. Et si nous parlons de la sorte, nous croirons que le Coran nous dit inconditionnellement de combattre les
non-musulmans.
Lorsque deux commandements existent, l’un inconditionnel et l’autre conditionnel,
lorsqu’il y a une instruction qui est à un endroit inconditionnel mais qui à un autre endroit est liée à une
condition, alors, d’après les ulémas, l’inconditionnel doit être interprété comme le conditionnel. Les versets que
je viens de lire sont absolus. D’autres versets existent concernant le même sujet, qui sont conditionnels,
[signifiant] : « Ô musulmans. Combattez les polythéistes en raison du fait qu’ils sont en agression contre
vous, car ils sont en état de guerre avec vous, et par conséquent, vous devez vraiment les combattre ».
Il devient ainsi clair que lorsque le Coran dit : « Ô Prophète, combats
les mécréants et les hypocrites », cela signifie que nous devons lutter contre ces mécréants et hypocrites qui
nous combattent et qui continueront à combattre si nous combattons.
Les Versets Conditionnels
Le Coran affirme :
{Combattez
dans le sentier de Dieu ceux qui vous combattent, et ne transgressez pas. Dieu n’aime pas les
transgresseurs.}.
Ô vous qui avez la foi. Combattez ceux qui vous combattent, c’est-à-dire combattez
-les car ils vous combattent, mais n’enfreignez pas la limite. Cela n’indique-t-il pas de ne pas être le
transgresseur ? Cela fait manifestement référence à ceux qui nous combattent et que nous sommes en train de
combattre et non pas quelqu’un d’autre, et que nous sommes en train de combattre dans le champ de bataille. Nous
devons combattre certains groupes de gens, les soldats que l’autre côté a envoyés, les hommes de combat qu’ils ont
préparés à lutter contre nous et qui nous combattent.
Mais ne transgressez pas la limite en les combattant. Qu’est-ce que cela
signifie ? Cela veut dire, combattez seulement ceux qui vous combattent, combattez leurs soldats dans le champ
de bataille. Combattez les soldats qui ont été envoyés pour combattre. Le champ de bataille n’est pas un terrain de
jeu ; c’est un terrain pour croiser le fer, échanger des balles, et se battre. Mais nous ne sommes pas
autorisés à perturber inutilement les civils – hommes, femmes et enfants. Vous n’êtes pas autorisés à commettre des
atrocités qui font partie de l’agression comme couper les arbres, remplir leurs canaux, etc.
Un autre verset conditionnel, le premier verset révélé sur le djihad, dit que du
fait que l’autre côté a tiré son épée contre nous, nous pouvons en faire de même.
Dans un autre verset de la sourate Le Repentir, il nous est
dit :
{Combattez
les polythéistes sans exception, comme ils vous combattent sans exception.}
.
Se Hâter Pour la Défense Des Opprimés
Avant de toucher ce sujet et les versets qui y sont relatifs, un point doit être
mentionné. J’ai affirmé que la permission du djihad est sujette à certaines conditions. Quelles conditions ?
L’une est que le côté en opposition soit un état d’agression. Ceux qui forment ce côté nous attaquent, et du fait
qu’ils se battent contre nous, nous devons les combattre. Est-ce que les conditions du djihad sont limitées à ceci
seulement ? Ou y a-t-il d’autres facteurs ? Peut-être que l’autre côté ne propose pas de nous battre, mais
est coupable d’une grande injustice envers un autre groupe d’êtres humains, et nous avons une capacité à sauver ces
êtres humains des grippes de cet agresseur. Si nous ne les sauvons pas, ce que nous faisons en réalité est aider l’
oppression de cet oppresseur contre l’opprimé. Nous pouvons être dans une situation où une partie n’a pas
transgressé contre nous mais a commis quelque type d’injustice contre un groupe d’un autre peuple, qui peut être
musulman, ou qui peut être non-musulman. S’ils sont musulmans – comme le drame d’aujourd’hui des Palestiniens qui
ont été exilés de leurs maisons, dont les biens ont été saisis, qui ont été sujets à toutes sortes de transgression
– alors que pour le moment, le transgresseur n’a pas d’intentions contre nous, est-il permis pour nous dans de
telles circonstances de se presser au secours de ces musulmans opprimés et de les délivrer, ou ceci n’est-il pas
permis ?
Assurément, ceci aussi est autorisé. En réalité, cela est obligatoire. Ce ne serait
pas un cas de commencement des hostilités ; ce serait accourir à la défense de l’opprimé, notamment s’ils sont
des musulmans, pour les délivrer des griffes de l’oppression.
Mais si la personne ou la partie tyrannisée n’est pas musulmane, alors la tyrannie
peut être de deux types. Il y a un temps où l’oppresseur a placé un peuple dans un vide et bloque l’appel de l’
Islam. L’Islam se donne le droit de diffuser son message à travers le monde, mais ceci dépend de l’existence de la
liberté pour qu’il se répande.
Imaginez un gouvernement qui dit aux musulmans qui délivrent l’appel de l’Islam à
une nation : « Vous n’avez pas le droit de dire ce que vous dites. Nous ne le permettons pas ». Dans
ces circonstances, il ne nous est pas permis de nous battre avec cette nation, avec ce peuple qui est innocent et
qui n’est pas au courant. Mais nous est-il permis de nous battre contre ce régime corrompu qui s’appuie sur une
idéologie putride qu’il utilise comme une chaîne autour du cou du peuple pour l’emprisonner dans un sentier aveugle,
isolé de l’appel de la vérité ; un régime qui agit comme une barrière contre cet appel ? Nous est-il
permis de combattre ce régime afin de retirer cet obstacle ? Ou, en termes concrets, nous est-il permis de nous
battre contre cette prison de répression ou non ? Du point de vue de l’Islam, ceci est aussi autorisé du fait
que ceci serait en soi un soulèvement contre l’oppression, contre l’injustice et la tyrannie. Il se peut que ceux
qui subissent le tort, les opprimés, ne soient pas conscients de la nature de l’injustice et n’aient pas demandé de
l’aide, mais il n’y a en fait pas besoin qu’ils le requièrent.
La recherche de l’aide est une autre question ; supposons que les opprimés
nous demandent de l’aide, est-il permis ou obligatoire pour nous de les aider ? Même s’ils ne demandent pas de
l’aide, nous est-il toujours permis de les aider, ou même obligatoire ? La réponse est qu’il n’est pas
nécessaire pour eux de rechercher notre aide. Le simple fait que les opprimés soient oppressés, qu’un régime
oppressif ait érigé un mur, une barrière, pour son propre bien-être, empêchant une nation de devenir consciente de
l’Appel là où résident la prospérité et le bonheur de cette nation, Appel qu’ils accepteront certainement s’ils l’
entendaient et en devenaient avertis, pousse l’Islam à dire que nous pouvons briser cette barrière qui se trouve,
entre lui et ce peuple, en la forme d’un gouvernement répressif.
Pas de Contrainte en Religion
Dans le Coran, nous avons un groupe de versets qui spécifient que la religion doit
être acceptée librement et qu’elle ne peut être forcée pour quelqu’un, et ceci confirme ce que nous disions, à
savoir que dans l’Islam, personne ne peut être contraint ; il ne peut être dit à personne de devenir musulman
ou de mourir. Ces versets clarifient ces versets inconditionnels d’une manière différente.
L’un est une partie du verset du Trône (ayat-ul-kursi) et est bien connu :
{Nulle contrainte en religion, car le bon
chemin s’est distingué de l’égarement.}
Ce qui signifie que nous devons expliquer clairement le droit chemin aux
gens ; sa réalité propre est manifeste. Il n’y a pas de place pour l’utilisation de la contrainte en
religion ; personne ne doit être obligé à accepter la religion de l’Islam. Ce verset est explicite dans son
sens. Dans les commentaires coraniques, il est écrit qu’un Ansari qui avait précédemment été un polythéiste, avait
deux fils qui s’étaient convertis au Christianisme. Ces deux fils étaient devenus fascinés par le Christianisme et
lui étaient très dévoués, mais leur père était maintenant un musulman et était contrarié que ses fils étaient
devenus chrétiens. Il se rendit au saint Prophète et lui dit : « Ô Prophète ! Que puis-je faire pour
mes fils qui sont devenus chrétiens ? Ils n’acceptent pas l’Islam. Me donnes-tu la permission de les forcer à
quitter leur religion et à devenir musulmans ? ». Le Prophète dit : « Non. Il n’y a pas de
contrainte en religion ».
Concernant les circonstances dans lesquelles ce verset fut révélé, il est aussi
écrit qu’il y avait deux tribus, les Aws et les Khazraj, qui vivaient à Médine, et qui étaient les habitants d’
origine de Médine. A l’aube de l’Islam, ils vivaient là ensemble avec plusieurs grandes tribus juives qui étaient
venues à Médine en une période postérieure. L’une était la tribu Bani Nazil, et une autre était les Bani Qoraizeh,
tandis qu’il y avait encore une autre grande tribu de juifs qui vivait aux extrémités de la ville.
Les juifs, ayant le Judaïsme pour religion et ayant aussi un livre saint, vinrent
pour être plus ou moins considérés comme les érudits de cette société, tandis que parmi les habitants d’origine de
Médine, qui étaient polythéistes et généralement illettrés, il était récemment venu à l’existence un petit groupe
aussi capable de lire et écrire. Les juifs, en conséquence de leur culture supérieure et de la dimension étendue de
leurs pensées, exercèrent une certaine influence sur ce groupe. Ainsi, en dépit du fait que la religion des Aws et
des Khazraj était différente de celle des juifs, ils se permirent néanmoins d’être influencés par les idées juives.
Par conséquent, ils envoyaient parfois leurs enfants chez les juifs pour être éduqués, et alors qu’ils se trouvaient
parmi les juifs, les enfants renonçaient de temps à autre à leur religion païenne de polythéisme et se
convertissaient au Judaïsme. Ainsi, lorsque le saint Prophète entra à Médine, un groupe de ces garçons de cette
ville étaient formés par les juifs et s’étaient choisis la religion juive, dont certains d’entre eux choisirent de
ne pas y renoncer. Les parents de ces enfants devinrent musulmans, mais les enfants n’abandonnèrent pas leur
nouvelle religion, le Judaïsme. Et lorsqu’il avait été décidé que les juifs devaient quitter Médine (en punition au
chaos qu’ils avaient éveillé), ces enfants s’en allèrent aussi avec leurs collègues juifs. Leurs pères vinrent au
saint Prophète, lui demandant la permission pour eux de séparer leurs enfants des juifs, pour les forcer à
abandonner le Judaïsme et à devenir musulmans ; permission que le saint Prophète ne donna pas. Ils
dirent : « Ô Prophète ! Permets-nous de les forcer à quitter leur religion et à embrasser l’
Islam ». Le saint Prophète leur dit : « Non. Maintenant qu’ils ont choisi de partir avec les
juifs, laissez-les s’en aller avec eux ». Et les commentateurs disent que c’est alors que le verset :
{Nulle contrainte en religion, car le bon
chemin s’est distingué de l’égarement.} fut révélé.
Celui-ci est un autre verset bien connu :
{Appelle au sentier de ton Seigneur par la
sagesse et la bonne exhortation. Et discute avec eux de la meilleure façon.}
.
Invitez les gens au chemin de votre Seigneur. Comment ? Avec la force de l’
épée ? Non. Par la bonne exhortation et le bon conseil.
{Et discute avec eux de la meilleure
façon.}
Avec ceux qui discutent avec nous, nous devons aussi discuter, de la meilleure
façon. Ce verset a clairement introduit la méthode de l’Islam pour communiquer son message aux gens.
Dans un autre verset, il nous est dit :
{La vérité émane de votre Seigneur. Alors
quiconque le veut, qu’il croie, et quiconque le veut, qu’il mécroie.}
.
Quiconque souhaite croire croira, et quiconque désire rejeter, il rejettera. Ce
verset a donc aussi déclaré que la foi et le rejet, la foi et la mécréance, ne peuvent être choisis que par une
personne, ils ne peuvent être forcés à quelqu’un par d’autres. L’Islam ne dit donc pas que d’autres peuvent être
forcés à l’Islam ; s’ils deviennent musulmans, c’est bien et sage, et s’ils ne le deviennent pas, ils ne
doivent pas être tués, le choix est le leur. L’Islam dit que quiconque souhaite croire croira, et quiconque ne le
désire pas, ne croira pas. Il y a aussi ce verset :
{Si ton Seigneur l’avait voulu, tous ceux qui
sont sur la terre auraient cru. Est-ce à toi de contraindre les gens à devenir croyants ?}.
Le verset est adressé au Prophète. Le saint Prophète aimait vraiment les gens et
souhaitait qu’ils deviennent de vrais croyants. Le Coran dit que l’utilisation de la force dans l’affaire de la
croyance est hors de propos. Si la force était valide, Dieu Lui-même, avec Son propre Pouvoir de création, aurait
rendu tous les gens croyants, mais la croyance est une chose que les gens doivent choisir pour eux-mêmes. Dieu, avec
tous Ses Pouvoirs de création et de compulsion, n’a pas forcé l’humanité à être des croyants et leur a donné la
libre volonté de choisir. Ainsi, pour la même raison, le Prophète devait aussi les laisser choisir pour eux-mêmes.
Celui dont le cœur le souhaite deviendra un bon croyant, et celui dont le cœur ne le souhaite pas, ne le sera
pas.
Un autre verset adressé au Prophète dit :
{Il se peut que tu te consumes de chagrin parce
qu’ils ne sont pas croyants.}.
{Si Nous voulions, Nous ferions descendre du
ciel sur eux un prodige devant lequel leurs nuques resteront courbées.}
.
Dieu dit ici que s’Il voulait faire descendre du ciel un signe, une affliction, et
dire aux gens qu’ils devaient soit devenir de vrais croyants, soit être détruits par cette affliction, tous les gens
sous la contrainte deviendraient croyants, mais Il n’agit pas ainsi, car Il souhaite que les gens choisissent d’eux
-mêmes.
Ces versets clarifient aussi l’idée du djihad en Islam et rend clair que le djihad
en Islam n’est pas ce que certaines parties, pour des intérêts personnels, ont dit qu’il était. Ces versets
clarifient que l’aspiration de l’Islam n’est pas la contrainte, qu’il ne commande pas aux musulmans de lever l’épée
au-dessus de la tête de toute personne n’étant pas musulmane et d’offrir le simple choix de l’Islam ou de la mort.
Ceci n’est pas l’objectif du djihad.
Paix et Compromis
Il y a un autre groupe de versets se présentant dans le Coran qu’il est aussi
important de mentionner. En fin de compte, l’Islam donne beaucoup d’importance à la question de la paix. Dans un
verset, il est explicitement défini :
{Le compromis est meilleur.}.
Bien que, comme nous l’avons dit, la paix ne soit pas pareille que la violence, la
misère et la soumission à un oppresseur, il nous est dit dans un autre verset :
{Ô vous qui avez cru, entrez tout à fait en
paix}.
Mais plus éclairant encore est celui-ci :
{Et s’ils inclinent à la paix, alors incline
vers celle-ci, et place ta confiance en Dieu}.
Il est ici dit au Prophète que si les opposants soutiennent la paix, s’ils font de
sincères efforts pour la paix, lui aussi doit faire la paix. S’ils désirent sincèrement la paix, lui aussi doit
désirer la paix. Ces versets montrent clairement que l’âme de l’Islam est l’âme de la paix.
Dans un autre verset qui se trouve dans la sourate Les Femmes, il est
aussi dit au Prophète :
{S’ils se tiennent à l’écart de vous, ne vous
combattent point, et qu’ils vous offrent la paix, alors Dieu ne vous donne pas de chemin contre
eux.}.
Ô Prophète, s’ils se sont retirés de la guerre, et n’ont pas combattu contre vous,
et ont effectué une manifestation de paix, ont dit qu’ils étaient prêts à faire la paix avec vous, alors Dieu ne
vous donne pas la permission d’avancer plus loin et de les combattre.
Défense – L’Essence du Djihad
Il est ici nécessaire de donner plus de détails sur la nature du djihad. Il y a un
total accord parmi les chercheurs que l’essence du djihad est la défense. L’Islam ne permet jamais aux musulmans d’
exploiter les ressources matérielles et humaines des autres pour ces ressources. L’Islam considère ce genre de
combat comme une oppression. Le djihad n’est que pour la défense, et en vérité, c’est la résistance contre la
transgression, et elle peut assurément être légitime. Bien entendu, il y a aussi la troisième possibilité qu’une
personne peut combattre non pas pour l’agression, ni en défense d’une personne, mais pour l’expansion d’une valeur
humaine. Ceci sera discuté plus tard. Dans la définition basique du djihad, il n’y a pas de différence d’avis et
tous les chercheurs sont d’accord que le djihad doit être pour la défense. Les différences d’opinion qui existent en
sont des mineures, et elles concernent la question du phénomène qui doit être défendu.
Types de Défense
Les avis de certains sur le djihad sont limités à l’autodéfense, c’est-à-dire que
la guerre est licite pour un individu, une tribu ou une nation en défense de soi-même ou de sa vie. D’après ceci, si
les vies d’un peuple sont exposées à un danger d’une autre région, alors combattre en défense de leurs vies est
permis pour ce peuple. De la même façon, si leur propriété est sujette à l’agression, alors du point de vue des
droits de l’homme, il a le droit de défendre cette propriété qui est son droit. De façon analogue, si un peuple fait
face à l’agression d’une autre nation qui souhaite prendre possession de ses biens et peut-être les emporter
ailleurs, alors ce peuple a le droit de défendre ses biens, même par la force.
L’Islam nous dit que quiconque est tué pour sa propriété ou sa chasteté est un
martyr. Ainsi, en Islam, défendre la chasteté d’une personne est comme défendre sa vie et sa propriété. C’est en
réalité supérieur. C’est la défense de l’honneur d’une personne. Pour une nation, défendre son indépendance est
indéniablement autorisé. Alors lorsqu’un groupe souhaite retirer l’indépendance d’une nation et placer cette nation
sous son propre mandat, si le peuple de cette nation décide de se défendre et de soulever le canon, cette action est
permise, et même louable et digne d’admiration. Ainsi, la défense de la vie, la défense des biens, de la propriété
et des terres, la défense de l’indépendance, la défense de la chasteté, tout cela est une défense autorisée. Il n’y
a pas de doute sur le fait que dans ces cas, la défense est permise et comme nous l’avons dit, l’avis que certains
chrétiens avancent au sujet de la religion comme quoi elle doit soutenir la paix et non la guerre, et que la guerre
est absolument mauvais et que la paix est absolument bien, n’a pas de base logique ou raisonnable pour le soutenir.
Non seulement le combat pour la défense n’est pas incorrect, mais il est extrêmement juste dans ce cas de se battre
et c’est une des nécessités de la vie de l’homme. Ceci est ce qui est signifié dans le saint Coran lorsqu’il nous
est dit :
{Et si Dieu ne neutralisait pas une partie des
hommes par une autre, la terre serait certainement corrompue.}
.
{Si Dieu ne repoussait pas les gens les uns par
les autres, les ermitages seraient démolis, ainsi que les églises, les synagogues et les mosquées où le nom de Dieu
est beaucoup évoqué.}.
Jusqu’à ce point, tous les savants sont plus ou moins en accord.
Droits de l’Homme
Se pose la question, toutefois, si les choses que nous sommes autorisés à défendre
sont seulement celles-ci, à savoir l’individu, le groupe et les droits nationaux, ou s’il nous est légitime de
défendre aussi d’autres choses. Existe-t-il des choses pour lesquelles la défense est nécessaire et obligatoire, qui
ne concernent pas seulement les droits de l’individu, de la tribu ou de la nation, mais qui concernent précisément
les droits de l’humanité de manière générale ? Si à un endroit, un droit de l’humanité est d’une façon
empiétée, est-il légitime de se battre ? Est-ce que la guerre combattue pour l’humanité est licite ou
non ?
Certains demanderont peut-être : « Qu’est-ce que combattre pour l’
humanité signifie ? », « Je n’ai pas à combattre pour tous droits exceptés mes droits personnels, ou,
tout au plus, les droits de ma nation », « Qu’ai-je donc à faire des droits de l’humanité ? ».
Ce mode de pensée, toutefois, n’est en aucun cas valide.
Il existe certaines choses qui sont supérieures aux droits de l’individu ou de la
nation. Certaines choses sont plus saintes, plus sacrées, dont la défense en accord avec la conscience humaine est
plus élevée que la défense des droits individuels. Et celles-ci sont les valeurs sacrées de l’humanité. En d’autres
termes, la sacralité du combat de défense ne repose pas dans la défense d’une personne, mais dans la défense du
« droit ». Lorsque la cause et le critère sont « le droit », quelle différence y a-t-il s’il est
un droit individuel ou un droit général de l’humanité ? En réalité, la défense des droits de l’humanité est
plus sainte, et bien que personne ne dise cela, ceci est ouvertement admis en actions.
Par exemple, la liberté est reconnue comme une des valeurs sacrées de l’humanité.
La liberté n’est pas limitée à un individu ou à une nation. Maintenant, si ce n’est pas notre liberté et la liberté
de notre pays, mais la liberté d’un autre coin du monde qui est concernée par le droit de l’humanité qui est
enfreinte, est-ce que la défense de ce droit de l’humanité, simplement pour la défense d’un droit de l’homme, nous
est autorisée ou non ? Si elle est licite, alors la défense n’est pas limitée à l’individu réel dont la liberté
est en danger, mais il est autorisé, même obligatoire pour les autres individus et nations, de courir à l’aide de la
liberté, et de combattre contre le négateur et le répresseur de la liberté. Quelle est alors votre réponse ? Je
ne pense pas qu’il y ait quelqu’un qui ait un doute que la forme la plus sainte du djihad et la forme la plus sainte
de la guerre est celle qui est combattue en défense de l’humanité et des droits de l’humanité.
Lorsque les Algériens étaient en guerre avec les colonialistes français, un groupe
d’Européens les ont aidés dans la guerre – que ce soit dans la forme du réel combat aux côtés des Algériens, ou d’
autres manières. Pensez-vous que seul le combat des Algériens était légitime parce que leurs droits étaient
transgressés ? Qu’en est-il des gens qui sont venus des coins les plus éloignés de l’Europe pour prendre part à
la bataille pour aider la nation algérienne ? Devrions-nous leur dire : « Arrêtez votre interférence,
quelle est votre affaire ? Personne n’a transgressé vos droits, pourquoi vous battez-vous ici ? ». Ou
est-ce que le djihad de telles personnes était plus saint que le djihad des Algériens, car les Algériens défendaient
la cause de leurs propres droits, alors que la cause des autres était plus éthique et plus sacrée que celle des
Algériens. Evidemment, ce qui est valide est la deuxième hypothèse.
Ceux qui aiment la liberté – ceux qui sont de réels amoureux de la liberté, et ceux
qui ne font que le prétendre – ont remporté un respect général ; un respect de différentes nations, en raison
de leur introduction en tant que défenseurs des droits de l’homme, non de défenseurs de leurs propres droits ou des
droits de leur nation ou même de leur propre continent. S’ils dépassaient l’utilisation de la langue, du stylo, des
lettres et des conférences, et se rendaient réellement au champ de bataille et combattaient, pour les Palestiniens
par exemple, ou au Vietnam, alors le monde les considérerait comme plus saints.
Le monde considère la guerre, lorsqu’elle est pour la défense, comme sainte. Si
elle est en autodéfense, elle est sainte. Si elle est pour la défense de sa nation, elle est plus sainte, car la
cause est passée d’une cause personnelle à une cause nationale, et l’individu n’est pas simplement en train de se
défendre, mais défend aussi les autres individus qui composent sa société. Et si la défense passe d’une cause
nationale à une cause humanitaire, elle devient encore plus sainte.
Controverse Mineure
Puis se trouve là la nature de la dispute concernant le djihad ; non pas une
dispute majeure, mais mineure. La controverse n’est pas concernant le fait que le djihad soit autorisé seulement en
défense. Le débat est sur la définition de la défense. Cette dispute mineure est au sujet de la signification de la
défense, si elle est limitée à l’autodéfense, tout au plus à la défense de sa nation, ou si la défense de l’humanité
vient aussi dans cette catégorie ?
Certains disent, et ils ont raison, que la défense de l’humanité est aussi une
défense légitime, de sorte que la cause de ceux qui se soulèvent pour « commander ce qui est reconnu et
interdire ce qui est rejeté » en soit une sainte. Il est possible que l’être réel d’une personne ne soit pas
transgressé, il peut même être très respecté et tous les moyens de vie peuvent lui être disponibles et il peut en
être de même pour les droits matériels de sa nation. Mais du point de vue des idéaux humains, un droit de l’homme
est transgressé. Cela signifie que dans sa société, bien que ni les droits matériels de cette société ni ses droits
individuels n’ont été transgressés, il existe cependant une tâche attendant d’être accomplie dans le meilleur
intérêt de l’humanité. C’est-à-dire, lorsque le bien et le mal existent dans une société, le premier doit être
enjoint, et doit devenir l’ordre, tandis que le second doit être extirpé. Maintenant, sous ces conditions, si une
telle personne voit que le bien, le reconnu, l’accepté, ont été relégués à la place du mal, du rejeté, et que le
rejeté a pris la place du reconnu, et qu’il se lève pour commander ce qui est reconnu et prohiber ce qui est rejeté,
alors que défend-il ? Ses propres droits personnels ? Non. Est-ce que ce sont les droits, à savoir les
droits matériels de sa société ? De nouveau, non. Sa défense n’est pas relative aux droits matériels. Ce qu’il
défend est un droit spirituel qui n’appartient pas à une seule personne ou nation ; un droit spirituel relatif
à tous les êtres humains du monde. Devons-nous condamner le djihad de cet homme, ou devons-nous le considérer comme
sacré ? Manifestement, nous devons le considérer comme sacré, car il est en défense du droit de l’
humanité.
Sur la question de la liberté, vous voyez aujourd’hui que les personnes qui
combattent vraiment la liberté, afin de se donner un air de respectabilité, déclarent être les défenseurs de la
liberté, car ils savent que la défense de la liberté est tacitement considérée comme sacrée. S’ils combattaient
réellement pour la défense de la liberté, ceci serait valide, mais ils donnent le nom de défense de la liberté pour
leur propre transgression. Néanmoins, en ceci se trouve leur reconnaissance du fait que les droits de l’humanité
sont dignes de défense, et que la guerre pour ces droits est légitime et bénéfique.
Critère Pour Evaluer Les Droits Individuels et Universels
Jusque là, nous avons vu que l’essence du djihad est la défense. Il y a maintenant
juste une question qui reste, qui est si, de notre point de vue, le monothéisme appartient aux droits universels de
l’humanité, ou aux droits personnels d’un individu, ou tout au plus, aux droits d’une nation. Ce que nous devons
faire est d’observer le critère pour les droits personnels, les droits universels de l’humanité et voir ce qu’ils
sont. Dans certains sujets, les êtres humains sont tous pareils, tandis que dans d’autres, ils sont différents. Les
êtres humains diffèrent dans tellement de directions que même deux personnes ne peuvent être trouvées qui, dans tout
détail, sont exactement les mêmes. Pareillement, deux individus ayant les mêmes caractéristiques physiques n’
existent pas ; il est aussi vrai qu’il n’y a pas deux personnes ayant les mêmes caractéristiques spirituelles.
C’est l’intérêt qui est associé aux demandes et besoins communs de tous les êtres humains qui sont les droits
universels. La liberté signifie l’absence d’obstacles pour la floraison des potentiels naturels de l’individu, et
elle est reliée à toute l’humanité. La liberté pour moi a exactement la même valeur qu’elle a pour vous. Elle a la
même valeur pour vous qu’elle a pour les autres. Entre vous et moi, cependant, il existe de nombreuses différences,
et ceci appartient à la « personnalité », car elles sont des différences personnelles. Tout comme la
couleur et le physique diffèrent entre les êtres humains, leurs personnalités diffèrent aussi. Je peux aimer des
vêtements d’une certaine couleur, tandis que vous aimez ceux d’une couleur différente. Je peux aimer vivre dans une
ville, tandis que vous en préférez une autre. Je peux arranger et décorer ma maison d’une façon, alors que vous
choisissez une façon différente. Je peux choisir un sujet pour l’étudier, alors que vous en choisissez un autre. Ce
sont toutes des questions personnelles, pour lesquelles personne ne peut être dérangé. Ainsi, personne n’a le droit
de contraindre quelqu’un à se marier avec une personne en particulier, car le mariage est un sujet personnel et dans
le choix d’un partenaire de mariage, chacun a son goût qui lui convient. L’Islam dit que personne ne doit être
contraint dans le choix de son ou de sa partenaire, car ce choix est son droit personnel. Les Européens qui disent
que personne ne doit être dérangé pour le monothéisme ou la foi, disent ainsi car ils pensent que ces deux concepts
sont parmi les soucis personnels de l’individu, qu’elles dont des sujets de la personnalité, des affaires
individuels de goût. Pour eux, la religion est quelque chose qui apporte un divertissement à tous les êtres
humains.
Dans leur point de vue, cela est comme l’art ; une personne aime Hafiz, une
autre aime Sa’adi, une autre aime Mawlavi, une autre aime Khayyam, une autre Ferdowsi et personne ne doit déranger
celui qui aime Sa’adi en disant : « Pourquoi aimez-vous Sa’adi ? J’aime Hafiz. Vous devez aussi aimer
Hafiz ». Pour eux, la religion est juste ceci. Une personne choisit l’Islam, tandis qu’une autre choisit le
Christianisme, une autre choisit le Zoroastrisme, tandis qu’une autre n’en est cependant la moins inquiétée de tous.
Personne ne doit être ennuyé. La religion, de l’avis de ces Européens, n’est pas relative au cœur de la vie, à la
voie de la vie humaine. Ceci est leur supposition basique, et entre leur ligne de pensée et la nôtre, il existe un
monde de différence. Pour nous, la religion signifie « le droit chemin » de l’humanité et être indifférent
à la religion signifie être indifférent au droit chemin, à la voie réelle du progrès, de l’humanité. Nous disons que
le monothéisme est le pilier du bien-être, de la prospérité et du bonheur du genre humain, et qu’il n’est pas
seulement le souci personnel de l’individu ou le seul souci de ce groupe ou de celui-ci. En conséquence, la vérité
repose avec ceux qui croient que le monothéisme concerne les droits de l’humanité. Si au même moment, nous disons
que la guerre pour l’imposition du monothéisme n’est pas permise, ce n’est pas parce que le monothéisme appartient
aux affaires qui ne doivent pas être défendues et qu’il n’est pas des droits généraux de l’humanité, mais parce que
la vraie nature du monothéisme n’autorise pas qu’il soit imposé, comme le Coran le confirme : {Nulle contrainte en religion}.
Liberté de Pensée ou Liberté de Croyance ?
Un autre point qui doit être souligné ici est qu’il existe une différence entre
« liberté de pensée » et « liberté de croyance ». Les êtres humains possèdent la faculté de
pensée qui leur permet de prendre des décisions sur la base de la pensée, de la logique et de la raison. Mais la
croyance entraîne un lien fort à l’objet de croyance. Et de la sorte, nombreuses sont les croyances qui ne sont pas
basées sur la pensée, mais qui sont une imitation absolue, un résultat de l’éducation et des habitudes, et qui
tourmentent même la liberté humaine. Ce que le genre humain doit avoir est la liberté de pensée. Il y a cependant
certaines croyances qui ne sont pas tout au moins enracinées dans la pensée : elles ont leur racine dans le
simple sommeil et la stagnation de l’esprit, transmises de génération en génération ; elles sont l’essence d’un
asservissement, alors la guerre combattue pour éliminer de telles croyances est une guerre combattue pour la liberté
de l’humanité, non une guerre combattue contre elle. Si un homme prie pour ses besoins une idole qu’il a lui-même
créée, alors, dans les termes du Coran, cet homme est inférieur à un animal. Un tout petit peu de pensée ne lui
permettrait pas de s’engager dans un tel acte. Ce qu’il fait est simplement une réflexion de la stagnation et du
sommeil qui sont apparus dans son cœur et dans son âme, et qui sont enracinés dans l’imitation aveugle. Cette
personne doit être libérée avec force des chaînes internes qui l’enchaînent, pour lui permettre de penser. Ceux qui
recommandent alors la liberté d’imitation et les libertés apparentes qui enchaînent en réalité les âmes telles que
la liberté de croyance sont en erreur. Ce que nous soutenons, en accord avec le verset {nulle contrainte en religion}, est la liberté de pensée.
La Question de l’Abrogation
Défense Des Valeurs Humaines
Certains commentateurs ont soulevé le sujet de l’abrogation. Ils s’accordent que
plusieurs versets du Coran posent des conditions pour se battre contre les non-musulmans, mais ils disent que d’
autres versets ont été révélés qui abrogent toutes ces instructions et conditions. Ainsi, nous en venons à la
question des abrogations.
Le Coran limite strictement le djihad à une sorte de défense et ne le permet que
face à l’agression. Nous avons dit que le sens de l’agression en est une générale, signifiant qu’il n’est pas
nécessaire pour l’agression d’être contre la vie, la propriété, contre la chasteté, contre la terre – il n’est pas
non plus nécessaire qu’elle soit contre l’indépendance, contre la liberté. Si un groupe transgresse contre les
valeurs qui sont comptées comme des valeurs humaines, alors ceci est une agression.
Je souhaiterais citer un exemple simple. A notre époque, de grands efforts sont
dirigés pour déraciner différentes maladies. Jusque-là, les causes premières de ces maladies tel que le cancer n’ont
pas été découvertes, et leur cure n’est toujours pas connue. Mais à présent, il existe des remèdes qui peuvent
temporairement retarder l’effet de ces maladies. Supposons qu’une certaine institution découvre la cure de ces
maladies, et que les autres institutions qui profitent vraiment de la présence de cette maladie, les usines qui
fabriquent les remèdes qui peuvent être utilisés pour différer les effets de la maladie, afin d’empêcher l’
effondrement de leur marché, – auquel cas des millions, des milliards de dollars seraient perdus – détruisent cette
cure nouvellement découverte qui est très bénéfique pour l’humanité, détruisent ceux qui lui sont liés, détruisent
la formule récemment trouvée afin que personne n’en prenne connaissance. Maintenant, est-ce qu’une telle valeur
humaine doit être défendue ou non ? Pouvons-nous dire que personne n’a attaqué nos vies ou notre propriété, que
personne n’a interféré dans notre chasteté, notre indépendance ou notre territoire, mais que dans un des coins du
monde, quelqu’un a fait une découverte et quelqu’un d’autre essaye de la détruire, et demander, qu’est-ce que cela a
à faire avec nous ? Non. Ceci n’a pas lieu à une telle question. Une valeur humaine est ici menacée. Dans un
tel cas, si nous prenons la position de la résistance et de la guerre, devons-nous être nommés agresseurs ?
Non, nous nous sommes soulevés pour nous opposer à l’agression, et pour combattre les agresseurs.
Alors, lorsque nous disons que la base du djihad est la défense, nous n’indiquons
pas la défense dans le sens limité d’avoir à se défendre une fois attaquée par l’épée, le canon ou l’obus d’
artillerie. Non, nous voulons dire que si un être humain, son matériel ou ses valeurs spirituelles étaient agressés
ou en réalité, si quelque chose que le genre humain estime et respecte et qui est nécessaire pour la prospérité et
le bonheur de l’être humain était agressée, nous devons donc la défendre.
Nous venons ici à nouveau à notre précédente discussion sur si le monothéisme est
une question personnelle, ou s’il est une des valeurs de l’humanité. Si c’est le dernier qui doit être défendu, ou
si parmi un ensemble de lois s’en trouvait une qui dictait que le monothéisme devait être défendu sur le principe
qu’il est une valeur humaine de base (comme en Islam, par exemple), ceci ne signifie pas que l’agression est
considérée licite. Cela indique que le monothéisme est une valeur spirituelle et le sens de la défense est si large
qu’il inclut la défense des valeurs spirituelles.
Néanmoins, je vais de nouveau répéter que l’Islam ne dit pas que nous devons nous
battre pour imposer le monothéisme, car le monothéisme est quelque chose qui ne peut être imposé car c’est la foi.
La foi se base sur le discernement et le choix, et le discernement n’est pas influencé par la force. La même chose
s’applique au choix. {Nulle contrainte en
religion} signifie que
nous ne devons pas contraindre quelqu’un du fait que la foi n’est pas une chose qui peut être imposée à quelqu’un.
Toutefois, {Nulle contrainte en
religion} n’implique pas que nous ne
devons pas défendre les droits du monothéisme. Cela ne signifie pas que si nous voyons « La ilaha
illAllah » (Il n’y a de divinité qu’Allah) en train d’être menacé d’une certaine direction, nous ne devons
pas le défendre.
Liberté de Croyance, ou de Pensée ?
Le fait que la religion ne doive être imposée à un individu et que le peuple doive
être libre dans son choix de religion est une chose. Que la croyance, cependant, dans l’actuelle phraséologie, doive
être libre, en est tout à fait une autre. En d’autres termes, tandis que la liberté de pensée et de choix est une
chose, la liberté de croyance en est en effet une autre. Plusieurs croyances ont “pensé” pour une fondation, c’est-
à-dire que plusieurs croyances ont été discernées et jugées comme étant vraies et ont été librement choisies. L’
alignement et l’engagement du cœur d’un individu à ses croyances, à plusieurs occasions, sont basés sur le
discernement et la sélection ; mais est-ce que toutes les croyances humaines se basent sur la pensée, le
discernement et la sélection ? Ou est-ce que la majorité des croyances de l’humanité ne sont pas plus que des
alignements et des engagements de l’âme humaine qui n’ont pas du tout la relation de pensée la plus mince, qui ont
seulement une base sentimentale ? Voici un exemple que le Coran cite sur le sujet de l’imitation par une
génération de la génération précédente :
{Nous avons trouvé nos ancêtres sur une
religion et nous suivons leurs traces.}
Le Coran pose une grande importance sur ce point, et la même chose s’applique à une
croyance qui est formée par l’imitation des patriciens de la société. Dans de tels endroits, l’expression “liberté
de croyance” est complètement sans signification, car la liberté signifie l’absence d’obstacles aux activités d’une
force active et en avancement, vu que ce type de croyance est une sorte de resserrement et de stagnation. La liberté
en resserrement est égale à la liberté d’un prisonnier condamné à l’emprisonnement à vie, ou d’un homme enchaîné
dans de lourdes chaînes, et la seule différence est que celui qui est physiquement enchaîné perçoit sa condition,
tandis que celui dont l’esprit est en détention est inconscient de cela. Ceci est ce que nous voulons dire lorsque
nous disons que la liberté de croyance basée sur l’imitation et les influences environnementales, plutôt que sur la
liberté de pensée, est totalement dénué de sens.
L’Islam ne désire pas le djihad pour l’imposition de la croyance. Il souhaite le
djihad pour la suppression des barrières. Lorsque l’autre côté nous dit qu’il n’a aucun désir de nous combattre, et
qu’il ne créera pas de barrière pour l’appel du monothéisme, et s’en tient à ses mots, l’ordre doit être donné en
accord avec ce verset :
{Et s’ils inclinent à la paix, alors incline
vers celle-ci}.
S’ils se sont soumis, et qu’ils ont manifesté un esprit et un cœur de paix et de
compromis, alors nous devons opter pour la paix.